Remise à plat d'Hadopi : l'Élysée dément, les ayants droit surpris

Allé Marcel (Béliveau), tu peux sortir 74
Nil Sanyas
Remettre à plat la loi Création et Internet (Hadopi) ? Voilà une idée de Nicolas Sarkozy qui ne plait pas à tout le monde. Les ayant droit semblent en tout cas circonspects face aux dernières remarques du président. David El Sayegh, le directeur général du SNEP, le Syndicat national de l'édition phonographique, s’est dit en tout cas « très surpris » par cette annonce.

nicolas sarkozy presseEl Sayegh, malgré cette surprise, n’a néanmoins pas montré d’inquiétude pour autant. Sa confiance envers le président semble forte, comme ses propos le prouvent : « Je ne pense pas que le président de la République, qui a toujours montré qu’il était du côté des créateurs, veuille abandonner le principe de protection de la propriété intellectuelle sur internet. »

Par ailleurs, le DG du SNEP a justement rappelé qu’un bilan d’Hadopi sera fait un an après les premiers avertissements envoyés, soit d’ici la fin de cette année. Or une modification d’Hadopi avant ce bilan n’aurait pas beaucoup de sens. El Sayegh a de plus jugé qu’Hadopi était un dispositif « adapté et proportionné ».

Hadopi n'est pas un problème, c'est la solution

Même son de cloche du côté de Jérôme Roger, le secrétaire général de la SPPF (Société des Producteurs de Phonogrammes en France) : « La réponse graduée ne fait peser aucune contrainte majeure sur le développement souhaitable de l’internet. (...) Tout le monde est conscient qu’un minimum de régulation s’impose pour faciliter le déploiement de l’offre légale. »

En somme, Hadopi est une bonne chose et une remise à plat est inutile.

Reste que la dernière envolée lyrique de Nicolas Sarkozy a surpris bien du monde. D’un côté, affirmer qu’Hadopi n’a « pas forcément été pensée en symbiose avec les acteurs du terrain » est un aveu d’échec, d’autant que les « acteurs du terrain » avaient pourtant tiré maintes fois la sonnette d’alarme. De l’autre, remettre à plat Hadopi, c’est se mettre à dos les représentants des ayants droit et certains artistes.

Déjà un démenti officiel

À moins que tout ceci ne soit qu’une mascarade et que le président n’a fait qu’adapter son discours à son auditoire (i.e les membres du CNN). Assurément, devant les représentants des ayants droit, des précisions plus en leur faveur seront données…

Un communiqué publié sur le site de l'Élysée a d'ailleurs déjà tenu à rectifier la nouvelle : le président « a clairement réaffirmé que les pouvoirs publics ne disposaient pas, à ce jour, d'un meilleur outil que l'Hadopi pour défendre le droit d'auteur sur Internet et par voie de conséquence la rémunération des créateurs et des industries culturelles. »

Des propos qui devraient calmer les ardeurs des anti-Hadopi, d'autant plus que le passage suivant enfonce le clou : « Ni le bien-fondé de l'action de l'Hadopi, ni la nécessité d'une lutte déterminée contre le piratage, n'ont donc été mis en doute par le président de la République qui n'a jamais fait état, contrairement aux termes employés par certains médias, d'une remise en cause de ce dispositif. Le chef de l'Etat a souligné tout au contraire son souci de faire partager la préoccupation de la France en ce domaine par ses partenaires du G8 à l'occasion du prochain sommet de Deauville. »

Un communiqué qui ravira les journalistes présents sur place, et notamment l'AFP.

Rappelons que la machine Hadopi est toujours en route, et que des lettres recommandées (la phase 2) ont déjà été envoyées. En attendant la troisième phase d’ici quelques mois.