Qobuz : « C'est épuisant de faire de la pédagogie aux labels »

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Nil Sanyas
Désormais disponible en Suisse, en Belgique et au Luxembourg, le site internet français Qobuz, spécialisé dans la musique de haute qualité, est dans une phase d’internationalisation. Nous avons interrogé Yves Riesel, son fondateur et président, afin d’en savoir un peu plus. Il nous a notamment appris que le site sera disponible dans d'autres pays européens l'an prochain.

Qobuz

Riesel nous précise tout d’abord qu’après les trois pays nommés ci-dessus, le calendrier de Qobuz est le suivant : « d'importantes modifications techniques » seront réalisées, puis le site sera disponible dans « deux grands pays européens en mai prochain », et enfin « à ce moment-là, on aura un site intégralement traduit dans toutes ses fonctions marchandes et certaines rédactionnelles dans ces deux nouveaux pays ».

Je crois beaucoup à la localisation

Nous avons alors insisté pour savoir si le site pourrait arriver de l’autre côté de l’Atlantique. Selon lui, ce n’est pas à l’ordre du jour. Qobuz s’intéresse à l’Europe pour le moment et les 12 prochains mois seront uniquement consacrés à ce continent.

Nous lui avons ensuite demandé s’il ne pensait pas qu'il serait plus pratique de pouvoir négocier les droits au niveau européen, au lieu de discuter pays par pays. Et sa réponse pourrait en surprendre plus d’un :

« Oui bien sûr. Mais en même temps, paradoxalement, cela ne me dérange pas, car d'une part ce n'est pas affreusement compliqué, et d'autre part, je crois beaucoup à la localisation. Parce que la localisation, il faut bien le comprendre, c'est la garantie qu'on s'occupe vraiment des artistes et des labels. S'il n'y a pas d'acteurs et d'ayants droit locaux, on est dans un grand lac international sans supports locaux - et pour que les artistes et les labels soient soutenus localement, il faut bien que des locaux y gagnent leur vie. »

Des labels pensent encore que le numérique est nuisible

Un autre sujet a ensuite été abordé avec le patron de Qobuz : la disponibilité des œuvres numériques. En effet, certains labels décalent la sortie numérique de leurs albums, avantageant plutôt le CD. Qobuz s’en est d’ailleurs plaint sur son blog il y a quelques semaines. Et le sujet est cher à Yves Riesel à en voir sa réponse :

« On a regretté en effet que des labels aient une attitude rétrograde vis a vis du numérique ? C'est incroyable, mais c'est encore le cas. Il y a des labels, on ne sait pas pourquoi, qui ne nous livrent pas alors qu'ils sont ailleurs sur des sites médiocres : il y a des labels comme Alia Vox qui pensent encore que le numérique les empêchera de vendre des CD alors qu'en vérité c'est le contraire. Par moment, c'est épuisant de devoir faire de la pédagogie à certains fournisseurs, agrégateurs ou labels indépendants, surtout. »

Une grosse nouveauté avant la fin de l'année

Enfin, Riesel nous a précisé que Qobuz a multiplié son chiffre d’affaires par 3,5 en un an, « ce qui n'est pas assez » encore, « mais nos fournisseurs nous disent tenir à nous de plus en plus, alors c'est bon signe ». Le patron de Qobuz en a profité pour nous glisser qu’une « innovation produit unique au monde » sera dévoilée le mois prochain ou en novembre. Nous devrions en savoir plus d’ici peu.