Hadopi coûtera plusieurs millions d'euros aux ayants droit (MàJ)

Les coûts et les couleuvres 205
Marc Rees
Mise à jour 02/07/2010 Marc Guez, directeur général de la SCPP a donné une vision plus exacte du côté de la surveillance pour les ayants droit : « Cela nous coûte beaucoup plus cher », a-til indiqué au Nouvelobs.com, évoquant le chiffre de « plusieurs millions d'euros ».

« Nous avons adopté des contraintes techniques lourdes destinées à éviter tout risque d'erreur sur les adresses collectées et pour avoir une couverture géographique nationale. Ce coût est néanmoins plus bas par rapport aux coûts des systèmes comparables dans les autres pays européens

Première diffusion 01/07/2010 La SPPF n’avait rien voulu nous dire sur le marché liant les ayants droit à TMG. « Secret des affaires », nous répondait en substance cet ayant droit qui, avec la SACEM, la SDRM et la SCPP, a été autorisé par la CNIL à lancer une traque aux IP sur les réseaux P2P.

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Le jeu vidéo veut sa part d'Hadopi, mais pas à n'importe quel prix

Emmanuel Paquette (blog de l’Express) révèle que l’industrie du jeu vidéo s’est réunie le 29 juin pour choisir le prestataire qui flashera les échanges de jeux vidéo (tous les secteurs de la création peuvent en effet défendre leurs intérêts dans le cadre d’Hadopi). Toutefois, le choix entre DetectNet ou Trident Media Guard (TMG), deux sociétés placées en concurrence, a été reporté au 13 juillet.

Pourquoi ? Notre confrère explique que cela fait « suite aux déclarations de la Haute autorité pour la protection des droits sur Internet (Hadopi) lundi dernier. En effet, cette dernière ne sait pas encore si elle va traiter toutes les requêtes des ayants droit pour, ensuite, envoyer des messages d’avertissement aux contrevenants identifiés ».

75 000 IP/ jour, bientôt plus

Proche de la saturation (notre dossier), la Hadopi est en effet incapable de traiter les camions d’IP que vont lui fournir quotidiennement les ayants droit.

D’un côté, les ayants droit vont donc envoyer chaque jour 25 000 IP pour la musique, 25 000 IP pour le cinéma. De l’autre, les 3 membres de la Commission de protection des droits chargés de traiter cette masse en sont à chercher des critères pour choisir les quelques abonnés qui seront avertis.

La situation risque de s’envenimer puisque le monde du jeu vidéo veut ajouter à la barque 25 000 autres IP. Soit 75 000 IP/jour, et bientôt plus.

420 000 euros par an

Le délégué général du SELL, Jean-Claude Larue l’a confié notre confrère : « Pour surveiller 100 titres et collecter 25 000 adresses par jour, la facture s’élève à 35 000 euros par mois, soit 420 000 euros par an. C’est beaucoup et on veut être certain que l’Hadopi traitera ensuite toutes les demandes ». Le monde du jeu vidéo va ainsi se réunir avec Hadopi pour connaître les capacités de traitement pour revoir à la baisse l’envergure de la surveillance, et donc les coûts.

Hadopi marque ici ses limites fonctionnelles : d’un côté des ayants droit qui ne veulent pas payer pour rien et réclament naturellement un traitement de masse, de l’autre une autorité qui devient un goulet d’étranglement dans ce traitement. Un goulet encore plus étroit quand les internautes avertis commenceront à faire leurs observations et chipoteront sur les moyens de sécurisation ou sur les motifs personnels de non-sécurisation. Finalement, dans l’histoire, c’est bien Trident Media Guard qui est dans la position la plus confortable. Les choix de Thierry Lhermitte se révèleraient-ils payants ?