Les avertisseurs de radars survivront, mais sans avertir les radars

Kamoulox... 414
Nil Sanyas
Les avertisseurs de radars, très utilisés sur les smartphones, ne seront finalement pas interdits. Tout du moins, les appareils pourront survivre, mais pas en tant qu'avertisseurs de radars. En effet, l’AFFTAC a signé vendredi dernier un protocole d’accord en ce sens avec le ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Comme prévu depuis fin mai.

radars

Rappel des faits : suite à plusieurs mois meurtriers sur les routes, le comité interministériel de la sécurité routière a décidé le 11 mai dernier de rendre illégal les avertisseurs de radars, entre autres durcissements des lois actuelles.

Un (tout) petit pas en arrière de la part du gouvernement 

Deux mois et demi plus tard, l’AFFTAC a donc officiellement fait "reculer" le gouvernement. Mais d'un tout petit pas. Selon l’association, il est en effet clairement énoncé que « les membres de l’AFFTAC se sont engagés à ne plus indiquer la localisation des radars fixes ou mobiles, ainsi que celle des contrôles routiers opérés par les forces de l’ordre ». En somme, les avertisseurs de radars n’indiqueront plus les radars…

Cela ressemble donc plus à une défaite qu’autre chose pour les fabricants comme Coyote et consorts. Les appareils et les applications pour smartphones devront d’ailleurs changer de nom à l’avenir.

L’association note néanmoins qu’il a été reconnu par le gouvernement que « les outils d’aide à la conduite participent aux objectifs de sécurité routière et au renforcement de la pédagogie à l’égard des conducteurs ».

Afin de survivre, les fabricants de avertisseurs de radars vont donc s’adapter :

Les « sections de voies dangereuses » se verront indiquées par 2 sources d’informations : les données accidentogènes issues des services de l’Etat ou les signalements des utilisateurs d’appareils. Ces sections de voies dangereuses représenteront une section de voie d’au moins 4 km sur le réseau autoroutier, d’au moins 2 km hors agglomération et d’au moins 300 mètres en agglomération.

Les « points de danger précis » (un obstacle au trafic : passage à niveau, chaussée rétrécie ; passage dangereux : ponts, tunnels, fortes pentes, virage signalé dangereux ; endroits où se concentrent les publics fragiles : écoles, colonies de vacances, hôpitaux ; sources de danger temporaires : zones de travaux routiers, obstacles, chaussée glissante ou rétrécie, intervention d’exploitation en cours, accidents, embouteillages ponctuels, etc…) pourront faire l’objet d’un signalement à tous les utilisateurs d’appareils.

Il a par ailleurs été décidé que tous les appareils techniquement compatibles diffuseraient dès à présent des messages de prévention routière et les fabricants d’outils d’aide à la conduite se sont engagés à amorcer un travail sur l’hypovigilance en partenariat avec les services de l’Etat.

Les fabricants ont quatre mois pour ne plus vendre des produits qui ne sont pas aux normes.

Les automobilistes très mécontents

Face à ces changements, les automobilistes et les utilisateurs des avertisseurs de radar ont inondé de messages de critiques et d’insultes le Facebook de l’association. Ils ont logiquement fait remarquer que les avancées négociées par les fabricants étaient bien minces, et qu’au final, la situation reste la même : les avertisseurs de radars sont toujours interdits.

L’AFFTAC a été très réactive en publiant quelques heures plus tard une réponse aux multiples condamnations publiées par les internautes. Ses explications n’ont cependant pas convaincu les utilisateurs, au regard des commentaires que l’on peut lire sur le Facebook de l’association.

Certes, ceux disposant de tels appareils n’auront pas à les jeter aux ordures et pourront s’en servir pour avertir des virages dangereux, des travaux, etc. Mais la plupart des utilisateurs n’ont pas investi dans un avertisseurs de radars pour ce type de fonctions…

Selon toutes vraisemblances, cet accord n’aura donc pas de grandes conséquences sur la mort des avertisseurs de radars, même s’ils changent de fonctions. À moins bien sûr que les utilisateurs contournent le système en signalant la présence d’un policier ou d’un radar comme un accident…


* AFFTAC : association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies d’aide à la conduite.