FrAndroid se renouvelle, et évoque son modèle économique

Le modèle économique et Sidereo

Dans l’annonce du nouveau FrAndroid vous évoquez le financement de la société qui passe en majorité par la publicité, quelle part du chiffre d’affaires cela représente-t-il environ ?

Environ 60%. Notre objectif est de diminuer cette part de revenu. Comment ? Il existe de nombreuses façons.

 

L’abonnement premium. De nombreux sites ont essayé de le mettre en place et c’est très difficile : apporter une valeur ajoutée et différencier les offres nécessitent de l’énergie et de l’argent (il faut augmenter le staff édito et engager des coûts en développement), il faut surtout être sûr d’atteindre un seuil critique d’audience. Cela ne se fait pas à la légère et ce n’est pas une priorité pour l’instant.

 

Diversifier l’activité. Nous avons opté pour cette stratégie. Nous créons des sites à valeur ajoutée orientés autour de la mobilité. appXoid par exemple, pour la promotion d’apps. Mobs.fr, pour le recrutement. Nous avons également un gros projet dans le e-commerce. Ces projets nous permettent de créer de la valeur ajoutée pour nos médias, et de diversifier les sources de revenus.

 

Nous avons également l’événementiel. Un magazine presse (nous avons sorti un numéro en octobre dernier), un événement (BarDroid) qui nous permetttent de compléter le revenu. Néanmoins, ce n'est pas notre cœur de métier et ces revenus sont considérés comme « exceptionnels ».

Avez-vous une idée de la part d’utilisateurs qui utilisent Adblock sur le site ? Est-ce un problème pour le financement de l'équipe ?

Nous n’avons pas ce chiffre, néanmoins il paraît évident que c’est un phénomène dangereux et important que nous ne devons pas négliger. Il faut éduquer notre audience et leur faire comprendre que la publicité nous fait vivre en partie.

Affichez-vous un message spécifique aux utilisateurs d'Adblock les incitant à vous passer en liste blanche ?

Oui, une bannière. Nous allons également rédiger un article. Il faut faire comprendre à notre audience de l’importance de ces publicités. De notre côté, nous faisons notre possible pour les limiter. Il est important de faire comprendre à nos lecteurs qu’il y a un lien entre le développement de la qualité du contenu et les revenus du site.

 

Message Adblock PC INpact

Le message que vous auriez pu avoir sur PC INpacf

Jusqu'à maintenant, vous proposez un flux RSS complet à l'ensemble de vos visiteurs, n'est-ce pas un souci pour le nombre de visites sur le site, le volume de pages vues et l'affichage des publicités ? Est-ce que cette pratique va continuer ?

Oui et non. Très bientôt, nous proposerons une connexion unifiée (SSO) sur nos forums et nos sites. Seuls les membres pourront accéder au RSS complet.

Avez-vous déjà songé à opter pour un modèle Premium sans publicité ou à disposer d'une section accessible uniquement sur abonnement ?

Oui, mais comme expliqué plus haut. Cela ne doit pas se faire rapidement et sans réflexion. Pour nous, il est important de monter le niveau de qualité de l’éditorial avant de se lancer dans ce type de projet.

Vous pratiquez aussi les contenus sponsorisés, clairement indiqués comme tels. Est-ce une pratique qui va continuer / s'amplifier ?

Il est voué à être réduit. Aujourd’hui, nous le limitons aux applications mobiles et nous le notifions à chaque fois.

Vous aviez lancé un magazine avec ID Presse, est-ce que cette initiative continue ? Si non, pourquoi ?

Oui, mais pour des raisons contractuelles, nous allons changer de prestataire. Cette première expérience a été une réussite d’un point de vue des performances (ventes) et retours (qualité). Il est encore possible de gagner (un peu) d’argent grâce à la presse papier. Néanmoins, notre vision de la presse est différente, nous imaginons cela comme de l’événementiel pour améliorer notre notoriété. C’est également une expérience fun et différente de la publication en ligne.

