Windows 8 : le Store et la prévalence des XAML, HTML et CSS

On ne nous dit pas tout 65
Vincent Hermann
La série d’actualités sur Windows 8 continue et nous allons cette fois nous concentrer sur un élément important pour le succès d’un système : l’écosystème des applications tierces. Comment fonctionne la nouvelle boutique Windows Store ? Quelles sont les technologies à utiliser ? Voici les premiers éléments de réponse.

windows 8 win8 build

Les technologies

Tout le nouveau modèle applicatif de Windows 8 repose sur un ensemble d’API nommé Windows Runtime, ou WinRT. Le modèle applicatif se sépare en deux ensembles : les technologies utilisées pour créer le code, et celles qui s’occupent du rendu.

Le développeur souhaitant créer une application doit d’abord faire un choix : une application classique ou une application de type Metro. Dans le premier cas, toutes les technologies que l’on pouvait utiliser jusqu’à présent sont présentes telles quelles. Toutefois, le développement des applications Metro est plus particulier.

Deux choix seront à nouveau disponibles : utiliser des langages classiques tels que le C, le C++, le C# ou le Visual Basic, soit le JavaScript. Le premier groupe de langages confira ensuite le rendu de l’application au XAML qui devient donc le langage descriptif d’interfaces universel de Microsoft. Mais côté JavaScript, l’interface sera évidemment rendue en HTML5 et CSS.

windows 8 win8 build 

Depuis le code, on peut d’ailleurs appeler la suite Expression pour dessiner une interface plus adaptée à ses besoins et surtout pour lui donner la touche Metro dont elle a besoin. Tous les contrôles sont d’ailleurs présents dans le SDK désormais. Les interfaces dessinées dans Expression créent automatiquement des équivalents XAML et HTML/CSS que Visual Studio va ensuite récupérer.

Les questions qui viennent naturellement sont évidentes : qu’arrive-t-il à Silverlight et Windows Presentation Foundation ? WPF n’a jamais été abordé pendant les présentations, mais Silverlight l’a été, même si légèrement. Microsoft a fait la démonstration d’une importation de projet dans Visual Studio pour le transformer en application Metro. Quelques namespaces étaient à changer ainsi que d’autres éléments mais l’éditeur voulaient surtout montrer que tout se concentrait dans ces fameuses applications Metro et leur nouveau modèle.

Le Windows Store

Le fonctionnement de la boutique d’applications de Microsoft se veut clair et simple. Commençons par donner la réponse à une question que beaucoup se posent : le Windows Store pourra contenir aussi bien des applications Metro que des applications classiques, telles que Quicken ou Photoshop.

La voie royale semble être toutefois Visual Studio au terme du développement d’une application Metro. Cette dernière terminée, un bouton permet de passer directement à la publication dans le Store. Le développeur doit fournir un certain nombre de renseignements, tels que le tarif, la licence et ainsi de suite. Ensuite, l’application est envoyée à Microsoft pour examen.

À partir de là, le développeur obtient une liste d’étapes dérivant l’avancée du processus de validation, chacune étant accompagnée d’un temps moyen indicatif :
  • Étape 1: Pre-processing (1 heure)
  • Étape 2: Security test (3 heure)
  • Étape 3: Technical Compliance (6 heure)
  • Étape 4: Content Compliance (6 heure)
  • Étape 5: Signing and Publishing (2 heure)
  • Étape 6: Release
Si Microsoft tient ses promesses, une application pourra donc être validée en moins d’une seule journée.

Revenons enfin à cette question d’univers mixte avec les applications classiques et Metro. La conséquence est que le Store proposera pendant longtemps des produits tels que Quicken et sans doute Office. Toutes les applications ne pourront pas avoir de version Metro pour la simple et bonne raison que « le clavier reste l’outil de frappe le plus rapide » et que « la souris reste l’outil de pointage le plus précis », du propre aveu de Microsoft. Tout ne peut pas être fait par du tactile.

Les éditeurs tiers pourront donc proposer leurs produits sur le Windows Store, mais il reste des questions en suspens auxquelles Microsoft ne donne pour l’instant pas de réponse.

La gestion des licences par exemple : seront-elles attachées au compte Live ? La réponse logique est oui, mais elle soulève des interrogations sur les licences particulières des produits tiers. Adobe n’autorisera clairement pas une licence pour une utilisation sur plusieurs machines, alors que c’est l’avantage justement d’une boutique d’applications, que l’on parle d’iOS, Android, Windows Phone 7 et Mac OS X.

Autre question : comment se déroulera la séparation des gains, la règle des 30 % étant désormais commune à pratiquement toutes les plateformes ? Pas de réponse ici non plus.

Sur ces sujets, Microsoft en révèlera nettement davantage dans les mois qui viennent. Le Windows Store n’est d’ailleurs pas présent dans la préversion qui sera accessible durant la nuit et il reste donc une majorité d’éléments à connaître.
 

Crédits photo : Long Zheng de istartedsomething