Licences 4G : Xavier Niel veut reporter les attributions

3GPP LTE Advanced 4GL'appel d'offres pour les licences 4G approche à grands pas. Selon l’ARCEP, l’autorité de régulation des télécoms, l’appel d’offres devrait se lancer dès le mois de mai prochain, pour une attribution des licences dans les bandes 800 MHz et 2,6 GHz, nécessaires pour déployer un réseau LTE (4G), avant la fin de l’année. Une nouvelle qui n'est pas forcément du goût de Xavier Niel, le fondateur d’Iliad et de Free Mobile, qui souhaite un report et une nouvelle réflexion sur les licences 4G.

Selon Les Échos, le prix de réserve n’a pas encore été fixé. S’il est trop élevé, seuls Orange et SFR pourront s’aligner. Il faudra donc trouver un prix de réserve assez bas, mais pas trop non plus, car l’État compte bien amasser quelques milliards dans ses caisses rapidement. On parle ainsi de deux milliards d’euros.

Pour Xavier Niel, il est inutile de se presser

Éric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, en charge du dossier des licences 4G, a ainsi reçu la semaine dernière une lettre du fondateur d’Iliad. Ce dernier n’a pas caché sa crainte « d'assister à une préemption du spectre par les opérateurs les plus riches » note Les Échos, qui a pu se procurer la fameuse missive.

Xavier Niel s’en prend particulièrement aux objectifs poursuivis par la procédure, à savoir :
  • un niveau élevé de couverture du territoire en très haut débit mobile
  • la valorisation du domaine public des fréquences
  • la dynamique concurrentielle
Or pour Niel, le troisième point, portant sur la concurrence, n’est pas assez valorisé, au contraire des deux premiers points. Cela signifie que le marché de la 4G pourrait compter seulement deux ou trois concurrents (alors qu’il y a de la place pour quatre).

Surtout, comme l’a déjà dénoncé Martin Bouygues, il y aura dès le départ des différences entre les opérateurs. En effet, Éric Besson, il y a quelques mois, affirmait que les fréquences seront probablement divisées en quatre blocs. « J'ai dit qu'il y aurait quatre lots, deux de cinq mégahertz et deux de dix mégahertz. »

Deux opérateurs seront donc moins bien lotis que les autres dans cette configuration. Tout du moins si chaque opérateur dispose de son propre lot. Car rien n’empêche Orange par exemple d’emporter un lot à 10 MHz, et un autre de 5 MHz…

Niel veut des garanties

Face à cette situation, Niel demande ainsi au gouvernement de « garantir un accès au spectre à au moins quatre opérateurs », ainsi que de « baisser significativement les plafonds » des fréquences qu’un opérateur peut obtenir. Deux revendications qui empêcheraient une mainmise d’un ou deux opérateurs sur toutes les fréquences, et qui imposerait une concurrence à quatre.

Mais si ces requêtes peuvent paraître légitimes, on peut néanmoins se poser des questions sur les raisons de Xavier Niel de vouloir reporter les attributions des licences 4G. En effet, alors que la France accuse pourtant déjà un retard sur certains pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, Niel juge qu’ « il n'y a pas d'urgence à attribuer ce spectre ».

Est-ce une question d’argent ? La lettre n’utilise pas cet argument, et met plutôt en avant les problèmes entre les fréquences 4G et la TNT. De nombreux citoyens français pourraient en effet voir leur réception TNT perturbée par le réseau LTE.

La 4G attendra, la 3G n'est pas vieillissante

Concernant l’urgence de la 4G, Niel n’est cependant pas seul. Pierre-Alain Allemand, le directeur général réseaux de SFR, a ainsi récemment confirmé que SFR fera fructifier encore pendant plusieurs années son réseau 3G. Sous-entendant à demi-mot que la 4G ne sera pas exploitée avant un bon moment… Et ce n'est pas la constante augmentation des débits de son réseau 3G qui poussera SFR à déployer la 4G.

Concernant la couverture du territoire, le fondateur d’Iliad milite plutôt pour une obligation d’une mutualisation des investissements dans les campagnes, ce qui permettrait de réduire les coûts et d’assurer une couverture plus rapide.

Pour mémoire, Free Mobile ne compte pas se contenter du tiers de licence 3G qu’il dispose. Le futur opérateur, qui devrait lancer ses offres mobiles au début de l’année prochaine, a, par la voix de Maxime Lombardini (le directeur général d’Iliad), confirmé son souhait d’obtenir une licence 4G lors d’une interview accordée à BFM Radio.

« On sera vraisemblablement candidat, puisqu’on a besoin de fréquences si on veut croître sur la durée » expliquait-il le mois dernier. « On n’en a pas besoin pour démarrer, mais dans la durée oui. (…) On ne connaît pas encore le détail des termes de l’appel à candidature, mais c’est important que tous les opérateurs mobiles puissent avoir accès à ces fréquences. Sans quoi il va y avoir une forme de retour en arrière qui n’est pas souhaitable. »

Pour revenir à la non « urgence » de la 4G, Lombardini a en tout cas tenu des propos très proches de ceux de Xavier Niel et de Pierre-Alain Allemand. Il a notamment expliqué que le déploiement ne se transformera pas en services commerciaux 4G tout de suite. « On parle de quelque chose qui viendra dans plusieurs années. »

À en écouter les opérateurs mobiles français, la 3G a donc de beaux jours devant elle, et la 4G peut hiberner encore longtemps.

Reste à savoir si la lettre de Xavier Niel sera suivie d’effet. Réponse le mois prochain.

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