Vous avez récemment lancé un espace dédié Sony, un évènement Bardroid dédié aux développeurs co-financé par Acer, Sony et B&You, est-ce une manière de moins dépendre de la publicité « blocable » ?

Oui. Mais c’est surtout une manière de nous rapprocher de notre communauté. Le « communautaire » est un vecteur important de nos médias. Ce type d’événement est un succès pour tout le monde (lorsqu’il est bien orchestré).

 

BarDroid

Combien coûte un évènement tel que Bardroid à organiser, en terme financier et humain. Quelle part du chiffre d'affaires espérez-vous générer via ce genre d'activité ?

Peu d’argent finalement. Ce premier événement ne devait pas nous coûter un seul centime, « point mort ». Nous avons donc fait entrer suffisamment de partenaires pour financer l’événement. Comptez 6000 euros d’investissement pour environ 500 participants (boisson et apéro compris).

 

Nous ne voulions pas nous reposer sur la communauté avec un ticket d’entrée. De même, nous avons invité les développeurs.

Est-ce les membres de la rédaction de Frandoid qui gèrent l'organisation sur place ? Si oui, n'est-ce pas un souci étant donné que l'évènement est en partie financé par des sponsors ?

C’est l’essentiel du staff qui gère l’événement, sauf l’emplacement des partenaires. Les partenaires restent responsables de leurs stands. Tout le reste est géré par le staff Humanoid.

Quelle part du chiffre d'affaires espérez-vous atteindre avec vos services annexes tels qu'AppXoid ou Mobs ?

50% de notre CA fin 2014. Nous comptons beaucoup sur notre projet « e-commerce » en cours de développement, ainsi que l’arrivée de nouveaux services et la refonte des actuels.

Comment gérez-vous la séparation entre la partie rédactionnelle du site et la gestion de la publicité ? Passez-vous par une agence spécifique ou gérez-vous les choses en direct via une équipe interne dédiée ?

Nous travaillons avec JDG Media, l’agence de JDG Network entre autres. Nous avons quitté Best Of Media (Content) en juin dernier. La séparation est nette. Seuls le directeur technique/co-gérant (Baptiste Michaud) et le directeur marketing-com/co-gérant (moi-même) sont en relation avec le directeur commercial de JDG Media.

 

Et seuls les commerciaux de JDG Media sont à même de vendre les espaces alloués. Nous nous réservons le droit de bloquer une campagne ainsi que les formats utilisés.

Humanoid n'est pas enregistrée comme une société de presse mais comme une société de programmation informatique (Code NAF 6201Z). Ses membres et chefs de projets sont aussi rédacteurs des sites du groupe, pourquoi ce choix ?

Nous sommes (les associés) des chefs de projets. Ulrich Rozier (Marketing Digital) et les quatre autres associés (Ingénieurs en informatique). Lorsque nous avons créé la société Humanoid, nous n’avions aucune idée de ce que nous voulions en faire. Elle était simplement créée pour facturer nos prestataires et ainsi financer les dépenses engendrées par les pigistes, les serveurs...

 

Étant donné nos cœurs de métier, nous avons opté pour ce code NAF, qui nous permettait de rendre la société plus « flexible » à l’époque. Aujourd’hui, Humanoid est évidemment un groupe média qui devrait être enregistré comme une société de presse.

 

Frandroid Sidereo Frandroid Sidereo

La société ayant réalisé des opérations pour des confrères tels que Cnet, mais aussi pour LG, quel degré de séparation appliquez-vous en interne pour éviter la mise en cause de la rédaction ?

Aucun journaliste / rédacteur ne doit participer à ce type d’opération. Ces partenariats sont gérés exclusivement par des salariés marketing / communication, tels que le community manager ou un chef de projet marketing.

