Hadopi confirme sa route vers le filtrage des contenus illicites

Juin, la révision du brevet des collègues 69
Marc Rees
Hadopi poursuit son lent réveil. Si on attend encore et toujours les décrets manquants,  la Haute autorité continue d’embaucher des troupes. L’une des dernières annonces en date (référence de l'offre : 24092 sur le Bureau interministériel de l’emploi public), vise le recrutement d’un « Chargé d’études labs "Réseaux et techniques" ». Ces annonces sont intéressantes : elles mettent un peu plus en lumière les travaux préparatifs de la Haute autorité (voir notre actualité de mai 2009), pour ceux qui pouvaient avoir encore quelques doutes...

filtrage HADOPI neutralité

Le Chargé d’études labs devra animer l’un des six groupes de travail de la Haute autorité, celui sur les « Réseaux et techniques » qu’il animera, en proposant « des pistes de réflexions » (l'organisation en image, ci-dessous).

Les missions de ce chargé d’études seront multiples, voire démultipliées : il étudiera « les moyens techniques servant ou pouvant potentiellement servir à des fins d’utilisation illicite relatif aux droits d’auteurs ou de droits voisins » dit l’annonce qui veut aussi que soient étudiés « les cas échéants, les solutions permettant à y remédier ».

structure HADOPI


L’annonce répond comme un écho à la conception de la neutralité du Net qui se développe rue de Valois : une neutralité réservée au contenu licite, qui impose du coup un tri dans l’information, pour séparer le bon, du pas bon. On sent ici à plein nez l’inspiration d’un récent appel d’offres du ministère de la Culture : ce chargé d’études devra en effet mesurer « les moyens techniques permettant d’observer et de mesurer les usages illicites sur les réseaux de communication électronique » et « les moyens techniques permettant de reconnaître et distinguer des contenus licites et illicites ».

Pour bloquer un contenu, il faut d’abord le mesurer, et donc le distinguer, le qualifier. La reconnaissance des contenus nous replonge du coup dans le brevet (co)déposé par un proche d'Albanel et Michel Riguidel, professeur porté sur le Deep Packet Inspection, lequel s’est justement vu confier une mission sur le filtrage et les moyens de sécurisation…

FUD ? La boucle est un peu plus bouclée quand on poursuit la lecture de l'annonce qui n’y va pas par quatre chemins : le candidat devra étudier outre « les spécifications fonctionnelles des moyens de sécurisation », « les moyens techniques permettant de filtrer les contenus illicites. »