(MàJ) Frédéric Lefebvre plus doué au copier-coller qu'à la frappe ?

Snut, Slate, Wikipedia, AFP... 239
Marc Rees
Mise à jour 25 mars 2011 :  Dans un article, nos confères suisses du Courrier.ch (eux aussi "pompés") rappellent que "le journal est publié sur internet avec une licence Creative Commons, qui permet à tout un chacun de reproduire, distribuer et communiquer un article – ceci pour autant qu'il cite sa source et n'utilise pas les textes à des fins commerciales. Aussi, il est interdit de modifier, transformer ou adapter l'oeuvre. Le politicien contrevient à toutes les conditions, puisqu'il ne cite pas sa source, utilise le matériel à des fins commerciales tout en l'adaptant parfois".

Joint à Paris, l’éditeur principal du Cherche Midi Philippe Héraclés a confié à ce même Courrier.Ch qui accuse Lefebvre de plagiat : «C’est certes embêtant mais en aucun cas du plagiat. Il est clair à la lecture du livre que les quelques passages en question sont des citations extérieures. L’absence de sources est sans doute un oubli du correcteur..

Première diffusion 24 mars 2011
Pour la promotion de son ouvrage, Le Mieux est l'ami du bien, aux éditions du Cherche-Midi, Frédéric Lefebvre a annoncé sur son compte Twitter la mise en ligne de son site dédié.

frederic lefebvre hadodpi

Là, un nouveau Frédéric se découvre à nous : « Il y a des moments privilégiés dans la vie, des moments que l’on n’a pas nécessairement choisis, des moments qui vous permettent de vous adresser à ceux pour qui vous vous êtes engagés depuis votre plus tendre jeunesse : c’est un de ces moments rares, précieux, que la vie a mis sur ma route. Un moment qui m’a permis d’écrire ce livre pour les Français», peut-on lire, non sans émotion.

De précieuses secondes dans la vie d'un homme

Cette prose est accompagnée d’une vidéo où l’intéressé, souvent considéré comme porte-flingue de l’UMP apparaît sous un visage nouveau : musique classique, ambiance feutrée, sourire, attention, délicatesse... Et un gros plan sur les tranches des livres de sa bibliothèque, car Frédéric ne fait pas que tirer, il sait lire : Jean Zay, Kissinger et de nombreux ouvrages sur Nicolas Sarkozy.

Au passage on découvre une belle Stratocaster rouge et un poster de Gainsbourg…



...Et surtout une sacrée vitesse de frappe au clavier qui nous avait faite sourire sur Twitter : 8,6 secondes pour tapoter « mieux est l’ami du bien ». Ce qui exige grosso modo une vie pour tapoter un ouvrage. Autre problème : « Ce livre, je tiens à le souligner, fait 522 pages. Plus de 800000 signes. C’est considérable. Il l’a écrit seul. » explique son éditeur sur son blog.

Repompe de Wikipedia, Parisrivegauchimmobilier, l’AFP, Le Courrier.ch

Heureusement, notre confrère Vincent Glad a trouvé une piste explicative puisqu’il a repéré plusieurs copier-coller dans le livre à partir de Wikipedia (pour l'origine du surnom Teddy Bear donné à Roosevelt et ACTA…), Parisrivegauchimmobilier, l’AFP, Le Courrier.CH (cliquer sur la flèche, en haut, pour faire défiler)

wikipedia roosevelt lefebvre wikipedia roosevelt lefebvre
A droite l'original, à gauche, aussi

wikipedia acta lefebvre
Les pages dédiées à ACTA, l'accord anti-contrefaçon


wikipedia acta lefebvre wikipedia acta lefebvre
Quelques sources d'inspiration...



Son éditeur a d'ores et déjà prévu de corriger ces oublis :  "le Livre « Le mieux est l’ami du bien » est un ouvrage de réflexion personnelle de Frédéric Lefebvre, qui est nourri d’anecdotes, d’analyses, d’hommes politiques, d’écrivains, de journalistes ou d’homme de la rue, ainsi que d’explications techniques, que Frédéric Lefebvre cite et dont il donne les sources explicitement. Sur les 500 pages du livre, quelques références n’ont pas été intégrées. Ces références seront bien évidemment réintégrées lors de la réimpression du livre. "

Une réponse graduée contre le multirécidivisme ?


Frédéric Lefebvre avait déjà été pris la main dans le sac avec des dessins de Snut publiés dans nos colonnes et repompés sans politesse ni droit par l’intéressé pour alimenter son site. Sa collaboratrice nous avait alors dit être très ennuyée par l’épisode et qu’« il ne s’agissait pas de vous indisposer ou de vous déranger ».

Lefebvre avait récidivé ensuite avec Slate.fr dont il avait aspiré sans rougir un article toujours pour gorger son site de contenus frais. Mis en cause, il s’était abrité fragilement derrière le code de la propriété intellectuelle. Celui-là même que Lefebvre souhaite davantage muscler pour chasser du net, pirates et autres flibustiers.