WikiLeaks : entre blocages et contestations

Les réactions en chaîne provoquées par la publication des « câbles » diplomatiques par Wikileaks continuent à travers le monde.

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Paypal coupe le compte Wikileaks

PayPal a ainsi indiqué sur son blog officiel que la plateforme de paiement avait coupé le compte utilisé par Wikileaks, coupant le nerf de la guerre de ce site. Paypal, propriété d’eBay depuis 2002, invoque une violation des conditions générales d’utilisation. et avance que son service de paiement ne peut être utilisé pour les activités qui « encouragent, promeuvent, facilitent ou indiquent à d'autres de s'engager dans des activités illégales ».

Besson : la réaction d'OVH est un peu surprenante mais intéressante

En France, Éric Besson a donc demandé en justice la fermeture de l’accès à Wikileaks. Ce week-end, dans « Le Grand Rendez-Vous » d’'Europe1, il a estimé à nouveau que « Wikileaks met en danger la vie de personnes, la vie des sources ». Selon le nouveau ministre qui a en charge l’économie numérique, « à partir du moment où (…) un site est considéré comme criminel par un pays démocratique et ami [les États-Unis, ndlr], est ce qu’on trouve naturel qu’il puisse être hébergé en France comme il l’a été hébergé depuis quelques jours ? Ma réponse, ça a été de dire non cela n’est pas acceptable ». Besson a donc demandé à ses services (le Conseil général de l'Industrie, de l'Énergie et des Technologies) de lui dire les moyens pour agir contre ce site.

Au passage, Besson a trouvé « un peu surprenante, mais intéressante » la réaction d'OVH. Le site français a demandé en référé la stratégie à adopter vis-à-vis de Wikileaks. « De façon, à mes yeux, un peu surprenante, mais c'est très bien, je trouve que c'est une réaction intéressante, l'hébergeur en question a demandé au juge des référés de dire le droit. »

Des clônes de Wikileaks

En attendant, les clones de Wikileaks se multiplient, notamment chez French Data Networks ou via isohunt.com/torrents/

RSF : la politique occidentale alignée sur celle de la Chine

Côté Reporters Sans Frontières, on se soulève contre cette « tentative de censure à l’échelle internationale d’un site dont la vocation première est la transparence ». « Nous ne pouvons qu’être sidérés par le fait que des pays comme la France et les États-Unis alignent soudain leur politique en matière de liberté d’expression sur celle de la Chine. Nous rappelons, notamment pour la France et les États-Unis, que ce n’est pas au pouvoir politique de décider du maintien ou non d’un site, mais à la justice ».

Le site, qui avait dans le passé jugé irresponsable les positions de Wikileaks, joue la défense de la liberté d’expression cette fois : « les autorités américaines envisagent la possibilité de poursuivre pénalement Julian Assange. Deux sénateurs américains, les républicains John Ensign et Scott Brown, et le sénateur indépendant Joe Lieberman ont déposé un projet de loi pour faciliter les recours contre Wikileaks et son fondateur, en proposant de rendre illégale la publication des noms d’informateurs des services de renseignements américains. Ceci alors qu’une enquête pénale est déjà en cours et qu’un certain nombre de dirigeants politiques américains ont demandé que tout soit mis en œuvre pour faire arrêter Julian Assange. Reporters sans frontières ne peut que condamner cet acharnement et réitère sa conviction que le site Wikileaks, dans le respect du 1er amendement de la Constitution américaine, a le droit de publier ces documents et fait même œuvre utile en les mettant à disposition des journalistes et des lecteurs ».

Il est vrai que Julian Assange a depuis trouvé une stratégie nettement plus fine consistant à fournir ces informations à plusieurs grands titres (Le Monde, en France) aux fins de filtrer et étudier ces contenus. « toute restriction à la liberté de diffuser ce corpus de documents touchera la presse dans son ensemble qui a largement repris les informations mises à disposition par Wikileaks et alors que cinq grands journaux internationaux ont activement collaboré à leur publication éditoriale ».

La Quadrature de net : tentative folkorique de reconduite à la frontière numérique

La Quadrature du Net, enfin, voit dans la réaction de Besson, une tentative « folklorique » de « reconduite à la frontière numérique ». Pour l’organisation, « Pris de panique par les révélations des câbles diplomatiques américains, le gouvernement prend des largesses avec l'État de droit et décide unilatéralement, sans saisir l'autorité judiciaire et sans même prendre la peine de qualifier en droit le « crime » dont WikiLeaks serait coupable, de tenter de faire disparaître un site. Outre le débat sur la légalité, la pertinence et l'utilité de la publication de ces documents par WikiLeaks, l'initiative d'Éric Besson fournit une nouvelle illustration de la détermination obsessionnelle d'un gouvernement souhaitant à tout prix contrôler Internet et l'information qui y circule. »

Enfin, le Parti Pirate a publié un communiqué officiel en réponse à la réaction d'Eric Besson : ,« Dans le cas où vous obtiendriez gain de cause par la voie des tribunaux en mettant fin à l'hébergement de WikiLeaks en France, vous ne feriez que déplacer ce que vous ne voulez voir, à l'instar des dispositions prévues par la LOPPSI et vos collègues du Ministère de l'Intérieur pour instaurer un filtrage d'Internet que l'on sait inutile et inefficace. Les informations d'intérêt public de WikiLeaks sont d'ores et déjà hébergées en parallèle en Suède par le Parti Pirate Suédois, ainsi que dans d'autres pays.»


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