Vous avez récemment créé une nouvelle société, Sidereo, qui annonce pratiquer le même genre d'activités (Code NAF 6201Z). Vous comptez cette fois des clients comme Sony pour l'application My Sony Tablet, Virgin Mobile pour Indispens'apps, Orange pour LibOn. Ce dernier ayant été largement traité sur FrAndroid en avant-première, ne craignez-vous pas que cela sème le doute dans l'esprit des lecteurs, d'autant plus que les rédacteurs sont aussi les développeurs de certains de ces projets ?

Effectivement, pour éviter de semer le doute, nous avons séparé les deux activités. Sidereo est géré par un associé non actif dans Humanoid, il s’agit de Pierre-Olivier Dybman, un membre co-fondateur de Humanoid et gérant actuel de Sidereo.

 

Les salariés Sidereo/Humanoid sont essentiellement des ressources humaines techniques : développeurs, designers... L’objectif est de réaliser des économies en allouant des ressources à des projets internes ou externes en fonction de la demande. Certaines ressources sont cependant 100% allouées à Sidereo car Humanoid n’en a simplement pas besoin.

Dans ton cas, tu rédiges encore assez souvent sur le site alors qu'Édouard Marquez est pourtant développeur Sidereo et rédacteur chez vous. Il vient d'ailleurs de publier le test d'un produit Sony. Comment sont gérés ces cas ?

Édouard écrit des articles depuis 3 ans chez nous, il vient de terminer son diplôme d'ingénieur, nous l'avons donc embauché comme développeur. Il continue à aider l'équipe éditoriale en écrivant des articles orientés développement, néanmoins cela reste un passionné de terminaux, il nous demande donc de tester constamment des appareils. 

 

Il n'a pas travaillé sur l'application de Sony. Si c'est le cas, il ne testera plus d'appareil Sony bien entendu, même si ce sont des départements complètement différents au sein de Sony.

 

Frandroid Sidereo Frandroid Sidereo

La société est hébergée dans les mêmes locaux que le groupe JDG, dont elle réalise l'application mobile (pour Journal du Geek). Avez-vous des relations privilégiées avec le groupe et vos confrères ?

Nous ne sommes pas dans les mêmes locaux. Nous disposons de nos propres locaux, mais il est vrai que nous sommes dans le même immeuble. JDG Media, société sœur de JDG Network (qui édite Journal du Geek), est notre régie commerciale. En tant que gérants, nous devons être proches de notre régie afin de ne pas les « laisser se balader dans la nature ». Nous serons mieux vendus en étant plus proches de notre régie.


Comme nous l’avons dit plus haut, la séparation est nette entre l’équipe « marketing et gestion » et l’équipe éditoriale. D’ailleurs, il pourrait y avoir des partenariats entre l’équipe éditoriale de Humanoid et celle de JDG Network.

Vous participez à un podcast avec Tablette-tactille.net. Avez-vous des relations privilégiées avec Tamiade / Pepins & co (leurs sociétés) et vos confrères ?

Ce podcast est géré par une personne externe de leur société, nous nous sommes juste associés autour de ces émissions. Néanmoins, nous sommes friands de trouver des partenaires qui nous permettraient de réaliser des économies en développement (technique) ou dans l’éditorial, l’événementiel... Nous avons développé les applications iOS et Android de Journal Du Geek et Journal Du Gamer par exemple.

Quelque chose à ajouter ?

Nous avons reçu des centaines de retours de notre refonte, des remerciements et félicitations, des coups de gueule, des bugs... Depuis plusieurs jours avons déployé de nombreux correctifs, plus de 200 (couleurs, police, emplacements, bugs visuels, etc.). Nous avons d’ailleurs encore 3 à 4 mises à jour majeures à pousser d’ici la fin de semaine prochaine. Nous avons essayé d’être le plus réactifs possible. 

 

Merci à Ulrich pour ses réponses

Le nouveau site FrAndroid et son équipe

La nouvelle version de FrAndroid est en place depuis quelques jours, depuis combien de temps est-elle en préparation ?

Cette refonte a démarré en octobre 2012. Avec différentes étapes. Nous avons commencé en réalisant un cahier des charges assez complet avec un benchmark des bonnes et mauvaises pratiques, de ce qui fonctionnait chez nous, de ce qui ne fonctionnait pas... Le cahier des charges comprenait 80 pages.

