MPEG-LA: 12 sociétés possèdent des brevets essentiels à WebM

Lorsque Google a acquis la société On2 l’année dernière pour 106,5 millions de dollars, la cible réelle était le codec vidéo VP8. Quelques mois plus tard, la firme annonçait le lancement du conteneur WebM, destiné à envahir le web tout en affrontant H.264. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistaient, notamment sur les brevets. L’association MPEG-LA avait lancé un appel en début d’année aux sociétés qui pourraient détenir des brevets essentiels à VP8 et WebM. Résultat : plusieurs entreprises se sont manifestées.

webm

WebM n’est pas réellement un codec mais un conteneur. Il s’appuie sur Matroska (MKV) pour sa structure. À l’intérieur, on peut trouver soit un flux audio, soit un flux vidéo, soit les deux. L’audio est encodé en Ogg Vorbis, tandis que la vidéo utilise VP8, devenu open source depuis le rachat par Google. Bien entendu, WebM est mis en avant par la firme au point que Chrome est dépourvu du support H.264 pour la balise vidéo de HTML5 depuis sa version 10.

L’appel lancé en début d’année par la MPEG-LA a débouché sur un groupe de 12 sociétés qui indiquent aujourd’hui avoir des brevets essentiels à WebM et VP8, et qui veulent le faire savoir. Cela signifie que l’association a les moyens de déclarer la guerre à Google sur le plan légal en faisant valoir les fameux brevets devant une cour. Au total actuellement, 29 sociétés ont indiqué posséder des brevets impliqués dans VP8/WebM.

La MPEG-LA représente les intérêts des sociétés se tenant, entre autres, derrière le H.264. L’hégémonie de ce codec est remise en cause par WebM, et son retrait radical dans Chrome n’a fait qu’échauffer les esprits, surtout si l’on considère que Chrome est « le » navigateur, puisque ses parts de marché n’en finissent plus de grimper. L’initiative de la recherche des brevets est un processus proactif : l’association cherche bien à se débarrasser d’un concurrent gênant et rassemble donc ses forces. Dans une interview donnée à Streaming Media, elle indique :

« La MPEG-LA a rencontré les détenteurs de brevets essentiels à VP8 fin juin en vue de faciliter une discussion entre eux et sur les termes qu’ils souhaiteraient utiliser pour créer une licence de réserve de brevets VP8 »

En clair, l’association est en train de paver la voie qui servira à la machine de guerre en cours de formation. On notera toutefois certains détails importants. Premièrement, les 29 sociétés sont connues : Apple, Cisco, Daewoo, Dolby, Electronics and Telecommunications Research Institute, France Télécom, Fraunhofer, Fujitsu, HP, Hitachi, Philips, LG, Microsoft, Mitsubishi, NTT Docomo, Nippon Telegraph and Telephone Corporation, Panasonic, Polycom, Robert Bosch, Samsung, Sedna Patent Services, Sharp, Siemens, Sony, Tandberg Telecom, Ericsson, université de Columbia, Toshiba, Victor Company of Japan.

Deuxièmement : même s’il s’agit de sociétés puissantes, seules 12 ont signalé leur volonté de faire valoir leurs brevets dans le cadre d’un affrontement dans une cour de justice. Troisièmement, la MPEG-LA n’a donné ni les noms de ces 12 sociétés, ni les fameux brevets. L’ensemble suggère que l’association n’est peut-être pas encore prête à déclarer la guerre maintenant, d’autant qu’elle répète que la porte reste ouverte à d’autres acteurs. Rappelons enfin que WebM dispose d’une longue suite d’appuis, dont notamment tous les plus gros fabricants de puces, à l’exception remarquée d’Intel. 

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