Des milliers de liens filtrés par Google, en clair sur ce site

Drôle de partie de cache-cache 67
Marc Rees
« Soit Google a beaucoup d’humour, soit la loi américaine est ainsi et là, c’est encore plus drôle. » Le bloggeur Bluetouff est tombé par hasard sur un drôle de résultat dans Google. Après avoir saisi une requête, il découvre en bas de page une indication que l’on connaît bien :

« En réponse à une plainte reçue dans le cadre du US Digital Millennium Copyright Act (loi de protection des droits d'auteur), nous avons retiré 2 résultat(s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la plainte DMCA qui a entraîné le retrait de ce(s) résultat(s) à l'adresse suivante : ChillingEffects.org. »

dmca google

Cette clause est affichée dès lors que Google a reçu une plainte au titre du DMCA (sorte de loi DADVSI américaine) et a été contraint de retirer un ou plusieurs liens autrefois indexés en liaison avec les mots clefs saisis. Mais le plus « drôle » est que lorsqu’on clique sur le lien actif, on tombe sur la plainte initiale de la Twentieth Century Fox Film Corporation, en date du 4 mai 2010. Laquelle plainte indique en clair des centaines d'URL vers du contenu visiblement problématique (des versions rippées d’Avatar, etc.) « Il va falloir harmoniser un peu les usages car on imagine mal voir ce genre de listes publiées de par chez nous. La défense aveugle du copyright mène à des absurdités, en voilà un bel exemple » réagit Bluetouff.

De fait, cette pratique est très ancienne puisque lorsqu’on remonte sur l’URL http://www.chillingeffects.org/notice.cgi, on trouve des ribambelles de plaintes, et autant de liens affichés en clair, et du coup, c'est mécanique : ce qu’on ne trouve pas sur Google, se retrouve ici (en partie). Il suffit de regarder dans la colonne du plaintif (IFPI, Fox, etc.)  et la date, pour ausculter en profondeur ce que les producteurs ne souhaitent pas voir afficher sur Google...

dmca google

Ces contenus étant protégés, leur téléchargement est interdit. Google nous avait déjà expliqué suite à la désindexation temporaire de The Pirate Bay que le moteur « transmets les plaintes à l’organisation Chilling Effects qui l’affiche sur son site ». Chilling Effects, indiquait on, est un projet collaboratif créé par plusieurs universités juridiques et l’Electronic Frontier Foundation afin de protéger les contenus en ligne contre certaines menaces légales trop cavalières.