Hadopi a transmis environ 200 IP par FAI

Qui peut le moins, ne peut pas forcément le plus 225
Marc Rees
Pour ses premiers pas, ce sont environ 1 000 IP qui auront été adressées par Hadopi aux cinq principaux FAI (Bouygues, Free, Numéricable, Orange et SFR). Chacun s’est vu transmettre en fin de semaine dernière, un lot d'environ 200 adresses à identifier dans les huit jours.

connexion internet

Aussi bien des films que des musiques

Ces « 1 000 » IP, soit plus ou moins 1000 abonnés identifiés, devraient recevoir sous peu un mail d’avertissement où leur sera reproché non un téléchargement illicite, mais un défaut de sécurisation de leur accès. Ce que traque Hadopi ce sont les accès "non sécurisés" qui ont servi à la mise à disposition d’un fichier susceptible d’être une contrefaçon, non le contrefacteur soupçonné. Des nuances et notions subtiles qu’Hadopi devra bien expliquer sur son site Hadopi.fr, dont l’ouverture nous a été annoncée pour vendredi ou lundi prochain.

Dans ce premier filet d'Hadopi, et donc en amont de l'entreprise TMG, on trouve aussi bien des mises à disposition de films que de musiques. Toutefois, alors que les ayants droit adressent rue du Texel 10 000 IP/jour depuis des semaines, (et bientôt beaucoup plus), ce chiffre de 1 000 frise le symbole. De fait, la première fournée est surtout calibrée pour défricher le terrain, toute montée en charge n'étant pas sans risque.

Un effet boomerang attend le système d’information d'Hadopi : les abonnés menacés voudront en savoir plus sur cet avertissement personnel, et souhaiteront contacter par téléphone l’autorité. La loi Création et Internet, siège d’Hadopi, prévoit justement que « les recommandations indiquent les coordonnées téléphoniques, postales et électroniques où leur destinataire peut adresser, s'il le souhaite, des observations à la commission de protection des droits et obtenir, s'il en formule la demande expresse, des précisions sur le contenu des oeuvres ou objets protégés concernés par le manquement qui lui est reproché ».

D’ailleurs, les FAI, qui n’ont pas à assumer le rôle de SAV de la Haute autorité, craignent une remontée des plaintes vers leur plateforme dédiée aux problèmes techniques ou commerciaux. Comme le pointe le site Owni, ces opérateurs, toujours incertains sur la question du remboursement des frais, s’occuperont déjà de relayer les emails. « Les FAI serviront (…) de relais pour l’envoi des mails « au nom de l’Hadopi » à leurs abonnés visés par la haute autorité. Cela sera envoyé sur le compte mail de contact renseigné par l’abonné lors de sa souscription. Donc pas forcément (ou pas uniquement) sur le compte mail du FAI (michu@orange.fr) » explique notre confrère.

Les premiers avertissements pourraient alors tomber ces prochains jours, à peu près en même temps qu’Hadopi.fr.