Wikileaks va se faire héberger dans un bunker suédois

Comme The Pirate Bay 86
Le site Wikileaks, qui permet de révéler anonymement au public des documents confidentiels, est à l'origine de plusieurs scandales. Le plus gros est le fichier comprenant 75 000 rapports militaires sur la guerre en Afghanistan, rendu public fin juillet. Critiqué par le gouvernement américain, et même par RSF, le site est quelque peu malmené.

Pour un peu plus de protection, le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a décidé de changer d'hébergeur en Suède. Il passera sur les serveurs de Bahnhof, en particulier ceux de son installation "Pionen” (Pivoine en français), installé dans un bunker enterré sous 30 mètres de roches dans la Montagne Blanche, à Stockholm.

bunker pionen

bunker pionen

Ce changement, révélé en premier par le journal norvégien VG Nett (et repris par Forbes), est avant tout symbolique. Le FAI ne craint pas d'attaque atomique sur ses serveurs, mais sa philosophie est de résister autant que possible aux menaces légales des entreprises et des gouvernements. Jon Karlung, un cadre chez Bahnhof, explique à Forbes que son entreprise est « fière d'avoir des clients comme ceux-là. L'Internet devrait être une source ouverte à la liberté d'expression, et le rôle d'un FAI est d'être un outil technologique neutre pour y accéder, pas un instrument pour collecter des informations sur ses clients ».

Wikileaks gagne donc un deuxième allié de poids en Suède, après le Parti Pirate Suédois qui a décidé d'héberger lui-aussi le site sur ses serveurs, dans l'optique de lui faire bénéficier de l'immunité parlementaire qu'il compte bien obtenir après les élections législatives de septembre.

Wikileaks suit donc le même chemin qu'un autre site poursuivi par les autorités, The Pirate Bay, qui est également hébergé par le Parti Pirate, et qui avait aussi cherché asile dans un bunker. Celui-là était en Allemagne, mais une décision de justice a coupé court aux rêves du site de torrent. Le même destin attend-il le champion de la liberté d'expression ?

En tout cas, pour le moment le site est paré, aidé par ces deux amis suédois et d'autres hébergeurs volontaires à travers le monde, à révéler ses prochains scandales. Seront bientôt publiés en particulier les 15 000 documents explosifs restant sur la guerre afghane, non-encore divulgués, en attendant de pouvoir enlever le nom des informateurs dont la vie pourrait être mise en danger. Il conserverait surtout des documents plus récents et beaucoup plus nombreux sur la guerre en Irak.