Hadopi, la Directors Guild of America et Frédéric Mitterrand

À plusieurs reprises ces derniers mois, Frédéric Mitterrand a cité le vif intérêt des États-Unis pour notre système Hadopi.

Directors Guild of America

Voilà une semaine, sur Europe 1, il expliquait par exemple que vouloir abroger Hadopi, une des promesses de la gauche, était une « folie ». Pourquoi ? "Moi j'étais avec les cinéastes américains il y a deux mois à Hollywood, excusez du peu, je peux vous dire qu'ils étaient tous - la Guilde des cinéastes – ils étaient tous pro-Hadopi et en train de suivre avec beaucoup d'attention ce qu'on est en train de faire. C'est pareil en Espagne, c'est pareil en Angleterre. Alors au moment où le système Hadopi est en train d'être repris par tout le monde, je trouve que c'est vraiment totalement absurde."

En mai 2011, le ministre expliquait à l’Assemblée nationale qu’à Hollywood, "l’ensemble des producteurs et des cinéastes regroupés au sein de la Directors Guild of America observe avec la plus grande attention le fonctionnement de l’HADOPI"...

En plein eG8, le même Frédéric Mitterrand était plus évocateur encore :« J'ai été très frappé par la différence d'approche qu’il y a en France dans une partie de l’opinion et à l'étranger concernant d'Hadopi. (…) En France, il reste un certain nombre de gens qui n’ont pas désarmé dans leur coquille à l’égard de cette institution, qui la présente toujours sur l’angle répressif, alors qu’en réalité elle a un effet d’entrainement considérable sur le plan pédagogique tandis que sa fonction répressive ne s’est pas encore vraiment manifestée ».

L’étranger que cite Mitterrand est là encore la Directors Guild of America (DGA), conglomérat des lobbies du cinéma, de la TV et de la radio. Chez eux, « Hadopi est considérée comme une avancée considérable dans la protection des droits. » Mitterrand : « Hadopi marche en France mais on ne le sait pas et aux États-Unis non seulement on le sait mais on s’y intéresse. »

Plongeons nous justement sur le site de la Directors Guild of America pour savoir comment s’est déroulée cette visite au sein de la DGA. Une visite qui a eu lieu en mars dernier. Le ministre avait été reçu par David Martinon, devenu consul général à Los Angeles. L’intéressé fut un temps porte-parole de Nicolas Sarkozy. Après son plantage électoral à Neuilly, il était catapulté à Los Angeles où un mois après son arrivée il se penchait déjà sur les questions de contrefaçon.

« Le ministre Mitterrand a déclaré que les gens en France comprennent maintenant que la liberté et la protection de la liberté intellectuelle vont main dans la main » relate le site de la Guild. « [Fredéric Mitterrand] a comparé cette question avec celui de la conduite automobile » Et la Guild de citer le ministre : « les gens ont la liberté de conduire leurs voitures mais il y a des règles du Code de la Route. Par exemple, vous ne pouvez pas conduire vite ou sous l’emprise [d’alcool], si vous le faites, il y a des conséquences. C’est la même chose avec l’Internet civilisé. » 

Bref : quand, à l’eG8, Mitterrand affirme qu’en France, Hadopi est incomprise, qu’il y a des gens qui restent dans leur coquille, ne voient que ses aspects répressifs, ce même Mitterrand change un peu de discours outre-Atlantique et soutient que les Français, baigné dans l'internet civilisé,  "comprennent maintenant que la liberté et la protection de la liberté intellectuelle vont main dans la main".

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