Jeux vidéo buggés : « Ils se foutent royalement de nous »

Et on parle même pas des prix en France 283
Nil Sanyas
Il y a près de deux semaines, nous indiquions dans nos brèves que l’association de consommateurs UFC-Que Choisir s’attaquait aux jeux vidéo buggés. De nombreux témoignages ont ainsi déjà été reçus par l’UFC. Nous vous en livrons ici quelques-uns.

far cry 2 farcry ubisoftPlutôt éloigné des sujets de prédilection de l’association, ce thème est presque aussi ancien que l’histoire des jeux vidéo. Au début, et jusqu’aux années 80, les jeux vidéo étaient globalement simples à développer. Les bugs étaient donc rares. En cas de problème cependant, un patch pour arranger le tout était néanmoins rare.

Dans les années 90, avant qu’Internet ne se démocratise, les jeux sont devenus toujours plus complexes. Et les bugs ont commencé à se multiplier. Le sésame venait alors du fameux CD que l’on trouvait dans nos si chers magazines.

Durant les années 2000, la situation s’est véritablement dégradée, que ce soit du fait de la complexité extrême des jeux vidéo (et de leur budget digne d’un blockbuster), de l’installation massive d’Internet dans les foyers ou de la diversité des produits informatiques. Certains développeurs n’ont ainsi pas hésité à lancer des jeux complètement buggés et injouables, prétextant la sortie sur le Net du fameux patch sauveur quelques jours après leur sortie officielle

Des bugs de sauvegardes catastrophiques

Aujourd’hui, un bug ne se contente pas de mal afficher le décor ou de bloquer un personnage dans un angle improbable. Il arrive tout simplement qu’il soit impossible de finir le jeu.

Nicolas a par exemple contacté l’association pour se plaindre de deux jeux du Français Ubisoft, à savoir Far Cry 2 (sur Xbox 360) et Morrowind (sur Xbox), et Fable 2 (sur Xbox 360) édité par Microsoft.

Le premier selon Nicolas aurait une « corruption de sauvegarde entrainant la perte de la progression de jeu et obligeant à le recommencer du début ». Un bug confirmé par Ubisoft, et qui a finalement été en partie résolu par un patch arrivé néanmoins de nombreux mois après la sortie du jeu.

Concernant Morrowind, là encore, impossible de finir le jeu : « Bug rendant inaccessible un lieu du jeu essentiel afin de finir le jeu ». Sauf qu’il s’agit là du jeu sur Xbox, et non sa version 360. Une mise à jour est ainsi bien moins aisée sur cette console. Cela « a nécessité plusieurs mois pour procéder à un échange par courrier directement auprès de l'éditeur » s’est ainsi plaint Nicolas.

Forcé de recommencer le jeu...

Enfin, toujours dans la catégorie « il est impossible de finir le jeu à cause d'un sale bug », Fable 2 n’est pas en reste. Nicolas a ainsi pointé du doigt une « corruption de sauvegarde empêchant la poursuite du jeu et obligeant à le recommencer du début ». La faute à une « incompatibilité avec un DLC (DownLoadable Content, contenu téléchargeable, ndlr) vendu avant la sortie du jeu ». Le patch sauveur est finalement arrivé six mois plus tard. « D'autres bugs empêchaient la progression et ont aussi mis 1 ou 2 mois à être réparés sur ce jeu » indique Nicolas.

Ces trois exemples montrent surtout une réactivité plutôt lente des développeurs. Plusieurs mois d’attente, parfois près d’un an, sont ainsi indispensables pour voir son jeu pleinement fonctionnel. Néanmoins, un patch est au final sorti. D’autres lecteurs de l’UFC-Que Choisir n’ont pas eu cette chance. Certains se sont ainsi plaints de ne voir toujours aucune mise à jour pour leur si cher jeu, plusieurs mois après leur sortie…

« Le jeu reste dans sa boîte en attendant... »

Pour d’autres, c’est bien simple, le jeu est tellement buggé qu’ils ne peuvent pas y jouer. Le vendre ou attendre patiemment la sortie d’une mise à jour sont ainsi les seules solutions. C’est le cas de Sébastien, qui a tout récemment jeté son dévolu sur Shift 2 Unleashed (Electronic Arts) :

« Toujours aucun correctif pour le moment à la date du 17/04/2011. Le jeu est rempli de bug autant du point de vue graphique que du gameplay. Je l'ai acheté 70 euros à sa sortie car je l’attendais avec impatience. Et pour le moment, le jeu reste dans sa boîte en attendant qu'il fonctionne correctement. »

« Ils se foutent royalement de nous »

Ce même Sébastien s’est d’ailleurs plaint d’un autre problème de taille : les jeux dont les patchs ne résolvent pas tous les problèmes. C’est le cas de Test Drive Unlimited 2 (Atari), dont la mise à jour a pris un bon mois pour sortir, sans pour autant rendre le jeu parfaitement fonctionnel. Non seulement avant le patch, la partie multijoueur (essentielle) était buggée de partout selon Sébastien, mais même après la mise à jour, tous les problèmes n’étaient toujours pas résolus.

« Le jeu n'est toujours pas fonctionnel à 100 % à ce jour. De nombreux bug sont encore présents. On débourse en général 60 à 70 euros pour des jeux qui ne sont pas finis. Nous payons pour servir de testeurs à ces messieurs fortunés, qui se foutent royalement de nous en agissant de la sorte. C'est comme si vous achetiez un FERRARI et qu'en partant le vendeur vous dit, de faire attention car, il y a encore un problème avec les amortisseurs et que le volant tourne mal. »

Les jeux mal optimisés

Enfin, outre les nombreux témoignages des jeux impossibles à finir et patchés après Mathusalem, d’autres ont mis à l’index les jeux mal optimisés et connaissant des ralentissements, même sur une machine puissante. C’est notamment le cas des portages sur PC des jeux initialement développés pour console (ou vice-versa).

Un lecteur de l’UFC pointe le cas de GTA : Episodes From Liberty City, « et de son optimisation médiocre ». Ainsi, selon lui, « même avec une machine très puissante le jeu se livre à une très mauvaise gestion de la mémoire, un frame rate très faible et des plantages plus que fréquents ».

Sur le dernier point, malgré l’installation de deux patchs sortis, ce joueur avoue ne toujours pas arriver « à dépasser la 2ème mission dans les deux DLC ». Cette personne montre d’ailleurs son étonnement quant aux nombreux problèmes touchant ce jeu, alors GTA IV, qui a servi de base à cette extension, « fonctionne plutôt bien sur les machines adéquates ».

Sa conclusion est en tout cas aussi sévère que celle de Sébastien : « Merci de nous aider à témoigner sur ces bugs relevant de l'escroquerie, vu le budget claqué dans la configuration PC et l'achat du jeu. »