Google : le créateur d'AdSense prédit la mort de Chrome OS

Ou sa fusion avec Android 43
Vincent Hermann
Chrome OS est le nom du système d’exploitation que prépare Google pour le marché des ordinateurs en général, avec une première incursion sur les portables. Seulement voilà : la firme en parle maintenant depuis un bon moment, mais son arrivée tarde à se manifester. Or, durant le même laps de temps, les prérogatives d’Android augmentent, au point qu’on peut se demander si Chrome OS ne deviendrait pas redondant. Quand le principal développeur de Gmail s’exprime sur le sujet, on peut réellement se poser la question.

Paul Buchheit est développeur chez Google, mais pas n’importe pas lequel. Il est le créateur de la technologie AdSense qu’on ne présente même plus, tout en dirigeant le développement du service Gmail. Or, c’est ce même Paul Buchheit qui a exprimé un point de vue plutôt tranché sur la question de Chrome OS :

Paul Buchheit google chrome 

Autrement dit : « Prédiction : Chrome OS sera tué l’année prochaine (ou fusionné avec Android) »

Le simple fait de le dire affiche plusieurs pistes de réflexion. Premièrement, les divisions de Google ne communiquent pas forcément entre elles de la manière dont on l’imagine. Ainsi, on peut être Paul Buchheit et ne pas être au courant des plans à long terme de certains produits. Deuxièmement, le même Paul Buchheit détient forcément certaines informations qui lui permettent d’énoncer sa prédiction. Ce qui entraîne le troisième point, de loin le plus intéressant.

En effet : et si cette prédiction se réalisait ? On peut dire que cette disparition faciliterait l’identification de la stratégie de Google dans le domaine mobile. Android et Chrome OS partagent une partie de leurs prérogatives, même si l’approche de Chrome OS est plus radicale dans le sens où aucune application locale ou presque n’existe. Sur Android, il faut toujours récupérer les applications et les installer. Évidemment, la présence du navigateur Chrome en version complète facilite l’utilisation des services distants, de même que la taille de l’écran.

Mais plutôt qu’une disparition, il pourrait y avoir une « fusion ». Si l’avenir de Chrome OS reste encore nimbé d’une aura de mystère, celui d’Android est déjà beaucoup plus clair. À peine la version 2.3 sortie, alias Gingerbread, Google a déjà fait une démonstration de la mouture suivante : Honeycomb. Le numéro de version n’est pas fixé, mais une chose est certaine : Honeycomb fonctionnera indifféremment sur les smartphones et les tablettes. Or, l’arrivée officielle sur les tablettes rapproche un peu plus Android des netbooks, et plus globalement des ordinateurs.

Aujourd’hui, le lancement d’une plateforme s’accompagne obligatoirement d’une opération séduction pour les développeurs. L’assurance du succès ne vient qu’avec les éditeurs tiers qui souhaitent remplir la boutique en ligne de la plateforme. Le fait d’avoir deux systèmes orientés mobilité créera forcément une rupture, car Chrome OS ne peut pas utiliser les applications Android. Nul doute que Google a déjà réfléchi au problème.

L’année 2011 devrait apporter son lot de clarifications sur la stratégie mobile de Google.