Le bouton J'aime de Facebook se cache là où on ne l'attend pas

Et c'est pas DTC... mais pas loin 224
Nil Sanyas
Suite au succès planétaire de Facebook, certains sites ont trouvé un moyen assez original de se faire de la publicité gratuite à l’insu de leurs utilisateurs : intégrer un bouton « j’aime » (like) à la place d’un autre bouton (lecture/play par exemple). L’internaute n’y voit ainsi que du feu et publie sans le savoir sur son mur Facebook le contenu du site, assurant à ce dernier une visibilité exceptionnelle.. pour pas un sou.

Révélée par Djivan Minassian de MyCommunityManager.fr, l’astuce est notamment utilisée par le site Cdrole.fr, qui porte bien mal son nom dans le cas présent. Sur ce site, lancer une vidéo publie instantanément sur votre mur Facebook un lien et un résumé de la vidéo en question. Tout du moins si vous avez un compte Facebook et si vous y êtes connectés.

Notez que le site précise tout de même en bas de page que « le bouton lecture de nos vidéos est un bouton facebook "j'aime" en plus d'être un bouton play ». Cependant, le site peut évidemment jouer sur l'effet de surprise, et espérer que peu de visiteurs soient attentifs à ces mentions en bas d'écran.

Nous avons testé Cdrole.fr, et le résultat est sans appel : la formidablement drôle vidéo « Une femme complètement bourrée lors d’un jeu TV » a été publiée sur le mur de votre serviteur immédiatement après avoir cliqué sur le bouton « play ». Ceci avant même d’avoir visionné la vidéo, et surtout, sans nous avertir aucunement ! (excepté le message en bas de page)

Cdrole parasitage Facebook

Il est bien entendu possible de retirer cette vidéo du mur Facebook, que ce soit via l’option « Supprimer » ou « Signaler comme indésirable ».

Notez que cette technique fonctionne plusieurs fois. Ainsi, si vous visionnez 10 vidéos sur ce site, votre mur Facebook sera envahi par ces vidéos. Et vos amis pourront ainsi remarquer vos goûts en matière de vidéos…

Et si Youporn en faisait de même ?

Cependant, si les vidéos de Cdrole.fr ne sont pas bien méchantes, on peut néanmoins se poser des questions sur les conséquences que cela pourrait avoir si la technique était utilisée par un site pornographique, et ne parlons pas d’un site terroriste, néo-nazi ou pédophile. Le contenu (vidéo, audio ou même texte, peu importe) se retrouverait alors sur le mur de la « victime », à la grande surprise de ses amis, de sa famille, de ses contacts professionnels et même de ses patrons…

« Pour voir la supercherie, il suffit de regarder un peu le code et voir que les boutons Facebook ont été cachés sur le faux lecteur de vidéo » explique Djivan Minassian. « En utilisant les propriétés CSS visibility:hidden et opacity:0, on ne voit rien mais le bouton (transparent) est bien là. En utilisant le plugin Firebug, on peut rendre tous les boutons visibles et regardez sur quoi vous avez cliqué : »

Technique parasitage Jaime Facebook 

Les boutons cachés peuvent être partout

Djivan remarque cependant que cette technique n’est pas unique. D’autres sites, toujours dans le domaine de la vidéo, vous forcent ainsi à cliquer sur des boutons anti-robot (ou anti-spam), alors que derrière se cachent des boutons « J’aime » et « Partage de vidéo » de Facebook.

D’autres enfin vous demandent votre âge afin de savoir si vous avez l’âge suffisant pour visionner une vidéo assez osée ou violente. Et derrière cette fausse demande de date de naissance, se cache, vous l’aurez deviné, un beau bouton Facebook.