Hadopi : comment sont sélectionnées les œuvres surveillées ?

Des élus, des exclus 171
Marc Rees
Les ayants droit de la musique fournissent à TMG (Trident Media Guard) un catalogue de 10 000 titres dont les échanges illicites peuvent être flashés. Sur ces 10000 œuvres, 5000 sont des nouveautés, 5000 autres sont des titres qui ont fait leur preuve (back catalogue). Du côté du cinéma et de l’audiovisuel en général, l’attention ne porte que sur 100 œuvres. Ce lot de références est réactualisé périodiquement.

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Mais quels sont les critères retenus pour sélectionner les oeuvres surveillées ?

En juin 2010, Bernard Miyet (président du directoire de la Sacem) nous avait fourni quelques pistes qui permettent aux ayants droit de déterminer ces 10 000 œuvres élues : cela dépend « en fonction de ce que vont être les sorties, de ce qu’a été économiquement la valeur d’un titre, essentiellement ce qui est le plus consommé. (…) Si vous voulez aller à la pêche au maximum de pirates, vous n’allez sans doute pas rechercher le type le plus pointu en free jazz ou en musique contemporaine. C’est une réalité. » Qu'apprécieront les musiciens concernés.

Et du côté de l’audiovisuel ? Frédéric Delacroix, délégué général de l’ALPA, nous a indiqué en fin de semaine que la sélection des séries, des films, documentaires et des autres spectacles vivants est faite « en fonction de l’actualité et des opportunités, mais aussi la popularité », la popularité pour un film en salle étant mesurée selon le nombre d'entrées.

N’y a-t-il pas des jalousies chez ceux qui sont exclus de ce catalogue ? « Tous les films ont vocation à rentrer sur la plateforme, et tous les films y entrent » nous a simplement indiqué le délégué général de l’Association pour la lutte contre la piraterie audiovisuelle.