Salarié viré de TF1 : critiquer Hadopi, pas une opinion politique ?

Mais une opinion technique... 92
Marc Rees
Selon nos informations, le procès du salarié viré de TF1 pour avoir critiqué Hadopi a pris du retard, l’un des conseillers prudhommaux étant… de chez Bouygues. Le procès de Jérôme Bourreau-Guggenheim qui estime abusif son licenciement décidé par TF1 n’a donc pas débuté, l’audience étant reportée à ce début d’après-midi.

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De source proche, on a appris que deux arguments étaient opposés à cet ex salarié de TF1 : il n'y aurait pas de licenciement pour délit d’opinion politique et sa correspondance ne serait pas de nature privée.

Les contre-arguments seraient d’abord qu’il n’y aurait pas d’opinion politique dans l'email adressé par Jérôme Bourreau-Guggenheim. La raison ? L’absence de consensus à droite et à gauche, qui avaient une opinion partagée.

Le débat Hadopi serait ainsi un débat essentiellement technique, non politique. Autre chose, est contestée la nature privée du courrier adressé par Jérôme Bourreau-Guggenheim : écrire à son député ferait perdre à la correspondance sa nature privée, d’autant que JBG portait d’une certaine manière la voix de la première chaîne. Le courrier avait pourtant été rédigé la veille et envoyé depuis le téléphone de Jérôme Bourreau-Guggenheim à la députée Françoise de Panafieu entre 12h et 14 h.

Aujourd’hui se tient l’audience, mais le délibéré a peu de chance d’intervenir avant le 31 juillet. Au-delà, il faudra attendre la rentrée pour connaître le sort de ce dossier.

Dans un message sur son site, le Groupe TF1 affirmait le 7 mai 2009 avoir "toujours manifesté une position de soutien au projet de loi " Création et Internet " HADOPI pour mettre en place un système de réponse graduée contre le piratage". 

Sur Hadopi, la première chaîne avait été sanctionnée par le CSA "pour manquements à l’obligation de rigueur de l’information" dans la couverture du débat Hadopi. Lors du vote, de la loi Hadopi 1, la chaîne avait présenté en images un hémicycle bondé qui applaudit chaudement, alors qu'il n'y avait que 16 parlementaires présents ce jour-là. Un traitement révélé dans nos colonnes qui nous avait valu un savoureux moment signé Didier Porte sur France Inter.