Hadopi ? "Ridicule et criminelle" pour Jean-Luc Godard

Un nouveau soutien 110
Marc Rees
Dans le tout récent ouvrage de Juan Branco, Réponses à Hadopi, Jean-Luc Godard est interrogé à nouveau sur les débats Hadopi. « Étiez-vous intéressé par les débats sur Hadopi ? » demande Branco. Le cinéaste répond : « Je les ai un peu suivis dans les journaux. Ils me semblaient stupides. Je n’ai pas grand avis sur la loi Hadopi, qui est ridicule et criminelle. Internet, ils en font de toute façon ce qu’ils veulent. ». Un peu plus loin, Godard explique que selon lui, « le seul droit de l’auteur, c’est son devoir de créer. Pour le reste, je pense qu’il ne devrait pas y avoir de droits commerciaux, voisins…Ce sont des normes, une organisation sociale, que les gens acceptent ou non, jusqu’à un certain point seulement. »

film socialisme

Pour Godard, encore « comme la salle de cinéma, Internet n’est qu’un moyen de diffusion. Si quelqu’un veut l’oeuvre, qu’il la copie. J’ai été payé pour mon travail, ou je me suis débrouillé pour être payé pour mon travail. Si je n’ai pas été payé, c’est que je suis idiot, que j’ai travaillé pour rien. Pour le reste, ce n’est plus mon problème ».

Quant à la décision de diffuser « Film Socialisme », qu’il a réalisé, en VOD sur le web avant sa sortie en salles, Godard indique que la décision est venue de son distributeur, Wild Bunch. « Ils me donnent de l’argent, ou j’en trouve, je fais le film, je me débrouille pour être payé. Ensuite, le distributeur à tous les droits juridiques pour en faire ce qu’il veut. Cela ne me regarde plus, ne m’intéresse pas du tout. À la rigueur, suivant le film que je fais, s’il ne coûte pas trop cher, je pense qu’il pourrait être diffusé gratuitement sur Internet et dans une salle, simultanément. De cette façon, si le film est bon, il inspirera peut-être d’autres gens qui feront de bons films. Au final, avec ces films, le distributeur et le producteur gagneront quand même de l’argent ».