Interview du député Olivier Dussopt

NosDéputés.fr et initiative Parlement & Citoyens

Vous devez très certainement connaître le site NosDéputés.fr, qui compile différentes données publiques sur les députés. Pensez-vous que ce site ait influencé votre activité parlementaire ?


En bien et en mal, oui. En bien parce que je connais pas mal de collègues qui le regardent de très près pour voir leur classement ou en tout cas vérifier qu’ils n’apparaissent pas comme trop absents. Donc on peut dire que ça encourage.

 

En mal parce qu’à l’inverse, ils n’ont fait qu’amplifier un phénomène qui existait déjà. Avant, au moins tous les cinq ans ou tous les ans il y avait des classements qui étaient publiés par des hebdos comme Le Point ou L’Express, sauf que c’était à intervalle régulier et minimum tous les ans voir même tous les cinq ans. Là, c’est mis à jour tous les jours ou au moins toutes les semaines. Du coup, ça peut inciter un certain nombre de parlementaires à "parler pour parler", en disant, "puisque je suis là, je vais dire un mot et ça me fera un point sur NosDéputés.fr, j’améliore mon argus et j’améliore ma courbe".

 

dussopt

 

Cet été, le ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a dénoncé les effets « dangereux voire pernicieux » de ce site sur le travail parlementaire. Partagez-vous cette critique ?


Alain Vidalies avait raison. NosDéputés aussi d’ailleurs. L’objectif n’est pas d’interdire ce type de site, ça ne sert à rien. Ils ont même des vertus. Sauf que ce genre de site ne peut pas tenir compte de tout. Lorsque vous êtes rapporteur sur un texte, vous passez des dizaines d’heures avant la commission et avant évidemment l’Hémicycle en audition à rencontrer du monde, à confronter les idées, à défendre le texte ou essayer de l’améliorer... Sauf que ces auditions ne donnent pas lieu à des comptes-rendus qui sont mis en ligne. Vous pouvez aussi, par exemple dans le cadre d’une mission d’information, être amené à vous déplacer pendant plusieurs jours durant lesquels votre présence à l’Assemblée sera réduite à zéro d’après le site alors que vous aurez travaillé et approfondi un thème pendant plusieurs jours...

 

Le défaut de NosDéputés.fr - mais c’était déjà le cas des autres classements précédents - c’est qu’ils ne peuvent pas tenir compte de tout. Ils avaient dit qu’ils travailleraient à l’amélioration de cela, ça passe aussi par la mise en ligne de plus d’éléments par l’assemblée. Mais ce sera de toute manière imparfait, car on ne peut pas tout mettre en ligne.

 

Que pourrait-t-on alors envisager ?


La seule solution peut-être pour améliorer, ce serait d’avoir un suivi personnalisé de chaque parlementaire, pour pouvoir expliquer ou au moins indiquer que de telle période à telle période il était chargé d’une mission d’information, qu’il était rapporteur... que vous ne pouvez pas quantifier mais que ceux qui lisent le site se disent "il n’a rien foutu pendant des semaines".

Initiative Parlement et Citoyens

parlement & citoyens

 

Que pensez-vous de l’initiative Parlement & Citoyens, inaugurée le mois dernier ?


Il faudra que je regarde plus en détail car je n’en ai pas encore trop entendu parler [l’interview a été réalisée quelques jours seulement après l’ouverture du site, ndlr]. Tant que ça n’amène pas un mandat impératif, pourquoi pas. Après, j’imagine que ce n’est pas facile à faire sur tous les sujets. Lorsque vous entrez sur des sujets extrêmement techniques, vous pouvez avoir des citoyens très éclairés qui vont vous répondre, mais vous pouvez aussi en avoir qui ne le sont pas du tout et qui peuvent répondre à côté.

 

Ce qui me choquerait c’est qu’un parlementaire s’engage à ne déposer « que » la proposition de loi validée par un panel constitué d’internautes. Si c’est juste une consultation, un échange, alors ça peut s’apparenter à une réunion publique virtuelle.

 

Sur ce principe-là, on peut donc envisager que vous y participiez ?


Pourquoi pas ! Mais d’une manière générale, je ne suis pas un grand fan des propositions de loi, parce qu’on sait que 95 % de l’ordre du jour est décidé par le gouvernement, et que les 5 % qui restent sont partagés entre les différents groupes. Même un groupe majoritaire comme le mien ne dispose que d'une journée d’ordre du jour disponible toutes les six semaines, ce qui correspond à trois textes maximum... Donc on peut faire des propositions de loi, mais leur dépôt n’est pas un gage d’adoption, ni même d’examen. 

 

D'une manière plus générale, comment voyez-vous évoluer le travail du député sous l’impact croissant des nouvelles technologies et de l’internet ?


