FAI : va-t-on vers une généralisation des offres Premium ?

Suite à la future hausse de la TVA sur les FAI, qui devrait sauf surprise s’appliquer en 2011, les abonnements triple-play pourraient bien être gonflés de quelques euros. Entre deux et cinq euros certainement. À cela, il faut rajouter le besoin incessant pour les FAI de trouver de nouvelles ressources, notamment pour compenser l'augmentation de la consommation.

Numericable Premium
Vers plus d'offres Premium dans le futur ?

Diviser pour mieux régner


L’idée de segmenter les offres commence ainsi à germer. Nous ne parlons pas ici de proposer aux abonnés uniquement ce qu’ils veulent (internet et/ou téléphonie et/ou télévision) comme le préconise NKM (le fameux découplage), mais plutôt d’offres Premium proposant des services supplémentaires. Quitte à « brider » les offres standards actuelles ? Nous n’en sommes pas là, mais c’est une situation qui n’a rien d’invraisemblable…

Mais concrètement, qui fera quoi ? SFR, comme nous venons de vous l’annoncer, proposera bien une offre Premium d’ici Noël. Nous n’avons aucun détail sur cette offre, hormis qu’elle sera plus onéreuse et qu’elle proposera des services et des contenus.

Cependant, SFR, selon Reuters, « a estimé que le marché français des télécoms était entré dans une période d'importants changements tarifaires et de structure des offres, qui devrait se poursuivre en 2011 et qui laisse attendre une segmentation plus poussée des offres dans le fixe ».

Une information que nous a confirmée une source présente lors d’une réunion organisée par l’Idate, réunissant des FAI du monde entier, des spécialistes du secteur et des sociétés productrices de contenus.

La segmentation des offres chez SFR ne fait donc plus aucun doute aujourd’hui, poussée par une vision à court terme selon nos informations. Ce qui pose d’ailleurs quelques problèmes vis-à-vis de la fibre optique (ce qui est un autre sujet).

Free veut se tenir à son business-model

Une philosophie à l’opposée de celle de Free. Ce dernier voit à long terme et, toujours selon nos sources, ne compte pas du tout segmenter ses offres, en tout cas pour le moment. Free base son business-model sur son offre unique. Commencer à diviser ses offres serait un bouleversement pour la société.

Si elle ne compte évidemment pas perdre d’argent sur ses forfaits, elle espère surtout que ses abonnés consommeront des services internes (qui ne causent aucun problème de congestion). Une consommation qui nécessite un large accès auxdits services (VoD, etc.), et pour tout le monde. Une vision à long terme qui paie pour le moment, et qui devrait perdurer.

Du côté d’Orange et de Bouygues Télécom, la situation est plus compliquée. Le lancement d’offre Premium n’est pas prévu, mais n’est pas non plus exclu. C’est une question qui doit encore être débattue au sein même des deux FAI selon des sources sûres. Contrairement à SFR, où il n’y a déjà plus de débat.

Des visions discordantes

Les choix des offres, des investissements et la vision à court ou long terme sont clairement liés aux pressions des actionnaires de ces quatre sociétés. Pour Iliad (Free et Alice), le problème est donc très différent de ses concurrents, puisque Xavier Niel est l’actionnaire majoritaire. Pour Orange, la situation est complexe, il est l’opérateur historique et a encore pour actionnaire l’État. Ce dernier n’est cependant plus majoritaire depuis quelques années. Bouygues est encore nouveau dans le secteur du fixe, et est trop petit pour se contenter du court terme. Quant à SFR, Vivendi fait son œuvre.

Concernant Numericable, son cas est à part. Le câblo-opérateur renouvelle régulièrement ses forfaits, pour notamment proposer plus de télévision. La segmentation est en quelque sorte déjà une habitude, avec une offre standard et divers forfaits Premium.

La segmentation et ses effets pervers

Notons qu’Édouard Barreiro, chargé de mission TIC à l’UFC-Que Choisir, a abordé en partie ce sujet il y a plusieurs mois sur son blog. Nommé « Internet, réguler le trafic par une segmentation de l’offre serait une erreur ! », son billet insiste donc sur le fait de proposer des offres dans le seul but de faire payer aux abonnés des consommations plus importantes (TV, etc.). Sauf que cela pourrait avoir des effets pervers. Extraits :

« Certains opérateurs rêveraient de faire supporter l’investissement nécessaire pour dépressuriser les réseaux (voir plus) sur le consommateur via des offres segmentées. Or, cette stratégie serait une erreur puisqu’elle enverrait un mauvais signal au marché. Cela reviendrait, finalement, à permettre aux opérateurs de créer plus de valeur sans investir et en rationnant la demande.

En effet, pourquoi investir s’il me suffit de gérer la rareté? Plus mon réseaux sature, plus la bande passante est rare et plus elle est chère. J’excerce le mécanisme de base de l’économie de marché. J’augmente les prix quand la demande augmente. Ce qui me permet d’augmenter mes revenus sans avoir à investir. Cela au détriment du consommateur qui bénéficie d’une offre incomplète et chère. Cette politique, en sanglant la demande, aurait également des effets désastreux sur le marché puisqu’elle figerait (voir contracterait) les usages fermant la porte à l’innovation et aux nouveaux entrants.
»

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