L'Hadopi répond à Jacques Attali

La Hadopi n’a pas trop apprécié la sortie de Jacques Attali menée contre la Rue de Textel. Elle a adressé une réponse à sa chronique dans l'Express pour apporter plusieurs précisions.

Quand Attali juge « assez piquant de voir Hadopi parler de menaces sur la littérature, alors que cette autorité n'a aucune compétence sur le sujet », la Hadopi répond qu’elle « a reçu du législateur les missions de protection et d'encouragement des offres légales des "oeuvres et objets auxquels est attaché un droit d'auteur ou un droit voisin", ce qui la rend compétente, au-delà des oeuvres musicales, pour toutes les oeuvres dont bien entendu la littérature ».

L’affirmation d’Attali n’est pourtant pas fausse en pratique puisque seuls les ayants droit de la musique et du cinéma sont à ce jour aux manettes du flashage d’IP. Jamais les ayants droit de la littérature n’ont été autorisés par la CNIL à fournir des trains d’adresses à la Hadopi (1 million d'IP en mars, du côté de la SACEM...).

hadopi campagne presse

Pour le reste, l’Hadopi « laisse la responsabilité à l'auteur des approximations contenues dans l'article, comme l'affirmation que "jamais les musiciens n'ont tant gagné d'argent par leurs concerts" ».

Hadopi ou la menace imaginaire

Par ailleurs, la Haute autorité conteste les propos d’Attali selon lesquels « il est scandaleux de voir [la Hadopi], par un amalgame trompeur, inventer une menace imaginaire pour faire croire que le libre accès à Internet interdira de publier des romans ».

Réaction de l’Hadopi : « à aucun moment, la campagne évoquée ne tente de faire croire que "le libre accès à internet interdira de publier des romans" et réaffirme son engagement sans faille en faveur d'un internet libre et responsable ».

C’est pourtant ce que laisse entendre à demi-mot la pub qui affirme « sans Hadopi, pas de Julie Clouzel, future auteur de Les solitudes de Sara, prix littéraire de l’année 2032 ». En somme, sans Hadopi, feu rouge pour Julie Clouzel qui se verra barrer la route et ne pourra écrire. Ce n'est pas une interdiction, mais difficile de ne pas voir le message subliminal élaboré aux petits oignons.

En fait, la campagne laisse entendre que seule Hadopi permettra aux nouveaux talents d'exister. Une belle petite bêtise sauf à anticiper un prochain désert culturel dans tous les autres pays du monde, ceux qui n'ont pas été séduits par la réponse graduée.

Les auteurs n'ont pas besoin d'Hadopi, mais Hadopi a besoin des auteurs pour justifier son existence.

L'indécence

Enfin, Hadopi « s'élève avec force contre l'utilisation du terme "indécence" pour désigner la défense du droit d'auteur et affirme au contraire que les artistes, ce qu'ils créent et ceux qu'ils ont désignés pour les représenter méritent le respect, quelle que soit l'appréciation personnelle que l'on porte sur leur travail. Les artistes sont libres de leurs choix. Respecter cette liberté est un impératif. » Et la tordre en affirmant qu’ils disparaitront dans un très proche avenir si la machine à mitrailler des avertissements ne fonctionne pas… c’est quoi ?

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