Windows Phone 7 : Microsoft accusé de tracking géographique

Après avoir affirmé le contraire il y a trois mois 57
Vincent Hermann
À la fin du mois d’avril dernier, une polémique éclatait autour du tracking réalisé par Apple sur la position géographique de l’utilisateur, et ceci sans le consentement de ce dernier. Aujourd’hui, c’est au tour de Microsoft d’être accusé de transmettre sans autorisation les données de géolocalisation, et une class action est déjà en cours de création.

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Le départ d’une trainée de poudre

Rappel des faits. En avril dernier, les chercheurs Alasdair Allan et Pete Warden mettaient le doigt sur une fonctionnalité au fonctionnement étrange dans iOS 4 : l’enregistrement des coordonnées géographiques de l’utilisateur dans un très long fichier masqué. Longitude, latitude, date et heure étaient toutes consignées. Le fichier en question se nommait « consolidated.db » et était présent dans toutes les sauvegardes d’iOS réalisées par iTunes. En outre, les informations y apparaissaient en clair.

Le problème de cette base de données non chiffrée avait encore pris de l’ampleur lorsque le Wall Street Journal avait révélé qu’elle continuait à se construire même quand l’utilisateur désactive la géolocalisation. Apple avait alors expliqué que ce fichier servait de cache pour maintenant une liste d’antennes GSM et WI-Fi avait de définir rapidement une zone géographique quand l’utilisateur activait la géolocalisation. Steve Jobs était alors intervenu pour ajouter qu'Apple ne suivait personne.

Le problème avait fini par être nuancé par plusieurs actions : la réduction du fichier aux enregistrements des sept derniers jours, l’abandon de la sauvegarde du fichier dans les backups d’iTunes et la suppression complète des données lors de la désactivation de la géolocalisation.

Windows Phone 7 : même combat ?

Consécutivement à la polémique autour d’Apple, Google était entré à son tour sous le feu des projecteurs à cause des véhicules Street View et smartphones Android qui parcouraient les rues tout en collectant de grandes quantités de données sur les réseaux Wi-Fi ainsi que les adresses MAC de tous les équipements qui y étaient connectés. Dans le même laps de temps, Microsoft se présentait devant le Congrès américain et affirmait que de telles opérations n’étaient pas menées dans les services de la firme.

Selon Reuters, une plainte a été déposée le 31 août devant un tribunal fédéral de Seattle à l’encontre de Microsoft justement parce que Windows Phone 7 transmet lui aussi la position géographique de l’utilisateur. Or, lorsque la firme s’était exprimée sur le sujet, elle avait clairement indiqué qu’une telle action ne pouvait être effectuée sans le consentement express de l’utilisateur. Pourtant, et comme dans le cas d’Apple, la coupure du service ne semble pas changer le résultat.

Cnet indique de son côté que le chercheur Samy Kamkar a analysé les transmissions faites par Windows Phone 7 et a découvert que l’application Caméra envoie la position géographique de l’utilisateur à Microsoft, même si la géolocalisation était désactivée. Dans les données envoyées, on trouve la longitude, la latitude, un identifiant unique et les points d’accès Wi-Fi proches de l’appareil.

Le chercheur a été engagé par le cabinet Tousley Brain Stephens qui a monté la plainte et il indique : « Le système d’exploitation Windows Mobile envoie clairement des informations qui peuvent conduire à des informations de localisation précises de l’appareil mobile, indépendamment du fait que l’utilisateur donne son accord ». Mais si Kamkar parle de Windows Mobile, la plainte concerne bien Windows Phone 7.

Discrédit

Microsoft n’a pas encore répondu et toutes les demandes, y compris les nôtres. La situation est cependant très délicate pour l'éditeur qui voilà trois mois encore, avait déclaré au Congrès américain ne pas jouer à ce genre de petit jeu.