4G : 99 % de la population française couverte d'ici 2026 ?

D'ici là, la Suède sera à la 6G 31
Nil Sanyas
eric bessonLes différents dossiers sur la 3G étant définitivement enterrés, la France peut désormais enfin passer à la 4G. Éric Besson, le ministre de l'Industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, a ainsi déclaré vendredi dernier que l’appel d’offres devrait bien avoir lieu en janvier ou en février prochain, pour une attribution des licences cet été.

La grande question avant l’appel d’offres reste cependant les conditions et obligations qu’exigera l’Autorité de régulation des télécoms. On sait depuis le début de l’année que l’ARCEP souhaite un bien meilleur taux de couverture pour la 4G qu’elle ne l’est actuellement pour la 3G. Une couverture supérieure qui pourrait être réalisable moyennant une diminution du prix des licences.

La licence qui valait 2 milliards d'euros

Cette logique, nous informait Les Échos il y a deux mois, n’était cependant pas du goût du ministère de l’Industrie, qui voyait là une manne financière importante se réduire en peau de chagrin. Pourtant, le ministre Éric Besson a annoncé hier que l'État demandera « qu’en quinze ans, 99 % de la population française soit couverte par au moins deux réseaux d'opérateurs ».

Si ces paroles sont confirmées lors de l’appel d’offres dans un ou deux mois, doit-on pour autant s’attendre à des prix cassés des licences ? Éric Besson a en tout cas estimé que cela devrait rapporter deux milliards d’euros à l’État. Cela sous-entend t-il qu’Orange, SFR et Bouygues Télécom mettront sur la table près de 666 millions d’euros chacun pour s’octroyer une licence 4G ? Pour rappel, ces trois entreprises, après une remise à plat, a payé 619 millions d’euros chacune pour obtenir sa licence 3G.

Vers quatre opérateurs mobiles ?

Mais le triumvirat de la téléphonie mobile ne répétera peut-être pas ce scénario. En effet, le ministre a précisé qu’il attend « formellement la proposition de l'Arcep. J'ai donné les grandes lignes, les critères. J'ai dit qu'il y aurait quatre lots, deux de cinq mégahertz et deux de dix mégahertz. » En somme, Besson militerait pour quatre opérateurs, deux de grandes tailles et deux d’une taille plus moyenne. De là à imaginer Orange et SFR parmi les grands, et Bouygues et Free en outsider…

Outre Éric Besson, l’ARCEP a d’ailleurs elle aussi abordé le sujet vendredi dernier. L’Autorité a ainsi annoncé que « plusieurs dizaines d’expérimentations dans la bande 2,6 GHz ont déjà été autorisées ou l’auront été début décembre. En outre, une première autorisation temporaire d’utilisation de fréquences pour une expérimentation dans la bande 800 MHz a été délivrée par l’ARCEP le 16 novembre 2010 et d’autres demandes dans cette bande sont en cours de traitement. »

Quid des MVNO ?

Enfin, rappelons qu’Alternative Mobile, qui représente la plupart des opérateurs virtuels (MVNO) français, a rappelé le mois dernier que l’appel d’offres pour les licences 4G était l’unique et dernière chance de voir poindre un « Full MVNO » dans l’Hexagone.

Avec à peine plus de 6 % de part de marché en France, les MVNO ne réussissent pas à percer, la faute à des contraintes trop importantes imposées par les opérateurs détenant les licences (i.e. Orange, SFR et Bouygues Télécom). Le statut de « Full MVNO » (en savoir plus) permettra plus de liberté aux opérateurs, ce qui devrait avoir pour conséquence une offre plus intéressante, et donc des niveaux de recrutement de nouveaux abonnés plus élevés.

Les sujets autour des licences 4G (LTE) seront donc nombreux l’an prochain : couverture, prix, nombre d’opérateurs, MVNO, gestion du territoire, puissance des antennes, etc.