 

Nous avons ensuite établi un planning avec différentes étapes, ainsi qu’un budget. Nous avions décidé de travailler avec un prestataire externe (une agence) pour éviter de devoir recruter et trouver des ressources internes.

 

Rapidement, nous nous sommes retrouvés avec une dizaine d’agences très intéressantes. Nous avions été séduits par une jeune agence avec de belles références et surtout du « punch ». Cette refonte demandait de nombreuses compétences, encore très rares en agence.

 

Après un mois de mission, nous nous sommes aperçus que le travail n’était pas bon et malgré de nombreux retours, les choses n’évoluaient pas dans le bon sens.

 

Nous avons donc pris la décision d’arrêter cette mission et de tout réaliser en interne. Recrutement d’un designer, de plusieurs développeurs... Nous avons constitué une équipe technique web très rapidement. Néanmoins, le projet a pris deux mois de retard, nous devions le sortir début mai. Finalement, le projet est arrivé mi-juillet comme vous avez pu le voir.

Combien de personnes ont travaillé sur le projet ?

Nous avons internalisé, pour le temps du projet les ressources dont nous avons eu besoin. Au final, c’est donc un total de sept personnes : deux designers (Guillaume et Romain), trois Intégrateurs (Yoann, Samuel et Benoit), un chef de projet technique (Baptiste) et un chef de projet marketing (Ulrich).

Vous avez opté pour un design « Full responsive » du smartphone à l'ordinateur, n'était-ce pas trop complexe à mettre en place ?

Nous voulions que l'expérience soit maximale quelque soit l’appareil. L’utilisation des technologies « responsive » était donc une contrainte dès le départ. Nous pensons avoir poussé l’utilisation de cette technologie assez loin : le site s’affiche différemment sur un ordinateur de bureau, sur une tablette et sur un mobile.


Au niveau de la charge de travail, c’est l’équivalent de faire trois sites distincts, car ils ont chacun leurs problématique. Grâce à certains outils (comme le langage de pre-processing SASS pour le CSS), nous avons pu gérer cette complexité.


Sur tablette, un menu permet de naviguer sur les dernières news lors de la consultation d’un article.

Quelle sera la relation du site avec les applications mobiles ? Avez-vous opté pour du natif, une reprise du site via une webview ou un mélange des deux ?

100% natif. Nous avons refait l’application Android, et nous sommes en train de refaire les applications Windows Phone, Windows 8 et iOS (iPad et iPhone). D’après notre expérience dans le mobile, nous sommes persuadés qu’il est important de privilégier l’expérience utilisateur. Malheureusement, le webview ne permet pas d’atteindre cet objectif.

 

C’est d’ailleurs ce que propose Sidereo aux clients.

Le Telex n'est pas sans rappeler la fameuse fonctionnalité de Facebook, qui semble plus ou moins abandonnée désormais. N'avez-vous pas peur que les lecteurs trouvent cet élément « gênant » en bas de leur écran ?

Effectivement, cette fonctionnalité est au stade expérimental. Nous allons d’ailleurs pousser une mise à jour cette semaine pour améliorer l’apprentissage autour de celle-ci.

 

Nous pensons qu'elle est très innovante pour un site média et puissante : nous pouvons y pousser l’actualité du site, comme nous le ferions avec une notification d’application mobile.

 

FrAndroid 2013

FrAndroid et son telex

Comptez-vous aussi l'utiliser pour des informations communautaires, ou juste pour les différentes actualités ?

Ce « telex » se retrouvera bientôt sur notre forum. Il a pour but d’accueillir des infos de qualité ayant une grande fraîcheur.

Certains lecteurs semblent avoir critiqué la nuance de vert utilisée au départ, qui était un peu vive. A-t-elle ou va-t-elle être modifiée ?

