Étude de la RIAA : plus de piratage égal moins d'artistes

P2PLes chercheurs américains Felix Oberholzer-Gee et Koleman Strumpf avaient publié en juin une étude expliquant comment l'augmentation du piratage d'œuvres artistiques avait permis une explosion de la création.

Leur principal argument était que sur la décennie, le nombre de nouvelles œuvres arrivant sur le marché avait fortement augmenté. Par exemple, depuis 2000 le nombre d'albums qui sortent chaque année a plus que doublé aux États-Unis. De plus, ils citent d'autres études montrant que le bien être des consommateurs augmente grâce au piratage.

La RIAA au contre

Voilà une étude qui ne peut pas satisfaire la RIAA (Recording Industry Association of America), le lobby des industriels américains de la musique. Elle publiait donc la semaine dernière sur son blog officiel une analyse concurrente.

En ce qui concerne le doublement des albums disponibles, l'association nie ce chiffre et explique qu'ils incluent « les anciens albums republiés, les nouvelles compilations de chansons existantes, et les nouvelles versions numériques d'albums du catalogue. De plus, SoundScan [NdA: d'où ces chiffres proviennent] a augmenté régulièrement le nombre de vendeurs (en particulier les vendeurs non-traditionnels) représentés dans son échantillon au court des ans ». Du coup, pour le lobby, ces chiffres reflètent une meilleure traçabilité du nombre des nouveaux albums parus, et pas une augmentation des nouveautés.

Des accusations peut-être un peu sommaire, les compilations existant déjà avant l'an 2000, et les ventes d'albums numériques étant justement confidentielles avant le succès d'iTunes, au cours de la décennie. L'ajout de ces « vendeurs non-traditionnels » est donc complètement logique.

Le nombre d'artistes en baisse

Le journal spécialiste de l'industrie musicale BillBoard a proposé un autre argument : beaucoup des nouveautés de ces dix dernières années proviennent en réalité des catalogues étrangers qui arrivent pour la première fois sur le marché américain, et  cette réserve de nouveauté devrait bientôt s'épuiser. Un argument qui est déjà plus valide, et permet de relativiser le doublement du nombre de nouveautés annoncé dans l'étude de Felix Oberholzer-Gee et Koleman Strumpf.

De son côté, plutôt que de révéler le vrai nombre de nouveautés américaines parues sur la période (aucun doute que l'industrie musicale a accès à ces chiffres), la RIAA a préféré chercher dans les données du Bureau des statistiques du travail le nombre d'artistes professionnels déclarés aux États-Unis. Les chiffres pour le code 71113 "Groupes musicaux et artistes" sont retrouvables sur la série CEU7071113001.

Elle les a comparés à l'évolution des ventes de musique enregistrée (sans préciser s'il s'agit des albums physiques uniquement, ou si les ventes numériques sont incluses) :

ventes albums et nombre d'artistes US

La conclusion de la RIAA est que le téléchargement illégal, qui est selon elle la cause de la baisse des ventes, est directement responsable de cette baisse du nombre d'artistes professionnels. Elle conclut donc son article par un assassin « voilà une autre manière de démontrer que le téléchargement illégal mine l'ensemble de la chaîne permettant de créer et d'investir dans la musique ».

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