Facebook censure (toujours) les messages privés qui l'ennuient

La liberté sous contrôle 112
Marc Rees
Facebook a voilà une semaine annoncé son nouveau système de messagerie, qui permet de tisser des liens de plus en plus denses entre les utilisateurs de ce réseau. Ce nouveau système utilise cependant les recettes du passé : le site s’autorise en effet à bloquer les liens qui ne lui plaisent pas, dont The Pirate Bay. Ceux qui ont tenté d’échanger un lien Torrent hébergé sur TPB se sont vus opposés ce froid écriteau :

 the pirate bay facebook

Wired a pu obtenir quelques explications de la part de Facebook : « Nous avons des systèmes en place pour prévenir les abus sur Facebook et éviter le spam que nous continuons à déployer avec ce nouveau service ». Mais FB a refusé d’en dire plus : « nous ne partageons pas les spécificités de ces systèmes. »

Wired a pu tester la finesse de ce blocage qui censure même les liens vers des contenus libres qu’on peut trouver via The Pirate Bay. Systématiquement, Facebook indique : « Message Failed. This message contains blocked content that has been previously flagged as abusive or spammy. Let us know if you think this is an error ». Le contenu du message est donc bloqué, car considéré comme abusif ou constituant un spam. À l’utilisateur d’alerter et se justifier auprès de Facebook pour lui démontrer qu’il s’agit d’une erreur.

Selon nos tests, un message entre « deux amis » Facebook comportant un lien torrent pointant vers une distribution Ubuntu, est également bloqué. Mais ce n’est pas une nouveauté (voir notre article datant d' avril 2009)

the pirate bay facebook

Le Monde rapporte pour sa part que le blocage frappe aussi le site Lamebook, catalogue des statuts et des discussions les plus stupides ou rigolotes sur le réseau. Là ce n’est pas le contenu qui est en cause, mais un litige avec Facebook qui accuse LameBook de violer ses noms et logos. Finalement, indiquent nos confrères, Facebook a fait son mea culpa, pointant « une erreur » dans la mise sous liste noire de Lamebook : « Nous sommes engagés dans la promotion de la liberté d'expression sur Facebook. Nous nous excusons, et nous faisons tout en œuvre pour que tout revienne à la normale. »

Il faut en tout cas considérer Facebook comme un service postal qui s’autorise à contrôler des contenus dans les messages privés selon des critères secrets, mais erronés.