Vol d'informations chez Apple et AMD : quatre personnes arrêtées

Si vous vous demandez comment certaines rumeurs se retrouvent à se balader sur la toile et dans les journaux en général, la réponse se situe souvent au sein des entreprises concernées. Des employés ou des tiers impliqués d’une manière ou d’une autre ont vent d’une information, puis en font « cadeau » à un journaliste ou, dans le côté obscur, à une autre société. Et justement, quatre personnes viennent d’être arrêtées par le FBI pour avoir procédé à des vols d’informations chez plusieurs ténors du secteur technologique.

wall street

Apple et AMD, parmi d'autres

L’agence Reuters révèle ainsi que c’est tout un réseau corrompu qui a fait du vol d’informations une entreprise. Apple, que l’on sait être totalement paranoïaque en regard de ses produits et technologies, aurait été touchée. Ainsi, des informations seraient sorties de l’entreprise au sujet de l’iPad avant sa commercialisation. On se rappellera en effet que des données étonnamment précises avaient été révélées sur la tablette, ce qui était inhabituel dans le cas de la firme de Cupertino.

Reuters pointe que l’ensemble de la chasse aux voleurs se fait dans le cadre des retombées de la crise financière qui a débuté en 2008. Le département américain de la justice cherche donc à régler plus efficacement l’ensemble des crimes liés à Wall Street. Or, le vol d’informations et de secrets professionnels constitue bien sûr l’un de ces crimes. Mais si ce type d’exaction à l’encontre d’Apple résonne particulièrement à cause de sa politique du secret, d’autres sociétés ont été touchées.

En effet, sur les quatre personnes arrêtées, trois étaient des responsables des entreprises touchées :
  • Walter Shimoon, 39 ans, travaillant chez Flextronics, San Diego, Californie
  • Mark Anthony Longoria, 44 ans, travaillant chez AMD, Round Rock, Texas
  • Manosha Karunatilaka, 37 ans, travaillant chez Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), Marlborough, Massachusetts
La quatrième personne était un agent commercial travaillant pour un réseau d’experts dont le rôle est de recruter des consultants pour certains fonds d’investissement du secteur technologique. Un employé de Dell, accusé d’avoir transmis ici encore des informations internes, fait également partie du lot, mais il était déjà pris en charge par la justice et a plaidé coupable le 10 décembre.

FBI, délit d'initiés, fonds alternatifs...

Le procureur Preet Bharara a indiqué : « Les charges d’aujourd’hui présument qu’un réseau corrompu d’initiés venant de plusieurs sociétés technologiques leaders ont servi en tant que « consultants » qui ont trahi leurs employeurs en volant et colportant leurs précieuses informations internes. »

Le cas de Walter Shimoon est celui qui a touché Apple. En tant que responsable dans la société Flextronics, qui fournissait une partie des pièces pour l’iPad, il était bien placé pour obtenir certaines informations sensibles. En octobre 2009, le FBI intercepte un appel dans lequel Shimoon évoque le projet « K48 », qui deviendra plus tard le fameux iPad :

« Chez Apple, vous pouvez être renvoyé en prononçant « K48 »... En-dehors d’une, vous savez, en-dehors d’une réunion où il n’y a aucune personne impliquée dans le K48. Ils sont aussi fous que ça à ce sujet. »

Les données transmises étaient tantôt techniques, tantôt financières. Ainsi, dans le cas d’AMD, Mark Anthony Longoria avait dévoilé à des clients de Primary Global quels seraient les résultats financiers du fondeur au second trimestre de l’année dernière, avant qu’ils soient officiellement annoncés. Or, sans même aller jusqu’au vol d’informations, ce type de données peut influencer les entreprises concurrentes ou qui ont un intérêt particulier à les connaître avant tout le monde. On parle alors de délit d’initiés. Et le créneau peut s’avérer rémunérateur : dans le cas de Longoria, 200 000 dollars lui ont été versés par Primary Global, en tant que consultant, entre janvier 2008 et mars 2010 pour cette seule activité.

Au centre de l’enquête se trouvent les hedge funds, aussi appelés fonds alternatifs ou fonds de couverture. Contrairement aux fonds d’investissement classiques, les hedge funds sont décorrélés de l’évolution de la bourse via des interventions sur le marché des actions et sur les obligations. D’où l’importance entre autres des données transmises par Longoria. Si la mission principale de ces fonds très particuliers est de lisser les courbes de rendement, ils sont en effet soupçonnés d’avoir été régulièrement utilisés dans des attaques spéculatives, notamment sur les taux de change.

On touche ici au monde sous-terrain de l’espionnage industriel contre lequel les sociétés se battent vivement. Une seule information, si elle est suffisamment critique, peut renverser la vapeur et donner un avantage considérable à un concurrent. L’enquête du FBI fait beaucoup de bruit, et si elle en découragera certains, elle ne règlera pas le problème de ce business très lucratif, à cause notamment de son aspect international.

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