Hadopi : éteignez votre PC « votre accès sera sécurisé » (E.Walter)

Et quand on ne paye pas sa facture EDF ? 185
Marc Rees
La Hadopi poursuit son œuvre explicative par tous les canaux. Dernier en date : Sud Radio, manière de toucher un public qui n’est pas forcément lecteur du journal officiel ou de sites spécialisés sur ces questions, mais qui sera tout autant la cible de la machine à avertissement Hadopi.

Eric Walter, secrétaire général de la haute autorité, était interrogé par Philippe Risoli (après la 66e minute) et opposé à Renaud Veeckman, l’un des architectes de l’initiative SOS Hadopi. Au fil de la discussion, Walter a expliqué que le texte du mail d’avertissement sera rendu public 48 heures avant son envoi.

La question de la date d’envoi est cependant une information qui n’a qu’une importance factuelle. Le plus intéressant de cette intervention vise le logiciel de sécurisation : Renaud Veeckman rappellera sans mal qu’Hadopi ne chasse pas le pirate, mais l’abonné qui ne sécurise pas (« on ne poursuit pas une personne qui a piraté, mais une personne qui n’aurait pas bien sécurisé son accès internet »).

« Quand vous éteignez votre ordinateur, votre accès est sécurisé »

Risoli ira dans l’explication de textes : « en fait, ce qu’on demande à l’internaute, c’est qu’il doit sécuriser son accès à internet en installant un logiciel de protection, c’est ça, si j’ai bien suivi ? »

Walter tentera de répondre : « ce n’est pas cela, ce n’est pas du tout cela » puis, incité à donner plus d’information, dira : « Il n’y a aucune obligation d’installer un quelque logiciel dans la loi ». Walter précisera encore « qu’il y a mille moyens pour [sécuriser son accès] », du plus « stupide, au plus technologiquement poussé », avant d’insister : « il n’y aucune obligation d’installer un logiciel particulier ».

La petite leçon de droit pour les auditeurs de Sud Radio, sans doute perplexes, touchera son apogée quand Walter citera, selon ses propres termes, une « énormité » : « Quand vous éteignez votre ordinateur, votre accès est sécurisé ».

La réponse du SAV d'HADOPI

La loi oblige en effet l’abonné de trouver un moyen de sécurisation ou d’expliquer à l’Hadopi pourquoi il n’a pas pu sécuriser son accès. La loi ne dit pas si le moyen de sécurisation est « un logiciel », un cadenas, ou une chaîne entourant le PC de l’abonné… Mais c’est ici jouer sur les mots et donc avec les futures cibles de cette machine à menaces : quand vous téléphonez à l’Hadopi, le logiciel de sécurisation qu’ignore Éric Walter revient par le combiné téléphonique. Nous avons fait un essai en envisageant l’hypothèse d’un chef d’entreprise désireux de sécuriser sa petite PME. La ligne Hadopi nous dira plusieurs fois d’installer du logiciel (antivirus, contrôle parental, etc.), jamais « d’éteindre son ordinateur ». La preuve ? Nous avons retéléphoné au SAV Hadopi...


Le cheval de Troie

Les lecteurs assidus savent que toute la machine Hadopi est au contraire calibrée pour persuader l’internaute d’installer un moyen de sécurisation déterminé, labellisé. Les ayants droit ont d’ores et déjà prévu des moyens de sécurisation dans lesquels se cachera un système de filtrage des contenus poussés. Une « énormité » qu’aura curieusement évité d’envisager Éric Walter sur les ondes de Sud Radio. Raison de plus pour y revenir prochainement…