Cinq procédures contre de faux avis de consommateurs en ligne

6 agents pour toute la France.. 53
Marc Rees
Ce sont finalement cinq procédures contentieuses qui ont été engagées contre des sites publiant de faux avis de consommateurs. L’annonce a été faite par le secrétaire d'Etat à la Consommation Frédéric Lefebvre lors d’un bilan « Vacances 2011 » au sein de la DGCCRF.

lefebvre

Au fil des 132 enquêtes menées par 6 agents de la DGCCRF, cinq procédures ont été lancées pour pratiques commerciales trompeuses. Des infractions passibles de 2 ans de prison et de 187.500 euros d'amende. Depuis une directive européenne de 2005, le fait de « se présenter faussement comme un consommateur » est effectivement considéré comme une pratique commerciale déloyale.

Dans le détail fourni par le secrétariat d’État, on compte :
  • un gestionnaire d’un site de ventes aux enchères de voyages dont les avis de « gagnants » étaient intégralement faux et rédigés par lui,
  • un gestionnaire d’un site participatif à forte audience spécialisé dans le tourisme, dont les responsables ont rédigé de faux avis pour promouvoir leurs produits,
  • un gestionnaire de sites marchands ayant usurpé l’identité d’une personne pour déclarer son site, et ayant également rédigé de faux avis en utilisant cette identité,
  • un gestionnaire d’un site comparateur dans le domaine du tourisme, qui a recouru massivement à des stagiaires pour publier des faux avis de consommateurs sur son site,
  • un gestionnaire de site de e‐reputation.
En outre, une notification d'Information réglementaire a été adressée à un professionnel qui laissait un avis favorable à son entreprise sans indiquer son intérêt commercial. Dans le lot également, plusieurs rappels de réglementation.

Selon le secrétariat d’Etat, et en l'état des enquêtes, les imposteurs sont soit des professionnels employant des stagiaires pour produire du faux contenu, soit des gestionnaires de sites n'ayant pas toujours conscience d'être en infraction…

Face à la jungle des informations disponibles sur le net, il est cependant difficile aux 6 enquêteurs de généraliser ses interventions... Frédéric Lefebvre rappelle cependant que dans le cadre du projet de loi renforçant les droits, la protection et l’information en faveur des consommateurs, examiné à l’Assemblée nationale fin septembre, le pouvoir d’injonction des agents de la DGCCRF sera renforcé : ils pourront dorénavant sanctionner d'une amende, le non-respect d’une injonction. La DGCCRF invite aussi les professionnels victimes de ces pratiques d’entrer en relation avec elle via cette adresse (sne‐csce@dgccrf.finances.gouv.fr).