Hadopi : SFR ne sait pas comment se fera la suspension sélective

Google.fr oui, Yahoo Mail non 87
Marc Rees
Nous l’avions soulevé : la phase finale de la Hadopi n’est pas la suspension de l’accès à internet comme on l'entend trop souvent. La suspension vise juridiquement « l’accès au service de communication au public en ligne », soit grosso modo le web. A contrario, cela interdit donc la suspension de la TV et de la téléphonie dans les offres triple play, mais également des autres services comme les correspondances privées (mail, webmail, skype, facebook, etc.).

franck esser sfr

Franck Esser, président directeur de SFR

Interrogée, la Hadopi s’était contentée de nous dire qu’il reviendra au juge de se pencher sur cette question.

Hier, lors d’une réunion presse avec SFR, nous avons à nouveau soulevé cette problématique. Une problématique qui montre que le pire ennemi d'Hadopi est bien Hadopi : Pierre-Alain Allemand, directeur général réseaux du groupe nous a ainsi avoué « ne pas avoir la moindre idée » sur la mise en œuvre de cette suspension ultra sélective. « Moi en tant que technicien, j’ai du mal à répondre à cette question », avouant que cette mise en œuvre ne sera « pas simple », puisqu'elle implique une analyse très fine des paquets au plus près de l'abonné. Hadopi voulant un traitement de masse à l'échelle d'un pays, on devine sans mal les prochaines difficultés et les coûts d'un tel traitement. 

En l'état actuel des discussions, les FAI n’auront cependant pas d’alternative : en phase « sanction » du processus Hadopi, le juge leur imposera de ne suspendre que ce service, ni plus, ni moins, et chaque FAI aura l’obligation de s’y astreindre. Et s’il bloque plus que ce que la justice lui demande ? L'abonné aura alors la possibilité d’attaquer son FAI pour une suspension trop importante, au -delà de ce que demandaient la loi et le juge.