Nous avons choisi un vert un peu trop « flashy » qui passait pourtant bien sur nos écrans bien calibrés. Devant les retours de nos lecteurs nous avons fait évoluer ce vert pour qu’il s’affiche correctement sur la plupart des écrans. Un petit sondage a été réalisé rapidement auprès de la communauté pour choisir le vert FrAndroid. En l’espace de trois heures, le vert avait changé sur tous les supports. 

Vous avez lancé plusieurs déclinaisons du site en fonction des plateformes, quelle est l'audience revendiquée par chaque version, et par l'ensemble du groupe ?

Nous ne communiquons que sur l’audience de l’ensemble des sites médias aujourd’hui. Selon Mediametrie (observatoire), nous sommes à 1,7 million de visiteurs uniques (VU) mensuel. Selon Analytics, nous sommes à plus de 3 millions de visiteurs uniques mensuel et bientôt plus de 20 millions de pages vues.

 

(Ndlr : le site d'Humanoid indique 5 millions de visites et 13 millions de pages vues pour FrAndroid seul).

Un site dédié à Tizen (FraTizen) était proposé jusqu'à lors, mais il n'est plus mentionné et ne semble plus mis à jour, est-il abandonné ?

Il sera relancé pour la rentrée universitaire !

Humanoid dispose de son site propre et reprend la nouvelle charte graphique ainsi que les actualités du groupe. Quel est son but exactement ? Est-ce votre site institutionnel ?

C’était un site vitrine. Aujourd’hui, nous réfléchissons sérieusement à en faire « un portail » qui regrouperait le contenu de l’ensemble de nos marques médias. C’est pour cela que nous nous sommes focalisés dans un premier temps sur des applications mobiles Humanoid qui nous permettent de réaliser des économies en développement mobile.

 

Frandroid Humanoid

Vous revendiquez une équipe qui est passée de 2 à 15 personnes ces derniers mois. Quelle est la part de rédacteurs et de développeurs ?

Nous avons 7 personnes à la rédaction, 3 CDI, 1 CDD et 3 stagiaires (dont deux qui sont en stage de fin d’études). L’équipe technique est composée d'un consultant, un CDI, un directeur technique, un designer stagiaire et un freelance design, ainsi que quelques développeurs mobiles à cheval dans l’entreprise Sidereo (Android, WP, W8 et iPhone).

Comment s'est financée cette large montée en charge de l'équipe ? Avez-vous procédé à une levée de fonds ou à une montée en capital d'investisseurs ?

Aucune levée de fonds. L’explication est assez simple : nous avons entretenu les sites et nous nous sommes diversifiés pendant 3 ans. Pendant 3 ans, les cofondateurs ont travaillé soirs et week-ends afin de constituer une trésorerie suffisante et surtout des revenus suffisants. Aujourd’hui, nous sommes 100% auto-financés.

Vous employez Laure Renouard qui a une formation de journaliste en tant que responsable éditoriale. Hormis dans l'à-propos, vous ne mentionnez par contre pas le terme « journaliste ». Est-ce pour ne pas avoir à appliquer la convention collective du métier et en subir ses contraintes ?

Nous réfléchissons à mettre en place cette convention collective (qui a un certain coût). En tout cas, c’est un sujet qu'il reste à régler. Enfin, ce qui est important c’est que nous n’avons pas besoin d’être « journalistes » pour être reconnus dans le milieu, aucune porte ne nous est fermée.

L'une de vos auteurs est aussi indiquée comme blogueuse sur le site pour le programme Xperience qui est sponsorisé par Sony. On trouve ainsi deux tests de l'Xperia L écrit par ses soins. Est-ce parce qu'elle a été embauchée suite à ces premiers essais ?

Effectivement, nous avons été séduits par Marie qui était en recherche d’un stage de « journalisme ». Nous lui avons donc proposé de nous rejoindre, malheureusement (pour nous) elle reprend ses études en octobre dans une école de journalisme.

