La CNIL avertit PagesBlanches.fr pour sa collecte de profils sociaux

Et sa gestion desdits profils 28
Nil Sanyas
La CNIL vient de donner un avertissement public, un « carton rouge » au site pagesblanches.fr, propriété du groupe Pages Jaunes. Ce dernier a en effet ajouté à ses résultats « un ensemble de données issues de celles figurant sur six réseaux sociaux ».

PagesBlanches CNIL

34 millions de profils de personnes vivant en France ont ainsi été aspirés l’an passé, ceci bien évidemment à l’insu des internautes concernés. Or la CNIL juge le procédé contraire à la loi « Informatique et Libertés ».

Ce carton rouge est le fruit d’une enquête de la CNIL réalisée en mai et juin 2010, et qui montrait que le site pagesblanches.fr indexait des mineurs ainsi que des personnes inscrites sur liste rouge.

Tout aussi grave, les profils issus de Facebook, Twitter, Copains d’Avant, LinkedIn, Viadeo et Trombi se sont retrouvés sur le site et étaient reliés en fonction du nom. Mieux encore, en cas de suppression de votre profil d’un réseau social, pagesblanches ne le répercutait pas automatiquement.

Enfin, la Commission remarque judicieusement que le droit d’opposition était bien trop complexe : « Les personnes ne souhaitant pas apparaître sur le site des pages blanches pouvaient s’y opposer, a posteriori, en renseignant sur un formulaire en ligne l’adresse web du profil à supprimer et en joignant une copie de leur pièce d’identité. Les internautes devaient remplir autant de formulaires en ligne que de profils à supprimer. En outre, ils ignoraient que leurs demandes de suppression n’étaient pas définitives puisque leurs profils pouvaient de nouveau être indexés par la société, en cas de changement d’adresse web. »

La fin de webcrawl n'y a rien changé

Face à cette avalanche de constats négatifs, la CNIL a donc contacté le groupe Pages Jaunes afin de résoudre le problème, tout en le menaçant de le sanctionner. En mars 2011, il a ainsi été décidé de mettre fin au service webcrawl, qui référençait donc les profils sociaux.

L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais en juillet dernier, la CNIL n’a au contraire pas voulu se contenter de l’arrêt de webcrawl. « La formation contentieuse de la Commission a estimé que l’aspiration des profils issus des réseaux sociaux sur internet constituait une collecte déloyale à l’égard des personnes concernées, puisque celles-ci n’en étaient pas préalablement informées » estime ainsi la CNIL. « En conséquence, au regard du nombre de manquements relevés et de leur particulière gravité, elle a décidé de prononcer un avertissement rendu public à l’encontre de Pages Jaunes. »

Possible recours auprès de la justice

Le groupe Pages Jaunes a immédiatement publié sa réaction sous forme de communiqué de presse. La société affirme ainsi bien avoir « pris note de la délibération de la CNIL » tout en rappelant que son service n’était plus en état de marche depuis mars 2011, « bien avant la décision de la CNIL ».

La société indique qu’elle étudie d’ores et déjà « toutes les possibilités de recours auprès des tribunaux ». L’affaire est donc loin d’être terminée.