Édito : le tri de l’information, le futur du Net ?

Le Web compte des milliards de pages. Les sites d’information au sens large sont innombrables (si on prend les organes de presse, les sites amateurs, les blogs spécialisés, etc.). On est inondé d’emails chaque jour. À cela, il faut désormais rajouter les réseaux sociaux, où cela devient rapidement ingérable dès lors que le nombre de contacts dépasse la centaine.

Mickael Vendetta 

Séparer le bon grain de l'ivraie (ci-dessus, plutôt l'ivraie)


Bien entendu, on peut trier très facilement ses mails, classer ses contacts par catégorie, faire usage des flux RSS pour afficher les titres (voire le contenu) de nos sites préférés, ou encore utiliser des logiciels spécialisés dans la gestion de contenu (notamment des réseaux sociaux).

Oui, mais est-ce suffisant ? Certainement pour les personnes qui ont une activité sur Internet faible voire modérée. Mais pour ceux qui exploitent un minimum la toile, non, décemment pas. Afin de faire comprendre où je veux en venir, prenons plusieurs exemples de mes tris rêvés :
  • J’aime les articles portant sur la haute technologie d’un journal XXX. Il y a quatre rédacteurs spécialisés dans cette catégorie. Mais je souhaite afficher uniquement deux d’entre eux que j’apprécie particulièrement. Qui plus est, j’aimerai exclure les articles sur les jeux vidéo, parce que je m’en fiche.
Il existe peut-être des logiciels capables de réaliser tout ceci (et encore, aussi précisément ?), mais ne serait-il pas mieux que le site me propose de tels tris lui-même ?
  • J’apprécie énormément les articles et messages que Monsieur XYZ publie sur son Twitter et son Facebook. Sauf que cette personne a la fâcheuse manie d’aborder des thèmes dont je me contrefous totalement (la moto et la vie sexuelle des castors), ainsi que sa vie privée, qui ne m'intéresse guère. Alors que ses articles sur les nouveaux artistes et la vie politique sont vraiment géniaux, ainsi que les vidéos qu’il publie régulièrement.
Si ces réseaux permettaient à ses membres de trier par catégorie le contenu qu’ils publient, les amis (sur Facebook) ou les abonnés (sur Twitter) pourraient eux aussi trier ce qu’ils souhaitent afficher et ne pas afficher. Face aux flooders qui sévissent sur ses réseaux sociaux (surtout Twitter - non, je ne citerai aucun nom), la vie deviendrait très vite plus simple. On perdrait moins de temps à lire des conneries parmi les rares bons messages qu’on y trouve. Car le flot de contenu est tel que l’on peut y passer sa vie si l'on y prend pas garde…

Et les exemples sont nombreux. Certains diront qu’il suffit d’utiliser un outil et de trier par mots clés, mais avec la multiplication des contenus, les mots clés risquent d’être trop élevés et ils pourraient de plus filtrer du contenu que nous ne souhaitions pas filtrer (ce qui arrive déjà avec les filtres anti-spam...).

Qui plus est, si ceux qui publient catégorisent eux-mêmes leurs contenus, ce sera plus simple et pour eux (notamment pour l’archivage), et pour leurs lecteurs. Que l’on soit journaliste, blogueur, ou simple membre actif de Twitter et Facebook (ou n’importe quel autre réseau social), contrôler son contenu et simplifier la vie de ses lecteurs est capital. Et même les membres passifs apprécieront le concept.

PCI lui-même est concerné. Nous catégorisons déjà nos contenus, comme n’importe quel site de presse (et même les blogueurs), mais mon idée va bien plus loin. Qui dit contenu important dit filtre important. Et faire gagner du temps à ses lecteurs est un argument non négligeable. Tous les sites (PCI compris) devront passer par là. Le monde s’accélère et, surtout dans l’informatique et internet, chaque dixième de seconde compte. Si l’on peut faire gagner du temps à nos lecteurs et à nous-mêmes, alors nous aurons tout gagné.

La neutralité du Net n’est pas assez sexy

Le sujet n’est pas nouveau mais a récemment pris un « tournant » ces derniers jours en France, après la publication des 10 propositions de l’ARCEP. Mais surtout, et là est la catastrophe, le sujet ne semble intéresser personne. Il est pourtant capital si l’on souhaite garder un Internet non discriminant, que l'on connaît (hors exception) depuis le début.

Certains Freenautes et Alicenautes se sont notamment rendus compte ces dernières semaines que YouTube, MegaVideo et MegaUpload (et quelques autres gros sites) sont lents. Bien plus lents qu’auparavant.

On pourrait alors crier au bridage, mais ce n’est pas si simple, croyez-moi. J’ai discuté ces derniers jours avec un FAI, un opérateur de transit bien connu, et une société spécialisée dans l’hébergement de vidéos. Tous ont des intérêts communs, mais certaines dissensions demeurent.

Le sujet est très complexe et difficile à résumer. Je publierai certainement un papier complet dessus quand j’aurai toutes les armes entre les mains (soit encore après quelques coups de fil et lectures de longs documents).

Mais la conclusion est déjà limpide : tout ceci n’est qu’une histoire de gros sous. Il y a actuellement – et depuis quelques années en fait – un problème évident d’équilibre économique. Internet a un coût. Les réseaux ont un coût, et les débits des tuyaux ne sont pas sans limite. Tout du moins, pas gratuitement.

Or quand un site – au hasard YouTube – concentre des Go et des Go de données, ou quand un éditeur de système d’exploitation propose à ses millions de clients une mise à jour qui pèse un poids hallucinant, il arrive ce qui doit arriver : ça bouchonne. Sauf si l’entreprise met la main à la poche. Car si elle ne le fait pas, c’est au FAI de se coucher. Ceci sans contrepartie aucune, hormis de proposer un service de qualité à ses abonnés bien sûr. Mais cela se fait donc au dépend de ses marges et de sa rentabilité… Or les FAI ne sont pas des associations sans but lucratif. Le problème est là.

Cela explique pourquoi certains pays facturent encore en fonction de la consommation. Un tel système résoud de facto le problème. En France, ce système n’existe pas, et c’est une bonne chose. L'illimité permet le développement de nombreux services. Mais avec l’explosion de la consommation, cumulée à la concentration (YouTube, Megaupload/Megavideo, et Facebook en tête) et l’implantation nulle des sociétés américaines en France (en termes d’infrastructure, pas de services), la situation actuelle était inévitable.

Elle devrait durer quelques semaines, voire quelques mois… Mais l’une des parties craquera tôt ou tard. Reste à savoir laquelle. Nous reviendrons plus longuement sur le sujet plus tard.

Philippe Katerine ouvre sa fenêtre

Finissons cet édito par cette musique complètement barge de Philippe Katerine… Je ne suis pas forcément fan du monsieur, et le morceau n’a rien d’exceptionnel, mais il est très surprenant, c’est indéniable. (Merci Kryxx pour la découverte)

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