Je pense que ça devient obligatoire. Aujourd’hui, un parlementaire ou un haut responsable public qui n’aurait pas cette porte d’entrée n’existerait pas. Ça devient un outil incontournable, y compris en termes de visibilité médiatique, ce qui compte parfois aussi pour faire avancer quelque chose. J’ai pu voir qu’un certain nombre d’interviews que j’avais données l’avaient été sur la base d’un tweet ou d’un article de blog : vous êtes suivi par des journalistes, qui le voient et qui du coup pensent à vous interroger, alors qu’ils n’auraient pas imaginer une seconde le faire s’ils ne l’avaient pas vu. De la même manière, on reçoit ici [en permanence parlementaire, ndrl] des gens qui passent ou qui appellent pour prendre des rendez-vous, mais la part de ceux qui nous contactent via Facebook ou le blog est de plus en plus importante.

 

Je ne pense pas que ça change l’activité, ça l’a déjà changé en termes de rapidité de la circulation de l’information ou de l’efficacité. Je ne passe presque plus de temps à relire des parapheurs en version papier parce que quand le document est dans le parapheur pour que le signe, c’est que je l’ai déjà reçu par mail, relu...

 

En termes d’informations, on a toujours besoin d’avoir des archives, mais on a plus besoin d’avoir un exemplaire de chaque Code (civil, pénal...). Chaque décret qui est paraît est disponible sur la Toile. Ça, ça permet d’aller vite, mais je ne vois pas trop comment ça peut encore changer, même s’il y aura toujours des évolutions techniques. 

Usage des réseaux sociaux

Hadopi, usage des réseaux sociaux, Pacte du logiciel libre, influence du site NosDéputés.fr,... Olivier Dussopt, jeune député-maire d’Annonay (Ardèche), a accepté de répondre aux questions de PC INpact sur ces différents sujets.  


dussopt


Vous êtes un député relativement actif sur Internet, notamment Twitter et Facebook. Pouvez-vous nous expliquer depuis quand vous utilisez ces outils de communication et pour quelles raisons ?


J’ai commencé en 2006 avec un blog tout ce qu’il y a de plus classique, hébergé sur Overblog, donc autant dire que ce n’était pas les fonctionnalités les plus élaborées (rires). Il s’est un peu étoffé au fil du temps.

 

Facebook, je suis dessus depuis l’été 2007. C’est mon assistant parlementaire de l’époque qui m’avait créé mon profil, à une époque où on en parlait peu. Aujourd’hui on a l’impression qu’on a toujours vécu avec Facebook, mais à l’époque on était très peu à être dessus ! C’est un profil perso, et je tiens à ce que ça reste un profil perso et non pas une page publique.

 

Quant à Twitter, je me suis inscrit juste avant l’ouverture de la campagne des primaires socialistes, en avril 2011. Je savais que j’allais jouer un rôle dans cette campagne auprès de Martine Aubry, et donc c’était un outil que je n’avais pas et qu’il fallait que je développe ou en tout cas que j’ouvre avant de commencer la campagne.

 

Comment les utilisez-vous aujourd’hui ?


Aujourd’hui je me sers de Facebook à la fois pour du national et du local, mais surtout pour du local. J’y mets beaucoup d’actualités municipales, alors que sur Twitter je ne fais que du national. Les abonnés que j’ai sur Twitter ne sont pas les mêmes, ils n’ont pas le même profil que ceux que j’ai sur Facebook. Je tiens d’ailleurs à ce que ma page Facebook reste une page perso, encore plus depuis la possibilité d’avoir à la fois des amis et des abonnés qui ne reçoivent que les mises à jour et avec qui il y a moins d’interactions. L’avantage de la page, c’est que ça permet justement plus facilement les commentaires et il y a également le module de messagerie, qu’on n’a pas aussi facilement sur les pages publiques.

 

Donc si je m’en sers c’est avant tout parce que c’est une porte d’entrée supplémentaire. J’ai l’habitude de dire que j’ai deux permanence : une à Annonay et l’autre à Tournon. Mais j’en ai aussi une troisième qui est virtuelle, c’est mon profil Facebook ! En 2007, j’aurais dit que c’était mon blog. Mais aujourd’hui, c’est plus mon profil Facebook que mon blog. Et d’ailleurs même la consultation de mon blog dépend aussi des liens que je mets sur mon profil Facebook.

 

Twitter, c’est à la fois une source d’infos permanente par rapport à ceux que je suis. Et puis c’est un jeu aussi, ça me permet de m’amuser un petit peu (sourire).

 

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Comment gérez-vous ces outils au quotidien ?


Par mes téléphones !

 

Ce ne sont donc pas vos collaborateurs qui s’en occupent ?


