L'architecte d'Hadopi, conseiller culturel de Nicolas Sarkozy

Le nouvel An 1 d'Henrard 47
Marc Rees
Olivier Henrard s’apprête à rejoindre l’Élysée comme conseiller aux affaires culturelles. Une nomination, révélée par Le Point et le JDD, qui n’est pas hasardeuse.

Christine Albanel Henrard Karoutchi
Olivier Henrard (en haut à gauche)

L’intéressé fut l’architecte d’Hadopi 1 et de la rustine Hadopi 2. Et l’arrivée de ce juriste auprès du Président de la République intervient alors que Nicolas Sarkozy a annoncé voilà peu l’arrivée d’une loi Hadopi 3 « plus adaptée ». Autant dire que le dossier devrait lui revenir entre ses mains, tout en échappant à celles de la Rue de Valois.

Le parcours chaotique d’Hadopi 1, dont le cinglant désaveu devant le Conseil constitutionnel pour de multiples violations à la Déclaration des droits de l’homme, n’aura donc pas entaché la nommination d’Henrard.

Henrard avait quitté le ministère de la Culture en janvier 2010, après une « homérique bataille de bureaux » pour reprendre l’expression du Point.

Les logiciels de sécurisation et l'intérêt des internautes

Ce nouveau conseiller culturel de Nicolas Sarkozy, dont on retrouve le nom dans un câble de Wikileaks,  a des idées bien arrêtées sur le filtrage (liaison entre un logiciel et un système déclaratif des oeuvres) ou sur les outils de sécurisation.

En juin 2008, nous l’avions interrogé depuis la Rue de Valois justement. « à partir du moment où les internautes vont avoir intérêt à installer ce genre de dispositif où il existera donc une demande solvable, les FAI vont alors développer une offre dans ce domaine. Il faudra prévoir, dès lors qu’il s’agit de fournir aux abonnés un moyen de s’exonérer de leur responsabilité, un dispositif qui permet de certifier à l’Hadopi qu’à tel ou tel moment, ce dispositif était utilisé ».

L'incitation des internautres pour se couvrir face aux aléas

Sur la situation des abonnés, Olivier Henrard nous répondait : « On crée une incitation et chacun se détermine en fonction de ses obligations. Il y a des aléas dont on veut se protéger et si on est un tout petit peu rationnel, il est évident qu’on va demander à son FAI l’utilisation d’un tel dispositif. »

Deux ans plus tard, l’Hadopi s’apprête à finaliser la labellisation des outils de sécurisation, suite à la publication du décret sur ce processus, et l'arrivée prochaine des conclusions Riguidel. Et les ayants droit rêvent d’implanter des dispositifs de filtrage dans les moyens de sécurisation que les abonnés réclameront de leur FAI…

Liste blanche et WiFi

On rappellera que sa fiche sur Wikipedia avait subi de curieuses modifications depuis une adresse rattachée au ministère de la Culture (proxy-valois.culture.fr.) un vendredi soir après 22h. Ce passage avait sauté, avant d’être réintégrés par un autre contributeur : « [Olivier Henrard] s'est également engagé en faveur d'un filtrage par liste blanche d'Internet en France pour les accès Wi-Fi publics- comprendre que les sites internet seraient filtrés a priori, et que seuls ceux faisant partie de cette liste seraient visibles. Cette position du ministère est également très controversée. »