Supprimer Hadopi serait "une catastrophe" selon Nicolas Seydoux

Les pro-Hadopi élèvent la voix 153
Nil Sanyas
La loi Hadopi, qui sera supprimée ou remodelée par le Parti Socialiste selon les promesses de ce dernier, a trouvé un défenseur supplémentaire au nom de Nicolas Seydoux. Ce dernier, selon L'AFP, a ainsi affirmé devant le Congrès de la Fédération nationale du cinéma que la disparition de la loi Hadopi serait « une catastrophe », d’autant plus qu’elle est « regardée partout dans le monde avec intérêt ».

Son nom vous dira surement quelque chose, puisqu’il est à la fois le président de l'ALPA, l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, mais aussi le président du groupe de cinéma Gaumont. Sa position au sujet du « piratage » est donc évidente. Au point d’appeler les exploitants de cinéma à voter pour Nicolas Sarkozy en 2012. La campagne a donc déjà commencé.

Néanmoins, les propos de Nicolas Seydoux ne sont pas sans rappeler ceux d’un certain Frédéric Mitterrand. Le ministre de la Culture énonçait en effet en juillet dernier un discours finalement assez proche de Seydoux :

« Abroger la loi Hadopi, c'est une folie. C'est une folie au moment même où les États-Unis, état libéral s'il en est, sont en train de créer leur propre système Hadopi puisqu'il y a eu un accord signé la semaine dernière entre les principaux fournisseurs d'accès internet et les syndicats de créateurs. »

Une catastrophe pour l’un, une folie pour l’autre. Regardée ailleurs pour l’un, copié par les USA pour l’autre. Tout se rejoint. Néanmoins, cela suit aussi une certaine logique avec les propos récents de Jean-Jacques Beineix. Le cinéaste affirmait ainsi que certains députés du PS avaient été trop violents envers Hadopi, et que la Quadrature du Net n’était en fait que « la Dictature du Net ».


Ce même Beineix qui argumentera contre les anti-Hadopi par la phrase suivante : « Mais en même temps on ne peut pas imaginer une liberté qui se fasse sur la suppression d’une autre liberté ! » Or c’est précisément ce qui est critiqué par les anti-Hadopi, où le système tente d’ôter une liberté pour en défendre une autre.

Enfin, nous pourrions aussi citer la députée Muriel Marland-Militello : « Jusqu’où ira la surenchère irréaliste et démagogique des socialistes ? Madame Aubry considère-t-elle que les internautes sont naïfs au point de croire l’ineptie que l’équivalent de l’achat d’un titre de musique par mois pourrait financer la création artistique? » estimait la députée au début du mois.

Plus les candidats PS (ou d’autres partis) annoncent la fin d’Hadopi, plus les pro-Hadopi se réveillent. Ce n’est donc probablement pas terminé.