"Abroger la loi Hadopi, c'est une folie" selon Frédéric Mitterrand

Le retour des exemples étrangers 128
Marc Rees
Sur Europe 1, Frédéric Mitterrand a estimé qu'il serait "absurde" et même "une folie" qu'Hadopi soit supprimée, une promesse de campagne de la gauche pour 2012. (5:15 sur la vidéo)


"Abroger la loi Hadopi, c'est une folie. C'est une folie au moment même où les États-Unis, état libéral s'il en est, sont en train de créer leur propre système Hadopi puisqu'il y a eu un accord signé la semaine dernière entre les principaux fournisseurs d'accès internet et les syndicats de créateurs".

L'adoption par les FAI américains d'un système d'avertissement gradué entraînerait ainsi en France une forme de cliquet anti retour interdisant toute remise en cause. Un comble alors que durant les débats Hadopi, la Rue de Valois n'avait eu de cesse de citer les exemples étrangers pour inciter au vote de la loi en France.

Hollywood, pro-Hadopi

"Moi j'étais avec les cinéastes américains il y a deux mois à Hollywood(*), excusez du peu, je peux vous dire qu'ils étaient tous - la Guilde des cinéastes – ils étaient tous pro-Hadopi et en train de suivre avec beaucoup d'attention ce qu'on est en train de faire. C'est pareil en Espagne, c'est pareil en Angleterre. Alors au moment où le système Hadopi est en train d'être repris par tout le monde, je trouve que c'est vraiment totalement absurde."

Sur le projet de financement émis par la gauche (une taxe sur les abonnements internet) le ministre a dénoncé "une taxe de plus", sans plus de commentaire…

La Directors Guild of America lors de l'eG8

Lors de l'eG8, le locataire de la Rue de Valois se disait déjà "très frappé par la différence d'approche qu’il y a en France dans une partie de l’opinion et à l'étranger concernant d'Hadopi. (…) En France, il reste un certain nombre de gens qui n’ont pas désarmé dans leur coquille à l’égard de cette institution, qui la présente toujours sur l’angle répressif, alors qu’en réalité elle a un effet d’entrainement considérable sur le plan pédagogique tandis que sa fonction répressive ne s’est pas encore vraiment manifestée".

En fait d'étranger, Frédéric Mitterrand citait déjà la Directors Guild of America où "Hadopi est considérée comme une avancée considérable dans la protection des droits", Mitterrand affirmant au passage qu' "Hadopi marche en France mais on ne le sait pas et aux États-Unis non seulement on le sait mais on s’y intéresse".

La France lustre une nouvelle fois le vernis pédagogique de la Hadopi, tout comme les occupants de la Rue de Texel. Pendant ce temps, le gouvernement sollicite auprès de la Commission européenne une série de mesures visant à élargir le filtrage, forcer la collaboration des intermédiaires techniques et muscler le pouvoir d'injonction.

(*) C'est à Hollywood qu'officie David Martinon, ex porte parole de Nicolas Sarkozy.