Apple contre Amazon : enquête pour abus de position dominante

La musique adoucit les moeurs ? 139
Le New York Times rapportait hier que le Département de la Justice américain (l'équivalent du ministère de la Justice) enquêtait sur Apple dans le cadre de la loi anti-trust. Cette fois le marché où l'entreprise californienne aurait fauté est celui de la musique en ligne : elle aurait en particulier utilisé sa position dominante pour empêcher Amazon de conclure un accord avec les majors.

apple itunes

Selon le journal, des sources anonymes proches de l'enquête ont révélé que des employés d'Apple avaient été interrogés sur l'affaire révélée par Billboard : Amazon voulait que les majors l'autorisent à vendre certains morceaux en exclusivité 24 heures avant leur sortie officielle, en échange de quoi elle en aurait fait la promotion sur sa page d'accueil en tant que "MP3 Daily Deal". Mais Apple a fait pression sur les maisons de disque pour faire échouer l'accord, punissant celles qui sont passés outre en arrêtant de faire la promotion sur iTunes des titres concernés par l'exclusivité Amazon.

Alors qu'Apple possède aux États-Unis 69 % du marché de la musique numérique (contre 8 % pour Amazon, le deuxième), et 26,7 % du marché de la musique en général (incluant les revendeurs physiques), une telle attitude peut se révéler dangereuse. En effet, bien que l'enquête en soit encore à ses préliminaires, la loi anti-trust américaine peut être très sévère et coûter cher. On se souvient que Microsoft avait par exemple dû verser 775 millions d'euros à IBM pour des pratiques anti-concurrentielles. L'histoire de cette loi a même connu des cas où des entreprises ont été démantelées, la plus récente étant AT&T, qui a été divisée en 7 entreprises distinctes en 1982.

Apple fait aussi l'objet d'une enquête de la Federal Trade Commission (FTC) pour son rejet du Flash sur l'iPhone, également à son stage préliminaire. Dans la perspective d'éviter encore plus de problèmes avec les autorités de la concurrence américaine, il était probablement vital pour Apple d'autoriser les applications de musique en streaming comme celles de Rhapsody ou de Beezik sur son App Store, alors même qu'elle pourrait lancer bientôt un service similaire.