Hadopi rétablit son accès à PC INpact (et d’autres médias) (MàJ)

Entrainement ? 123
Marc Rees
Mise à jour 16h50 : Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi nous a finalement contacté pour rétablir la connexion : PC INpact sera donc présent lundi 19h rue de Texel à Paris. D’autres confères ont été également contactés dans la foulée et ont validé leur présence.

première diffusion 16:16 : C’est notre confrère Philippe Astor qui le révèle sur Électron Libre : Marie-Françoise Marais, présidente de la Haute autorité, a invité une poignée de journalistes ce lundi 3 mai. Objectif ? Informer ces heureux élus sur le calendrier de mise en œuvre de la HADOPI, et des modalités d’application de la loi comme des détails d’importance touchant à l’interconnexion des données entre ayants droit, Hadopi et FAI.  

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"Nous ne sommes pas un bunker"

Éric Walter, ex-monsieur Nouvelles Technologies de l’UMP durant la campagne de Nicolas Sarkozy l’assure à Électron Libre : « Nous ne sommes pas un bunker ». De notre côté, nous avons beau fouiller notre boite mail, désactiver nos logiciels de sécurisation sur Windows, Mac, Linux, iPhone, Wii, etc. : aucune invitation ne nous a été adressée à cet instant. Nous avons téléphoné à la Haute Autorité, mais aucun retour… Une mesure de remerciement pour service rendu ? Ou alors un problème de place dans les 1100 m² occupés rue de Texel ? Sur Twitter, on commence à voir plusieurs confrères se plaindre de rester ainsi devant la porte en béton de la HADOPI et cette fameuse « réunion » à huis clos. Il n'y aurait que quatre heureux élus d'ailleurs, où PCI n'a pas sa place à ce moment de la journée.

Mais qu’importe : Walter a déjà répété que les décrets d’application seront bientôt prêts, mais qu’évidemment, toute l’attention sera portée sur l’avis de la CNIL. Ce fameux avis portant sur les techniques de surveillance de Trident Media Guard. L’avis n’est que consultatif, mais sa production est obligatoire : « Tant que la CNIL ne se sera pas prononcée, rien ne sera possible (…) De toute façon, les messages d’avertissement partiront. C’est au cœur de notre action. Mais à côté de cela, nous allons préciser la manière dont nous assisterons leurs destinataires et dont nous répondrons à leurs questions. Et nous expliquerons également nos intentions pour ce qui est de promouvoir les offres légales sur Internet »

Vers le découplage du logiciel de sécurisation et de l'envoi des mails

Une brochette de questions reste cependant sur le feu (nous y reviendrons) : le développement des outils comme Seedfuck et autres dégénérescences, la question du streaming, des hébergeurs de fichiers comme RapidShare , mais surtout de la prise en charge des coûts, des tests en matière de filtrage, et du fameux logiciel de sécurisation. Chez EL toujours, Éric Walter glisse avec des pincettes d’horloger suisse « de toute façon, en dernier ressort, ce sera au juge d’évaluer si les moyens adéquats sont mis en œuvre ». Explication aride, mais qui peut être interprétée ainsi : l’existence d’un logiciel de sécurisation sera bien découplée de l’envoi des mails, qui pourront partir illico sans attendre la disponibilité du mouchard numérique. Et qu’il appartiendra en définitive au juge de déterminer si l’abonné a pris les mesures adéquates comme le ferait le fameux bon père de famille cher au droit civil. C'est une piste, dont on attend confirmation lundi.

Le logiciel de sécurisation : les explications de Riester

Sur le logiciel de sécurisation, on pourra relire l’interview que nous avait accordée Franck Riester dans les couloirs de l’Assemblée nationale. C’était en mars 2009 et le député était alors rapporteur du texte. Depuis, M. Riester est devenu un des membres de l’Hadopi. Autant dire que ces explications ont du poids :
Les outils de sécurisation : Christine Albanel parle systématiquement de solutions de type « pare-feu », vous aussi, mais un pare-feu ne protège pas contre le téléchargement illégal. Il n’empêchera pas de télécharger l’intégrale de Carlos, enfin je ne sais pas quels sont vos goûts…

Pourquoi pas ! C’est la raison pour laquelle l’Hadopi aura une mission d’établir une liste des spécifications techniques permettant de sécuriser son accès internet.

Sécuriser, ça veut dire filtrer ?

C'est-à-dire faire en sorte qu’il n’y ait pas de téléchargement illégal sur internet.

Donc ça peut passer par un filtrage protocolaire, DNS…

Je n’ai pas dit que c’était un filtrage, mais une sécurisation, des logiciels de sécurisation…

Un blocage du téléchargement illicite alors ? Quelle est l’expression à employer ? Car un pare-feu ce n’est pas cela...

C’est pour cela qu’on parle de logiciel de sécurisation, il y aura toutes les spécifications bien précises. D'ailleurs, l’ARMT (autorité de régulation de mesures de protection) commence déjà à y travailler, ARMT qui va être transformée en Hadopi.