En attendant la fibre, l'ARCEP revient sur la montée en débit

Et notamment le VDSL2 71
Nil Sanyas
Alors que près de 99 % de la population peut disposer d’un accès haut débit, le très haut débit, représenté par le FTTH et le FTTLA, n’est pas pour demain, particulièrement pour certaines zones rurales. La montée en débit est donc indispensable afin que les écarts entre les villes et les champs ne se creusent pas. L’ARCEP, l’Autorité de régulation des télécoms, a publié hier un document de 29 pages sur le sujet. On y trouve notamment un guide et des recommandations pour les collectivités locales. Un bon bilan des technologies disponibles y est ainsi fait. Profitons-en pour faire le point.

Deux types de solutions sont proposés par l’Autorité : les technologies filaires et hertziennes. Les technologies filaires ont logiquement la préférence de l’ARCEP, car jugées « plus performantes et plus pérennes que les technologies hertziennes » en terme de montée en débit.

Parmi le filaire, là encore, plusieurs choix sont possibles :
  • Le FTTH (Fiber To The Home) : évidemment, c’est la solution n°1 pour atteindre des débits ultra élevés (1 Gbps, voire plus). Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse dans le cas présent.
  • Le FTTC (Fiber to the Cabinet) : ou l’accès à la sous-boucle locale de cuivre. C’est « une solution mobilisable à court terme et disponible sur tout le territoire » note l’ARCEP. Pour résumer, il « suffit » de prolonger la fibre optique qui arrive au NRA jusqu’au sous-répartiteur. Résultat, les personnes les mieux placées peuvent atteindre un débit de 50 Mbps. Un comité d’experts remettra d’ailleurs ses conclusions sur le sujet (le VDSL2) d’ici la fin de l’année.
  • Le FTTLA (Fiber To The Last Amplifier) : mélange de fibre optique et de câble coaxial, cette technique est très utilisée par Numericable, ce qui lui permet d’offrir des débits jusqu’à 100 Mbps. Mais ce type de réseau n’est pas du tout présent en campagne.
ARCEP avant apres FTTC

Les fortes différences « avant-après » le FTTC.

Parmi le hertzien, et donc le sans fil, l’ARCEP liste les possibilités suivantes :
  • La boucle locale radio (BLR) : utilisée à toute petite échelle en France depuis plusieurs années, la BLR peut parfaitement être exploitée dans les milieux ruraux. Cela permet d’atteindre quelques Mbps sur de nombreux kilomètres, et donc faire office d’une sorte de haut débit. Le WiMAX est un bon exemple. Seul problème, et de taille, « le débit réel obtenu doit être divisé entre les différents utilisateurs qui partagent la même cellule » remarque judicieusement l’ARCEP. Dès lors, à moins d’être le seul internaute dans la région, les risques de saturation sont grands. L’Autorité note néanmoins que « des évolutions technologiques prochaines devraient permettre d’augmenter les débits disponibles sur le WiMAX ».
  • Les réseaux radioélectriques locaux (type Wi-Fi) : selon l’ARCEP, ces réseaux, à l’instar de la BLR, permettent d’atteindre des débits dignes du haut débit. Ils ont néanmoins pour défaut d’avoir une plus faible portée que le WiMAX et leur qualité est plus perfectible.
  • Le satellite : les réseaux satellitaires ont fortement évolué ces dernières années. Certains proposent même du triple-play par satellite, c’est pour dire. Leur point fort est bien entendu d’être disponible dans des coins reculés (en montagne notamment). Ils sont la solution parfaite pour les zones blanches du territoire. Malgré les évolutions récentes, les débits restent malgré tout limités, particulièrement les débits montants (upload). Sans compter qu’à l’instar des FAI dans certains pays (Belgique, Canada, etc.), les opérateurs limitent les transferts à un certain nombre de Go par mois. « Ces limitations semblent peu compatibles avec les pratiques et les services ayant la faveur des utilisateurs. »
Si le sujet vous intéresse, nous vous conseillons fortement de lire l’intégralité du document de l’ARCEP.