L'évolution de l'info en ligne ces dernières années

Lorsque l'on parle de la presse en ligne, notamment dans le milieu des nouvelles technologies, on évoque souvent des sites qui étaient là aux balbutiements d'internet avant les années 2000 et qui ont su se construire, se renforcer et se démarquer assez pour créer une marque et une audience. Car avant Clubic, qui appartient désormais à M6 Web, il y avait PuissancePC / Demarrez.com, avant Tom's Hardware qui vient de devenir américain, il y avait Presence PC, avant PC World, il y a eu Matbe comme avant PC INpact, il y a eu INpact Hardware.

 

INpact Hardware

Remember

De l'influence en solo au média à la qualité reconnue, il y a bien plus qu'un pas

Mais au bout de quelques années, d'autres communautés se sont construites. Elles sont arrvées à un moment où leurs aînées avaient déjà commencé à générer des revenus et à se chercher une rentabilité. C'était l'heure des blogs et des fameux « influents », mais aussi de sites qui se sont tout de suite focalisés sur le mobile avec l'arrivée de l'iPhone, d'Android et tout ce qui en a suivi. Comme pour la « génération » précédente, de ceux qui ont tenté l'aventure il n'en reste plus qu'une poignée. L'information en ligne est une activité passionnante mais prenante qui décourage bien vite les bénévoles qui se doivent à un moment donné de s'occuper de leur vie de famille, trouver un travail ou tout simplement dormir. Se pose alors la question de la professionnalisation. 

 

Dans le cas des blogs, la conversion vers un média à part entière n'a pas toujours été chose facile, à quelques exceptions près. Rapidement nourris aux billets sponsorisés qu'il fallait bien accepter pour boucler les fins de mois, l'évolution de ces derniers ne s'est pas toujours accompagnée d'une rémunération de l'ensemble de l'équipe éditoriale et rares sont ceux qui n'ont pas plus ou moins abandonné ou qui ne considèrent désormais ça que comme une activité secondaire.

FrAndroid : un cas intéressant qui s'est construit en équipe

Comme souvent, c'est en se regroupant (dès le départ ou non) que certains ont réussi à assurer leur force. FrAndroid est de ceux-là et a su en un peu plus de 5 ans arriver à se faire une place de choix dans le segment de l'information sur le terrain de la mobilité. Preuve en est, la refonte des sites du « groupe » Humanoid qui veut en partie changer de direction et se renforcer.

 

Petit rappel tout d'abord. FrAndroid est un site qui a été créé en novembre 2007. Ils étaient alors trois aux commandes, et sont toujours ensemble : Ulrich RozierPierre-Olivier Dybman et Baptiste Michaud. Tous ont un profil plus ou moins lié à la mobilité. Le premier se définit plutôt comme le « marketeux » de l'équipe, ses deux compères étant orientés pour leur part vers le développement. Ils ont tous à un moment donné travaillé (en stage ou non) pour un opérateur, qu'il s'agisse d'Orange (Labs ou Valley) ou Bouygues Télécom et voulaient au final partager leur passion.

 

Frandroid Sidereo

L'équipe présentée sur le site de Sidereo

 

C'est ainsi qu'en 2009 est né la SARL Humanoid, sur laquelle ils ont capitalisé depuis sa création afin de la faire vivre, mais aussi de passer à la seconde phase de leur développement comme ils l'évoquaient déjà il y a un peu plus d'un an dans une interview donnée à l'atelier des médias.

L'évènementiel : un format qui intéresse de plus en plus les sites d'information

Comme l'évoque le billet de leur refonte, ils sont ainsi passés récemment de deux salariés à une équipe de près de 15 personnes dont la moitié pour la rédaction, et ont décidé de plancher sec sur un modèle économique viable, qui se détache un peu plus de la publicité, et qui se nourrit un peu plus sur l'évènementiel comme avec Bardroid et de partenariats. Une tendance lourde dans le secteur, l'information et la publicité ne suffisant pas à faire vivre les sites.

