Didier Lombard (FT-Orange) partira fin février sans indemnité

Didier Lombard France Telecom OrangeDidier Lombard, ancien PDG de France Télécom (Orange), remplacé en mars 2010 par Stéphane Richard et actuellement président non exécutif du groupe, a annoncé son départ anticipé lors d’une interview accordée à La Tribune. Il a de plus expliqué en partie son après-FT : l’aide aux entrepreneurs et aux start-ups.

Outre ces nouvelles, Lombard en a profité pour aborder des sujets chers à Orange, à savoir la neutralité du Net, la saturation des réseaux, et surtout l’importance grandissante des sites américains dans le trafic.

« Un vrai risque d'engorgement de l'Internet »

Ainsi, pour Didier Lombard , il y a « un vrai risque d'engorgement de l'Internet ». Et cela pourrait même arriver très rapidement : « le risque d'un effondrement généralisé des réseaux est réel à un horizon de trois à cinq ans » annonce-t-il.

Des propos qui peuvent paraître pessimistes et alarmants, mais Lombard laisse entendre que les opérateurs n’investiront pas massivement dans les réseaux tant qu’il n’y aura pas une meilleure visibilité sur la régulation des réseaux.

« C'est au niveau européen que cela doit se décider » explique-t-il. Or « l'Europe, handicapée par sa structure à vingt-sept régulateurs, n'a pas pris la mesure de l'investissement nécessaire. Il est urgent que Bruxelles donne un cap et s'y tienne. »

L’ex-PDG est cependant revenu sur l’un de ses sujets préférés : les méchants ogres étrangers (surtout américains) qui mangent le bon réseau des Français. « Sur nos autoroutes de l'information, force est de constater que la majorité des véhicules sont des voitures américaines » (voir cette idée clonée ici).

Lombard argumente alors en affirmant que Google, du fait de l’explosion de Youtube, est passé de 2007 à aujourd’hui de 1 à 7 % du trafic sur Internet. Et il est certain que d’autres sociétés (le groupe Mega, Facebook, etc.) sont dans la même situation. « Il faut absolument faire quelque chose » assène-t-il, sans préciser quoi faire. Une taxe sur ces sociétés semble être l’idée la plus crédible, mais Lombard n’aborde pas le sujet.

Aucune indemnité de départ

Enfin, concernant son départ et son futur travail, Lombard explique qu’il remettra son mandat lors de la prochaine réunion du Conseil d'administration de FT le 23 février 2011, soit quatre mois avant la date prévue. « Je n'ai pas à recevoir d'indemnités de départ en cette circonstance » précise-t-il, ce qui devrait combler de nombreux employés de France Télécom…

Quant au futur, il consistera pour Lombard à apporter du savoir-faire aux nouveaux entrepreneurs français. Plusieurs partenaires devraient se joindre à son projet, qu’ils soient français (dont FT lui-même) ou même étrangers.

« L'ensemble de ce dispositif doit pouvoir sécuriser les projets d'entrepreneurs. L'expansion de la nouvelle société numérique sera en effet très rapide. France Telecom doit donc pouvoir être un des acteurs majeurs de ce développement. »

L’avis du syndicat d’Orange sur le départ de Didier Lombard

La CFE-CGC/UNSA France Télécom-Orange a immédiatement réagi à cette annonce. Et le syndicat n'y va pas avec le dos de la cuiller. Pour lui, Didier Lombard a laissé « un héritage calamiteux » au sein de France Télécom

Jugeant « indispensable » le départ de Lombard afin de reconstruire la confiance du personnel de la société, le syndicat dresse le bilan de l'ex-PDG : 
  • 30 000 suppressions d’emploi (un emploi sur 4) en 5 ans
  • une entreprise traumatisée par une crise sociale sans précédent dans l’histoire de France
  • un chiffre d’affaires qui a stagné à 49 milliards d’euros entre 2005 et 2010
  • un recul de la 3e place à la 8 ou 9e place des opérateurs mondiaux
  • plus d’un milliard d’euros de pertes cumulées dans les activités contenus (TV, cinéma, jeux, etc.)
  • une action qui a baissé de plus de 30% depuis son arrivée (24 euros en février 2005, 16,2 euros actuellement)
  • un dividende qui a progressé de près de 200 % de 0,48 (dividendes 2004) à 1,40 euros
  • une destruction de la filière télécom par le choix de constructeurs chinois au détriment d’Alcatel, Sagem ou Thomson…
Le syndicat profite d'ailleurs de la nouvelle pour tacler l’État. Ce dernier, encore actionnaire de France Télécom-Orange, semble « plus préoccupé par le montant des dividendes que l’intérêt général ». Pour la CFE-CGC/UNSA, l’État a « le comportement d’un actionnaire irresponsable » qui ne fait qu'entraver la bonne marche de la société.

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