La loi californienne contre les jeux violents est jugée inconstitutionnelle

Ban, dans les dents 78
Marc Rees
La Cour Suprême des États Unis vient de sanctionner une loi californienne de 2005 qui tentait de bannir les jeux vidéo extrêmement violents. Une procédure qui clôt une bataille vieille de 6 ans entre l’État fédéré et l’industrie du jeu dans une décision de 92 pages (avec les annexes).

jeux violent

L'affaire qui opposait l’Etat de Californie et l’Entertainment Merchants Association et l’Entertainment Software Association (association des logiciels de loisirs) a été rendue sur l’autel du premier amendement, qui consacre la liberté d’expression sous toutes ses formes. La Californie estimait être tenue à protéger les plus jeunes lorsque l’industrie du divertissement n’était pas en mesure de le faire. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger avait ainsi signé ce texte prohibant la vente ou la location de ces jeux par exemple intégrant « des mutilations inutiles au corps d’une victime » (voir l'analyse de Kotaku).

On se souvient des propos du Leland Yee, rapporteur du texte, qui expliquait en 2005 que « contrairement aux films, où vous regardez passivement la violence, dans un jeu vidéo, vous êtes un participant actif en prenant des décisions sur qui poignarder, brûler, ou tuer.»

Dans cette décision rendue à 7 voix contre 2, la Cour suprême a estimé au contraire que l’univers du jeu vidéo est, comme le livre ou les films, une manière de diffuser des idées, des codes sociaux à l’aide de multiples procédés (personnages, musique, dialogue, intrigue, etc.). « Cela suffit lui conférer la protection du Premier amendement. Sous notre Constitution, l’esthétique et les jugements moraux sur l’art et la littérature sont des quêtes personnelles, ce n’est pas à l’Etat de les décréter, même sous le voile d’un mandat ou de l’approbation d’une majorité ». A chacun donc de se faire une idée sur ces questions qui touchent purement à la liberté d’expression et non à l’Etat de se faire gendarme d’une moralité (voir ce document.)

Une décision qui ne sera pas partagée par tous. Dans une interview à iTélé ce 21 juin, Nadine Morano affirmait encore que « quand je regarde les programmes que nous avions quand nous étions enfant, comme Flipper le Dauphin, l’autobus impérial, (ou encore) de bonne nuit les petits, je trouve qu'on ne les amène plus dans un monde de sérénité. Il y a une augmentation de l'ultra-violence, il faut se demander pourquoi, au regard de l'éducation, au regard de notre société, avec le développement de certains films très violents ou de certains jeux vidéo ».