Twitter veut faire le ménage dans les clients logiciels tiers

twitterLe service de microblogging Twitter fait souvent parler de lui, que ce soit pour son aspect informatif, ou plus récemment pour sa valeur estimée d’environ huit milliards de dollars, une valeur qui fait craindre d’ailleurs la formation d’une nouvelle bulle Internet. La société vient de lacher un énorme pavé dans la marre en s’attaquant frontalement à l’une des problématiques entourant le service : la multiplication des clients logiciels.

La fragmentation de l'expérience utilisateur

Ryan Server, qui dirige l’équipe de développement API chez Twitter, est venu expliquer l’opinion de l’entreprise sur un groupe de discussion Google. Il dresse un rapide état des lieux en précisant que l’utilisation de Twitter a explosé, en passant de 48 à 140 millions de tweets postés chaque jour, et que l’écosystème est devenu plus que significatif, avec des opportunités pour tout le monde de se démarquer.

Mais Sarver fait la réflexion suivante : « Avec un nombre plus important de personnes rejoignant Twitter et y accédant de multiples manières, une expérience utilisateur consistante est plus cruciale que jamais ». Il explique alors que le rachat du client Tweetie sur Mac OS X et les travaux qui y ont été faits allaient dans cette optique : proposer un client officiel. La même démarche a été faite pour iOS, Windows Phone 7, Android, la société ayant également travaillé avec RIM sur leur application Twitter.

Quand bien même il existe un nombre croissant de clients Twitter, une recherche montre que les utilisateurs seraient un peu perdus dans les différentes expériences utilisateurs qui sont proposées :

« Et pourtant, notre recherche sur les utilisateurs indique qu’ils continuent à être embrouillés par les différentes manières dont un écosystème fracturé de clients Twitter tiers affiche les tweets et laisse les utilisateurs interagir avec les fonctionnalités principales. Par exemple, les gens s’embrouillent avec les sites web et les clients qui affichent les tweets d’une manière qui ne suit pas nos directives de conception, ou quand les services placent leurs propres noms de fonctionnalités sur les tweets, plutôt que ceux de Twitter. En outre, un certain nombre de clients tiers utilisent leurs propres versions des utilisateurs suggérés, des tendances, et d’autres flux de données, embrouillant encore un peu plus les utilisateurs de notre réseau. »

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À gauche, le client officiel pour Mac OS X, à droite, le client Twitterrific 4.0

Durcir le ton

Il y a donc pour Twitter un problème conséquent de cohérence, les manipulations de base n’étant pas les mêmes d’un client à un autre. La société rappelle donc à l’ordre l’ensemble des développeurs impliqués dans l’écosystème des clients :
  • L’expérience de base sera offerte par Twitter, via des applications officielles, même si celles-ci ne concernent pas encore toutes les plateformes (notamment Windows). Parallèlement, un grand ménage va être fait dans les applications tierces, avec des refus plus systématiques des clients qui violent les conditions d’utilisation du service. Ces dernières ont d’ailleurs été mises à jour.
  • La vérification plus poussée du respect du comportement de base d’une application, en reprenant les bons noms de fonctionnalité par exemple. Pas question de remplacer Reply et Retweet par Comment et Like par exemple.
D’un autre côté, Twitter va devoir prendre les choses en main pour répondre aux demandes des développeurs qui, s’ils savent davantage ce qu’ils ne doivent pas faire, ne sont pas forcément plus renseignés sur ce qu’ils peuvent réellement faire. Une question récurrente est du coup de savoir s’il est recommandé de s’appuyer sur les clients officiels pour reprendre l’expérience utilisateur qui y est donnée, ce à quoi Twitter répond non.

Twitter reconnaît que le but de ces décisions est d’enfoncer le clou face à une situation qui s’est déjà améliorée, puisque 90 % des utilisateurs passent par le service ou les applications officielles. Aux développeurs tiers de se montrer originaux, sans pour autant s’éloigner trop des directives de conception. Un équilibre fragile qu’ils apprécieront sans doute, d’autant que beaucoup ont déjà été épinglés pour leur manque de respect de ces directives, notamment le très connu TweetDeck.

Pour l’éditeur, il ne faut pas non plus oublier que l’originalité des développeurs tiers n’est pas obligatoirement concentrée dans les clients d’accès à Twitter. De nombreux outils ont été créés qui n’ont pas forcément de rapport direct avec l’utilisateur. Ryan Sarver cite les outils de publication, la curation (qui consiste à trouver, regrouper et trier le contenu le plus pertinent sur un sujet), les signaux de données en temps réel, le CRM social, l’utilisation professionnelle pour accompagner une marque ou encore les expériences verticales, type Foursquare et Instagram.

D’après Twitter, 750 000 applications enregistrées constitueraient l’écosystème tiers actuellement. Une expérience trop fragmentée donc, à cause des libertés prises par les développeurs tiers. La société est donc décidée à faire le ménage et à revenir à une situation plus propre où les directives seront respectées, par la « force » si nécessaire. 

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