Pédopornographie : les autorités US confirment le surblocage

De sites innoncents... 29
Marc Rees
Les autorités américaines ont reconnu le surblocage intervenu accidentellement dans l’opération ciblant 10 sites internet diffusant des contenus pédopornographiques. Durant cette intervention menée par les agents de l’ICE Homeland Security, « un nom de domaine de niveau supérieur et les sites qui lui étaient liés ont été par inadvertance impactés durant une certaine période » a admis un porte-parole des douanes américaines à InformationWeek, ajoutant que les sites furent reconnectés dès que possible. En tout, 84 000 domaines furent les victimes de cette mesure disproportionnée.

Pendant plusieurs heures, ces sites ont donc été privés de net. Plus grave, souligne l’EFF, la page d’accueil de ces sites pourtant parfaitement licites a été remplacée par une note indiquant aux visiteurs que du trafic pédopornographique avait été trouvé sur leurs serveurs. Ce qui est faux et génère, on le comprend, un délicat problème de réputation pour les sites victimes de cette fausse accusation.

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L’Electronic Frontier Foundation estime pour le coup que compte tenu de ces dommages collatéraux touchant à la liberté d’expression « ce n'est pas le moment de donner aux agents du gouvernement de nouveaux moyens qui interfèrent avec le système des noms de domaines ». Depuis plusieurs semaines, les autorités américaines utilisent ce levier pour lutter contre les contenus qu’ils jugent illicites. Ces mesures de redirection ont surtout visé des sites diffusant des contenus sans autorisation, depuis l’étranger.

Hasard du calendrier, la LOPPSI, actuellement examinée par le Conseil constitutionnel, prévoit qu’une autorité administrative aura la possibilité de juger et décider la mise en place d’un blocage d’accès contre les contenus pédopornographiques. Sourd à la décision du Conseil constitutionnel sur Hadopi 1, le rapporteur Éric Ciotti, rejoint par le ministre de l'Intérieur, a plusieurs fois estimé que l’intervention préalable du juge n’était pas nécessaire, la liberté d’expression ou de communication n’étant pas menacée. Selon lui.