PCi Labs : Linux, une Radeon HD 5870 Eyefinity 6 et six écrans

Eh ouais, on est des oufs nous ! 69
AMD Eyefinity LinuxIl y a peu, AMD mettait en ligne ses nouveaux pilotes Catalyst 10.7 pour Windows et Linux. Pour les adeptes du manchot, cette mouture apportait une nouveauté majeure : le support de la technologie Eyefinity (voir cette actualité), promis depuis le mois d'octobre dernier !

Après avoir envoyé Damien au turbin avec ses portables pour joueurs, nous ne pouvions que nous attarder sur cette nouvelle possibilité.

Une arrivée tardive... mais attendue

Pour rappel, celle-ci permet de combiner plusieurs écrans physiques au sein d'un ou plusieurs écrans virtuels. Le système d'exploitation est ainsi capable d'étendre le bureau, une vidéo ou même un jeu au travers de plusieurs écrans, et jusqu'à six grâce à des cartes telles que la Radeon HD 5870 Eyefinity 6 et ses six sorties mini DP.

Bi-Xeon Eyefinity 6Juste avant que le kit ne parte de nos labos, nous avons eu le temps de faire quelques essais via Ubuntu 10.04, que nous avions installé via Wubi. Une fois l'ensemble des mises à jour effectuées, nous avons installé les pilotes Catalyst 10.7 de manière assez simple, puisque l'exécution d'un script suffit.

Alors qu'avec le pilote de base d'Ubuntu (celui livré à l'installation), nous avions notre bureau sur trois écrans de manière simultanée, une fois les Catalyst 10.7 de la partie, il l'était sur nos six Dell P2210 (voir cette actualité), à leur résolution native de 1680x1050.

Un fonctionnement comme sous Windows... ou pas

AMD Eyefinity Linux AMD Eyefinity Linux

Le réglage d'Eyefinity de manière plus précise se fait, comme sous Windows, via le Catalyst Control Center (AMDCCLE). Attention, il devra être lancé avec les droits administrateur pour accéder à cette section.

Mais l'analogie avec le système d'exploitation de Billou s'arrête là. En effet les réglages se font de manière un peu différente, et, l'on peut l'avouer, bien moins intuitive. Ainsi, pour créer un écran virtuel unique, basé sur les six écrans sous Windows il nous suffisait de demander la création d'un groupe, de choisir sa composition parmi une liste, puis d'identifier le placement de chaque écran.

AMD Eyefinity Linux

Pour cela, chacun d'entre eux devient bleu à son tour et il nous suffit de cliquer sur une image pour indiquer quelle est sa position. Rapide et relativement intuitif.

Une configuration un brin plus compliquée... et pas de fenêtre étalée sur six écrans 

AMD Eyefinity LinuxSous Linux, chaque écran est identifié par un numéro et nous devons préciser pour chacun que nous désirons l'utiliser au sein d'un groupe. Ensuite il nous faut les placer au sein d'un schéma et... redémarrer la machine (ou au moins le serveur graphique).

Pour autant, nous n'avons pas réussi à créer de groupe au même sens que sous Windows. En effet, il nous a été impossible lors de nos essais d'étendre une application au travers de plusieurs écrans. Nous pouvions déplacer une fenêtre d'un écran à l'autre, la laisser entre deux écrans, mais la limite de l'étendue de celle-ci reste la bordure de chaque écran.

AMD Eyefinity LinuxNous tenterons de voir dans de prochains essais, ou avec de nouveaux pilotes, si nous arrivons à nos fins.

En réalité, nous avons pu avoir deux comportements différents outre les habituels clônes et autre bureau étendu. Le premier se rapproche d'ailleurs de ce dernier puisque les éléments typiques du bureau (barre du haut et du bas de Gnome) n'apparaîssent que sur l'écran N°1.

Il nous est possible de déplacer une fenêtre comme si l'écran était un élément unique, mais contrairement à Windows, ces fameuses barres du bureau ne sont, elles, pas étendues. Il sera aussi impossible, comme nous le disions précédemment, d'étendre une application ou une scène 3D à plusieurs écrans.

Cela aura l'avantage de favoriser une étendue des fenêtres à chaque écran, malgré le fonctionnement de type « bureau unique », ce qui manque cruellement sous Windows, mais l'on dira ainsi adieu à des films et autres séances de jeu avec une résolution impressionnante.

Un bureau par écran : le rêve en terme de productivité ?

AMD Eyefinity Linux

Second mode, plus spécifique à Linux et qui ravira les amateurs de multi-tâches : le multi-bureau. Ainsi, il est possible d'attribuer à chaque écran un bureau Linux, avec ses éléments typiques (les barres) et ce, de manière totalement indépendante. 

Cela donne une certaine redondance à l'affichage, mais permet d'avoir une gestion assez fine des applications (transfert d'un bureau à l'autre). Notez que nous avons ici noté un comportement plutôt bizarre avec six écrans. Sur les trois écrans inférieurs, il nous était possible de transférer de manière manuelle une fenêtre d'un écran à son voisin de gauche ou de droite, ce qui était impossible avec les écrans du haut.

Là encore, il faudra voir si c'est une limitation de Linux ou des pilotes d'AMD, et si ce comportement est corrigé avec le temps.

Eyefinity Linux

Mais l'on retrouve par contre d'autres limitations communes à l'OS de Microsoft, comme la difficulté de passer d'une organisation à une autre. Sous Windows, il est bien possible de créer des profils afin de ruser... mais sous Linux, point de salut. Il faut dire que l'obligation de redémarrer le serveur graphique, est, de toute façon, un facteur limitant.

Eyefinity sous Linux : des bugs et des limitations... mais ça fonctionne !

TuxGlobalement, on appréciera les efforts d'AMD pour le transfert de sa fonctionnalité au monde Linux. Ce n'est pas le cas de NVIDIA avec son« Surround », et c'est bien dommage. On constate que le constructeur cherche à se rapprocher de plus en plus des adeptes du manchot, chez qui il a longuement souffert d'une réputation plutôt médiocre.

La solution est au final encore largement perfectible, et l'on aimerait bien avoir autant d'options que sous Windows, notamment pour la correction de bordures, l'identification simple des écrans, la création de profils (bien que celle-ci ne fonctionne pas toujours parfaitement sous Windows...) et la création d'un véritable groupe unique.

Nous avons aussi noté, tout comme Damien lors de ses premiers essais sous Linux avec ses portables, de comportements étranges lors des premiers réglages qui prenaient la forme de bugs graphiques plus ou moins gênants. Ceux-ci disparaissaient au bout de quelques redémarrages.

Nous attendons donc de voir l'évolution de cette technologie sous Linux avec les prochaines versions des pilotes Catalyst, mais assurément, AMD tient le bon bout.