Il n’y a que deux choses qui peuvent être gérées par mes assistants. C’est tout d’abord la réponse à la messagerie sur Facebook, parce que j’ai souvent trop de messages. J’ai un collaborateur en particulier qui la regarde et qui, en général, fait des réponses aux gens qui m’ont écrit sur cette messagerie. Il peut également être amené à mettre sur mon profil la vidéo d’une intervention que j’ai faite dans l’Hémicycle ou en commission, parce que lui est au bureau et qu’il a eu le temps de la télécharger sur la base de l’Assemblée, de l’enregistrer et de la mettre en ligne.

 

Mais sinon, pour les statuts, pour les tweets, ce n’est que moi !

 

Comment faites-vous pour gérer tous les différents commentaires, et notamment les trolls ?


Sur Facebook, je supprime systématiquement (ou on le fait pour moi) les liens qui sont mis sur mon mur et dont je ne partage pas l’esprit. Je considère que c’est un outil de communication personnel, mais ça ne doit pas être l’outil de communication de celles et ceux avec qui je ne suis pas d’accord. C’est une forme de censure mais je l’assume bien (rires). Et j’ai pris le parti de laisser tous les commentaires, même ceux qui sont désagréables, sauf lorsqu’ils sont insultants, mais c’est hyper rare... Je n’ai pas de gros problèmes de troll, sur Facebook en tout cas.

 

Sur Twitter, j’ai juste pris le parti de ne pas répondre. Je réponds aux gens que je connais ou quand j’en ai envie, mais quand c’est vraiment du troll, je fais comme si ça n’existait pas.

 

Pensez-vous que tous ces nouveaux outils de communication aient un impact sur votre activité parlementaire ?


Récemment, j’ai vu que oui. Pendant des séances marathon, comme on a pu en avoir lors de l’examen du projet de loi sur le mariage pour tous, il y a une forme d’encouragement sur les réseaux. L’on s’aperçoit qu’il y a des gens qui suivent les débats, non pas avec l’image, mais uniquement avec les tweets ou les statuts Facebook. Donc en termes de publicité des débats, oui, ça a un impact.

 

J’ai eu l’occasion de me servir de deux ou trois tweets que j’avais vu passer pour intervenir dans l’Hémicycle (sourire). Ils m’ont donné un bon mot dont je me suis inspiré... Mais après, ça n’a pas d’impact sur le contenu des débats.

 

dussopt

 

Vous arrive-t-il de tweeter ou de publier des choses sur Facebook alors que vous êtes dans l’Hémicyle ou que vous siégez en commission ?


Oui, mais quand il y a possibilité de le faire ! Le tweet passe après ou pendant, quand on écoute, mais pas nécessairement lorsque je dois me préparer à intervenir. Et pour ça j’ai encore un bon vieux stylo (sourire).

 

Deux députés UMP ont récemment proposé que les députés s’engagent à ne pas s’exprimer sur les réseaux sociaux alors qu’ils sont dans l’Hémicyle ou en commission...


D’ailleurs ils l’ont dit sur les réseaux sociaux, alors qu’ils étaient dans l’Hémicycle, en même temps que moi ! C’est tout le paradoxe de ceux qui ne voulaient pas qu’on tweete mais qui le disaient sur Twitter !

 

 ...Êtes vous favorable à une telle mesure ?


Je trouve que c’est une idée stupide. C’est devenu un outil de publicité et de transparence. En tout cas de publicité plus que de transparence puisque c’est le caractère contradictoire qui fait que c’est transparent. Je ne vois pas l’intérêt de dire « on arrête » ou « on n’arrête pas ». Si on tweete trop ça se verra et nos électeurs nous le ferons payer. Mais interdire les tweets c’est ridicule. Claude Bartolone a d’ailleurs écarté la proposition dans une déclaration. 

Hadopi et Pacte du logiciel libre

Hadopi

Lors de l’examen du projet de loi « Création et Internet », vous avez voté contre les deux textes relatifs à la Hadopi. Si c’était à refaire aujourd’hui, le referiez-vous ?


En principe, je suis assez cohérent et constant, donc oui.

 

Près de deux ans et demi après son entrée en fonction, quel bilan faites vous de la Hadopi ?


Je pense que mes collègues de la commission des affaires culturelles seraient mieux placés pour répondre (sourire). Je suis à la commission des lois, et on ne le voit pas passer en termes de bilan et de fonctionnement. Ce que j’ai su et entendu de leurs discussions, c’est que beaucoup considèrent que le budget de l’organisme est très important par rapport au service rendu et au nombre de dossiers traités. Finalement, c’est ce qu’on avait dit lors des débats, à savoir qu’on construisait une grosse machine et qu’on aurait peut-être du mal à la rendre vraiment efficace.

 

Lors des primaires socialistes, vous avez soutenu Martine Aubry, qui militait notamment pour une abrogation de la Hadopi et esquissait un système de financement semblable à une licence légale. Aujourd’hui, êtes-vous toujours favorable à de telles solutions ?