 

Journal du Geek propose ainsi depuis quelques années sa Geek's Live et a été suivi par Les Numériques et La Factory organisée pour la première fois l'année dernière. Le principe de base est identique dans les deux cas : une entrée gratuite pour les visiteurs, une organisation par l'équipe et la régie, mais des partenaires qui louent des stands parfois à prix d'or afin de rentabiliser l'opération.

 

Tristan François qui co-gère l'évènement chez Les numériques nous a néanmoins précisé que La Factory était au départ un projet éditorial qui intégrait aussi des conférences. Bien que n'étant pas encore rentable pour le moment, l'équipe cherche à trouver un équilibre financier pour les prochaines éditions. 

 

Factory Les Numériques 2012

Le patron de la maison, Vincent Alzieu nous a confirmé que le but n'est pas de générer du bénéfice : « Nous ne sommes pas à travers eux à la recherche d'une nouvelle ligne de revenus. Nous voulons faire vivre les produits, les faire toucher aux lecteurs, que nous voulons rencontrer. Les Numériques intervient historiquement en avant-achat des produits. Nous voulons aller au-delà du simple conseil sur page web. Nous avons dès le départ imaginé ce magazine comme celui que nous voulions pour conseiller nos amis, au sens large. Maintenant, on veut aussi échanger avec eux. Les sponsors / stands sont là pour nous donner les moyens de le mettre en place. [...] Le premier salon nous a coûté très cher. Nous serons à l'équilibre sur le second, et les versions suivantes. Rien de plus. D'autres ont fait un métier de cette activité. Pas nous. C'est une envie, nous nous donnons les moyens de le vivre. Comme avant nous avons joué à faire du magazine papier, etc. ».

 

Concernant le budget, il nous a précisé que le coût total était de plus de 200 000 € et que l'évènement est géré par une agence spécialisée, et non pas la régie habituelle du groupe : M4 Media. « Est-ce un souci que les membres des Nums soient des events ? Non, puisque c'est le but : faire se rencontrer les équipes et les lecteurs, avec parfois un expert en plus. Comme le photographe de sport Yonathan Kellerman qui a prodigué avec passion 1001 conseils sur des compacts, experts et reflex pour shooter des scènes de sport. Sur notre salon, nous tenions d'ailleurs le plus grand stand avec des activités dessus toute la journée ;) ».

 

D'autres formats devraient d'ailleurs suivre.

Sidereo : des activités qui peuvent interférer avec l'activité de site d'info ?

En plus d'Humanoid, une seconde société a ainsi été créée il y a quelques semaines : Sidereo. Un modèle de sociétés multiples que l'on retrouve là aussi ailleurs, afin de segmenter les activités. Cédric Tamboise de Tablette-tactile nous a d'ailleurs répondu pour ce qui le concerne, avec son associé Vincent Béziade. En effet, en plus de la SARL Tablette-tactile.net (TT), tous deux gèrent aussi Pépins & Co ainsi que Tamiade. La première leur permet de concentrer la réalisation de sites d'information annexes sans forcément de rapport avec TT alors que la seconde fait office de « Holding » entre les deux.

 

Frandroid Sidereo Frandroid Sidereo

 

Dans le cas de Humanoid / Sidereo, on constate néanmoins surtout des activités de développement où les membres de la rédaction interviennent en partie comme développeur ou chef de projet. Un mélange des genres qui, même s'il est bien géré, peut vite nuire à l'image du site et à la perception de l'indépendance de l'information qu'il délivre. L'équipe avait déjà été critiquée lors de l'arrivée d'un espace Sony, la participation de certains de ses membres à des projets d'applications pour la marque, mais aussi Orange (LibOn) ou Virgin Mobile (Indispens' apps) pourrait sans doute poser des problèmes similaires.

 

Nous avons décidé de demander à Ulrich Rozier ce qu'il en pensait dans une interview plutôt fournie à laquelle il a accepté de répondre. Entre évolution du site et de l'équipe, version Premium prévue à long court, gestion des bloqueurs de publicités et la question de la séparation de l'activité, voici ses réponses.

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