L'École des métiers du Web de Niel (Free) Simoncini (Meetic) et Granjon (Vente Privée) se précise

Reste à connaître la qualité de l'enseignement 74
Nil Sanyas
Ils l’avaient promis l’an passé, c’est désormais une réalité. Aujourd’hui, Xavier Niel, le fondateur d’Iliad (Free), Jacques-Antoine Granjon, le créateur de Vente-privee.com, et Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, ont en effet présenté ce matin leur « École Européenne des Métiers de l'Internet » (EEMI).

EEMI Ecole Internet

Cette fameuse école ouvrira ses portes à la rentrée prochaine au Palais Brongniart (Paris), et vise à créer une sorte "d’élite" de l’internet français, et pourquoi pas plus tard européen. L’inscription à cette école se limitera entre 100 et 250 élèves par promotion.

Les frais d’inscription ont de plus été revus à la baisse. Alors que l'on parlait de 9500 euros, finalement, 6500 euros seront demandés aux étudiants de la première promotion, grâce à une prise en charge de 3000 euros par les fondateurs de l'école.

15 bourses seront de plus allouées aux personnes ne disposant pas de revenus suffisants, et un partenariat avec des banques a été mis en place pour le financement de prêt d’études à taux réduits. Enfin, les trois fondateurs verseront chacun environ 500 000 euros afin de lancer le projet.

"On a du mal à recruter"

Interrogé par Paris Match en décembre dernier, Marc Simoncini a d’ailleurs tenu à préciser que « l’idée de notre école n’est pas de former une élite, mais des jeunes qui sortent avec des connaissances utiles pour prendre leur destin en main et trouver un travail dans l’industrie du Web ».

Simoncini explique d’ailleurs les raisons de l’ouverture de cette école : « Ce n’est pas que l’école forme mal, c’est qu’elle ne forme pas à tout ce qui vient d’être inventé sur le Web. Parce que le temps que les écoles intègrent ça, finalement les gens ont appris sur le tas. Or nous, on a souvent du mal à recruter. C’est même le plus grand écueil à la croissance de nos boîtes. » Un point de vue partagé ce matin par Xavier Niel : « On avait des besoins et on ne trouvait pas des gens pour y répondre ».

Le but est donc de former les jeunes bacheliers français aux nouveaux métiers de l’Internet, mais aussi de fournir aux entreprises françaises dans quelques années des étudiants mieux formés. Alors que des écoles (publics et privées), telles des facultés et les Hautes études des technologies de l'information et de la communication (HETIC) forment déjà des élèves aux métiers du Web, l’EEMI sera donc un choix supplémentaire pour ceux souhaitant se lancer dans le secteur. On pourra rajouter que l’école permettra aux trois co-fondateurs d’investir plus aisément dans les start-ups créées par les étudiants…

EEMI Palais Brongniart
Le Palais Brongniart, lieux de vie des futurs étudiants de l'EEMI (source)

Concrètement, le cursus se passe en trois petites années, une année de tronc commun, et deux années de spécialisation. Le programme de la première année est disponible sur le site de l’école et parle de 30 à 35 heures de cours par semaine. Trois axes principaux seront ainsi enseignés à partir de septembre prochain :
  1. Un enseignement général et environnemental
  2. Un enseignement spécifique lié à une spécialisation métier
  3. Un parcours d’intégration en entreprise avec des stages
Côté formations et donc métiers, on retrouve la liste suivante :
  • -- Gestion de projet --
  • Architecte d’information
  • Responsable MOA (Maitrise d’ouvrage Web)
  • Chef de projet - Etudes & Développement (MOE)
  • -- Programmation et développement multimédia --
  • Architecte Web
  • Développeur
  • Webmaster (Production Informatique)
  • Intégrateur
  • -- Web design et graphisme --
  • Web Designer
  • Illustrateur 3D (Motion Designer)
  • Flasheur
  • -- Communication et suivi web --
  • Community Manager / Animateur Blog
  • Analyste de Trafic / Web analyst
  • Expert en Sécurité Informatique
  • Juriste Internet
  • Responsable Help Desk - Service Relation Membre
  • -- Webmarketing et innovation --
  • Acheteur d'espace Web / Responsable Acquisition
  • Référenceur
  • Web marketeur / Responsable des ventes
  • Veilleur stratégique
L’EEMI n’est pas ouverte uniquement aux titulaires d’un baccalauréat S, mais aussi ES, L, STI et STG. Après la demande d’inscription, des « tests d’admission spécifiques (connaissances générales, logique et raisonnement, culture informatique) » seront indispensables avant la troisième étape, à savoir un entretien de motivation.

Notez que le site de l’EEMI précise qu’il est facile pour les étudiants d’obtenir des prêts, sachant que l’école assure aux étudiants des débouchés à l’issue de leur formation. Rentrer dans l’EEMI signifie donc travailler probablement plus tard pour Free, Meetic, Vente-Privée ou des partenaires.