Dans la limite de mes connaissances, plutôt.

 

Pour quelles raisons ?


Parce que ça me paraît plus juste. Ça me semble à la fois plus accessible et plus juste en termes de rémunération des auteurs, plutôt que de mettre en place un système répressif avec les résultats que l’on connaît.

 

hadopi logo

 

Que ferez-vous si le projet de loi transposant les conclusions de la mission Lescure relatives à la Hadopi retenait un maintient de la Haute autorité, ou au moins du dispositif de riposte graduée ?


Je ne sais pas ! J’aimerais bien savoir ce que la mission Lescure va nous proposer. C’est toute la difficulté qu’il y a à se prononcer sur des projets de loi qui n’existent pas (sourire). Si la mission Lescure nous dit « on ne change rien », c’est décevant. Si elle nous dit « on change sans abroger », il faut voir ce qui est changé. Mais aujourd’hui, je suis incapable de vous dire.

 

Et dans l’hypothèse où la mission Lescure décidait par exemple de faire sauter la peine de coupure de l’accès au Web ?


Ce serait dommage que ce soit ça... Ce serait très décevant !

 

Mais vous le voteriez quand même ?


J’aurais du mal à voter une loi qui ne serait que pour ça... Ce serait le contraire de tout ce qu’on attendait. Après, s’il y a cette proposition-là et 25 propositions qui sont extrêmement intéressantes, c’est compliqué de voter contre.

 

On a assisté sur Hadopi à des revirements assez spectaculaires, l’abrogation d’Hadopi ayant été promise un temps durant la campagne, alors qu’aujourd’hui le discours est totalement différent. Comment expliquez-vous ces changements radicaux ?


(sourire) Il faut attendre les conclusions de la mission Lescure et le projet de loi qui va en sortir pour porter un tel jugement. Aujourd’hui, on ne connaît pas le texte donc on va attendre de la connaître pour savoir s’il y a revirement ou pas.

 

La promesse avait pourtant été clairement formulée durant la campagne : « On abroge Hadopi, c’est sur » nous disait par exemple Aurélie Filippetti en décembre 2011. Aujourd’hui, les propos ne sont plus du tout les mêmes...


Ça ne va peut-être pas assez vite oui...

 

N’estimez-vous pas que ces signaux puissent avoir un effet négatif sur l’opinion publique et pour croyance en la sincérité des hommes politiques en général ?


J’entends ça aussi sur d’autres sujets c’est vrai... Ça fait huit mois que nous sommes au pouvoir. Un mandat c’est cinq ans. Donc le vrai jugement sur les engagements tenus ou non tenus, c’est à l’issue des cinq ans, non pas à l’issue de huit mois. Si dans un ou deux mois la réforme scelle le maintien de la Hadopi, alors là je comprendrais qu’on puisse dire l’engagement n’a pas été tenu, il y a même eu reniement. Aujourd’hui on n’en est pas là.

Pacte du logiciel libre

logiciel libre pacte

 

Vous faites parti des candidats aux élections législatives ayant signé le Pacte du logiciel libre de l’April. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?


La liberté d’accès d’un maximum de monde. Dans la mesure où l’on peut développer des logiciels libres, ça me paraissait logique de soutenir cette initiative plutôt que de laisser des entreprises privées, aussi importantes soient elles, garder une espèce de « rente de marché » et de verrou financier à l’accès à ces techniques-là.

 

Comment avez-vous traduit vos engagements depuis votre réélection ?


Aujourd’hui il n’y a pas eu de traduction car il n’y a pas eu d’initiative parlementaire en ce sens.

 

La seule chose que j’ai faite directement, c’est au niveau de la mairie, où l’on généralise le libre. Y compris d’ailleurs parce que ça nous permet d’avoir des coûts qui sont abaissés tout simplement car l’on paie moins de licences.

 

À l’Assemblée nationale, on était durant le mandat précédent sur du logiciel libre pour tout ce qui était traitement de texte et tableur. Mais le paquet informatique a été renouvelé début 2012, avant que la nouvelle majorité arrive, et on est revenu sur du Word et du Excel. Il y a avait beaucoup de plaintes de collègues sur l’ergonomie et la difficulté à s’en servir, et encore plus sur la difficulté à échanger avec leur propre permanence à cause de problèmes de compatibilité.

 

Qu’entendez-vous faire dans le futur ?


Très clairement, ce n’est pas moi qui prendrait une initiative parlementaire à ce sujet puisque comme vous l’aurez compris, j’ai neuf chances sur dix d’être hors-sujet (sourire). Je ne sais pas s’il y a des choses qui sont prévues en matière de logiciels libres, je n’ai pas regardé.

 

Merci Olivier Dussopt.

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