IDF 2011 : Mooly Eden confesse les erreurs d'Intel avec CULV

Je vous salue Marie... 14

Suite à la keynote de ce matin, nous avons eu l'occasion de participer à une table ronde avec Mooly Eden, qui est toujours prompt à la franchise. L'occasion de revenir sur les ultrabooks, mais aussi sur les erreurs commises pendant la période CULV.

IDF 2011 Mooly Eden


En effet, le responsable du PC Client Group n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il évoque le sujet et il va même jusqu'à énumérer les fautes de ses équipes, qu'il semble voir comme une expérience permettant de partir dans une meilleure voie avec sa nouvelle gamme de produits.

Comme nous l'évoquions dans notre précédente actualité, c'est tout d'abord le sacrifice de la puissance qui est mis en cause. « Nous n'aurions pas du lancer ces produits avec des processeurs simple coeur, mais directement avec deux coeurs » confesse-t-il. 

Le prix des puces était aussi responsable, la différence étant bien trop importante par rapport à des modèles standards. Avec les CPU dédiés aux ultrabooks, cela devrait donc être plus raisonnable, afin de séduire les partenaires.

Ceux-ci ne sont d'ailleurs pas épargnés. « Nous n'avons rien exigé de la part des intégrateurs, qui pouvaient faire ce qu'ils voulaient ». Une manière de regretter, sans doute, des choix parfois étranges et le fait que des modèles étaient parfois un peu trop orientés vers le « low cost », plutôt que de chercher à produire des machines réellement attractives et autonomes.

Intel IDF 2011 Otellini Keynote UltrabooksAinsi, avec les ultrabooks, les exigences d'Intel sont posées comme nous l'évoquions dans une précédente actualité.

Dans une autre session ce matin, il nous a été confirmé que le nom ultrabook ne pouvait pas être utilisé sans la certification d'Intel, qui veillera au respect de ses caractéristiques minimales.

Quelles sont-elles ? Il s'agit surtout de la finesse de la machine : 18 mm ou 21 mm en fonction de la diagonale. Une autonomie minimale est aussi demandée, il en est de même pour la réactivité et la plateforme doit supporter un minimum de fonctionnalités dédiées à la sécurité.

Globalement, Intel semble veiller à ce que l'expérience utilisateur réponde à ses préoccupations concernant ces machines : fines, légères, autonomes, réactives. 

Côté tarif, rien n'est imposé. « Les constructeurs et les revendeurs sont libres de leurs marges. Mais, au final, la concurrence jouera pleinement son rôle ». Il ne sera, une fois de plus, pas indiqué quel est le tarif minimal visé pour cette plateforme, pour l'instant annoncée à moins de 999 $.

Intel IDF 2011 Otellini Keynote UltrabooksSi Mooly Eden semble bien penser que cela pourra largement varier à la baisse comme à la hausse, il a tenu à préciser qu'il n'y aurait pas d'Ultrabook « low cost ». 

« Pour atteindre cette finesse, des composants spécifiques sont nécessaires. Un disque dur plus fin coûte plus cher, un clavier plus fin coûte plus cher. Il y a un montant au-dessous duquel on ne pourra pas descendre, même si la note est allégée avec l'augmentation des volumes »
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Il faudra donc attendre encore un peu pour savoir si l'ultrabook à 500 / 600 € tient du rêve ou de la réalité. 

Lorsqu'il lui a été demandé si l'utilisateur n'aurait pas tout intérêt à attendre Ivy Bridge ou même Haswell pour passer sur un ultrabook, la « révolution » étant déjà annoncée comme en trois étapes, il a répondu par un argument qu'on lui connaît déjà : « Dans notre milieu, si vous attendez, vous ne faites jamais rien. Vous pouvez attendre Ivy Bridge, vous attendrez ensuite Haswell, et au final, vous garderez la même machine ».

Intel IDF 2011 Otellini Keynote HaswellUn argument plutôt légitime, même si l'on sait qu'il existe des moments plus favorables que d'autres pour sauter le pas vers telle ou telle technologie.

Reste que pour l'utilisateur, le changement opère le plus souvent... lorsqu'il a besoin d'une nouvelle machine.

Au final, l'homme semble plutôt confiant concernant les ultrabooks et à la métamorphose que cela peut imposer dans le monde du PC portable. S'il semble surtout avoir à coeur de pouvoir utiliser une machine tout au long de la journée sans avoir à la recharger, il vise aussi des usages bien spécifiques. 

Il évoquera ainsi sa volonté de pouvoir « parler à la machine ». En veille, il aimerait pouvoir exploiter la reconnaissance vocale pour lui demander quel est son prochain rendez-vous. « Je voudrais aussi qu'elle puisse me dire si je suis en retard, parce que via ma position GPS, elle a déterminé que les bouchons allaient poser problème ».

Tant d'usages dont n'importe quel geek rêve aussi, sans doute, et qui illustre bien le message de Paul S. Otellini : « Ce n'est que le début ».

IDF 2011 Slogan


Reste maintenant à voir si le concept arrive à séduire les utilisateurs, et si l'ultrabook sera un véritable succès, ou s'il s'agira d'une nouvelle leçon pour les équipes du PC Client Group.