Révolution du Mobile: Free réclame 10 millions d'€ à Numéricable

Le coût de la révolution 232
Marc Rees

Exclusif : Free vient de réclamer 10 millions d’euros à l’encontre de Numéricable. Hier, l’opérateur publiait ce message sur Twitter « La révolution du mobile continue ! Très vite, une nouvelle annonce... #LRDM ». Quelques heures plus tard, dans la soirée, un huissier dépêché par Free apportait au siège de NC une assignation devant le tribunal de commerce de Paris.

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Free réclame en tout 10 millions d’euros d’indemnisation pour cette opération lancée par Numéricable depuis quelques semaines et dont ce message sur Twitter hier aura été la goutte d’eau.

Iliad estime en substance que NC entretient une confusion voire un parasitage qui a pu tromper de nombreux internautes qui pensaient que Free préparait un coup marketing avec ce buzz. « Cette propagation sur ces réseaux sociaux (…) a pris une très vaste ampleur puisque plus de 50.000 messages ont été envoyés sur Twitter et ont touché plus de 300 000 personnes, la page Facebook ayant enregistré quant à elle plus de 2600 intervenants » décompte Free dans l’assignation.

Le 5 mai, dans une première lettre révélée dans nos colonnes, l’avocat de Free avait déjà menacé les organisateurs anonymes du buzz La Révolution du Mobile du risque de brouillage alors que  « Free est régulièrement synonyme de "révolution" ». La défense de Free annonçait la couleur : « Mes clients m’ont chargé d’attirer votre attention sur le problème que pourrait poser votre communication et font toutes réserves sur les préjudices de toute nature qui pourraient en découler ». Des menaces qu’a donc ignorées Numéricable osant même organiser sa conférence de presse depuis le Pershing Hall, lieu habituellement choisi par Free pour faire ses annonces aux médias.
 
5 millions pour le détournement d'image

Selon l’épaisse assignation (la seule synthèse fait 26 pages), Free souhaite maintenant « obtenir la réparation d’un préjudice constitué par le détournement de son image et l’affaiblissement de ses propres efforts publicitaires et commerciaux. »

Face à un Numéricable qui prépare sa « révolution » du mobile depuis quelques semaines après un « buzz » très remarqué et anonyme, l'assignation fait d’abord valoir un préjudice d’image et une atteinte à sa réputation.

« La confusion a concerné au premier chef les 4,461 millions de foyers d’abonnés chez Free », considère le document. « Au niveau de ces millions d’utilisateurs des services Free, l’atteinte est encore plus accentuée car ils pourraient être les premiers concernés par les nouvelles offres mobiles que Free proposera et ont légitimement pu croire, plus que tous autres, que l’heure était enfin arrivée ».

Free se considère victime d’une atteinte grave à son image de marque et à sa réputation. Le trublion du net dénonce même un « procédé de publicitaire de seconde zone » dévalorisant l’entité et sa marque. Pour ces atteintes, le FAI réclame 5 millions d’euros en réparation de l’atteinte à son image et à sa réputation.

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5 millions pour l'affaiblissement des efforts publicitaires de Free


Free révèle aussi avoir engagé plus de 38€ millions d’euros  d'investissement publicitaire, en valeur brute. Or, une partie significative de ces investissements aurait été annihilée par « cette communication parasite ».

La faute à cette communication « qui vient brouiller les propres campagnes publicitaires de Free en laissant notamment penser que c’est elle qui va lancer son offre mobile (…) plus tôt que prévu et attendu par le public ». Mieux : « cette communication parasite laisse penser que c’est Free elle-même qui organisait le suspens en faisant mine de se plaindre via son avocat ce qui laisse planer de sérieux doutes sur ses pratiques commerciales. Cela donne une bien piètre image de Free car il faut reconnaître qu’il faudrait être particulièrement vicieux pour organiser une campagne marketing puis mandater son propre avocat pour faire ensuite semblant de s’en plaindre ! »

Free réclame à ce titre 5 autres millions d’euros de dommages et intérêts pour la perte d’efficacité des investissements publicitaires engagés. Bon prince, Free avance que « cette somme est très mesurée par rapport à la valeur des investissements publicitaires consacrés par Free ne serait-ce que pendant les deux premiers semestres 2011 »

Dernier détail. Free réclame enfin la publication judiciaire en page d’accueil de Numéricable.fr, en taille 14 et police Arial.

Contacté, Free refuse de commenter ce que la société juge comme un "micro-sujet". La réaction de Numericable est un peu moins laconique : « No comment mais suivez les nouvelles annonces sur Twitter à venir puisque la révolution du mobile continue ».