Orange : le syndicat CFE-CGC/UNSA tacle Christine Albanel

Fraîchement arrivée à France Télécom, Christine Albanel, ex-ministre de la Culture et grande défenderesse de la loi Création et Internet (Hadopi), a été interviewée hier par Le Figaro. Chargée de la communication (interne et externe) chez France Télécom, ainsi que de la stratégie des contenus, Albanel est déjà sévèrement critiquée par le syndicat CFE-CGC/UNSA France Télécom-Orange.

Franchir le RubiCon

christine albanel orange france télécom ministrePour le syndicat, c’est bien simple, cette première sortie médiatique est un échec. « Examen de passage raté pour Madame Albanel » résume ainsi le syndicat, qui explique bien entendu ses raisons. Jugée trop évasive sur la future stratégie de contenus d’Orange, Albanel inquiète surtout la CFE-CGC/UNSA lorsqu’elle parle de son arrivée dans l’entreprise.

« J'aimerais y apporter l'approche qui est la mienne, avant tout humaniste, et aussi un certain esprit de synthèse » a-t-elle ainsi expliqué, rajoutant : « Je reconnais que cela s'apparente au franchissement d'un petit Rubicon ».

Or comme l’explique le syndicat, franchir le Rubicon « évoque une personne se lançant irrévocablement dans une entreprise aux conséquences risquées » (selon Wikipédia). Et selon Mediadico, « l'expression "traverser le Rubicon" signifie aujourd'hui, aller au-delà de ce qui est permis, s'engager sans possibilité de retour ». Est-ce une simple erreur de la part de l’ex-ministre, ou bien a-t-elle voulu faire passer un message ?

Quoi qu’il en soit, pour le syndicat, l’usage de cette expression est la preuve d’un « mépris de la fonction publique toujours aussi choquant de la part d’un ancien membre du gouvernement… »

Albanel démontre sa méconnaissance du sujet

Aussi interrogée sur la fameuse question des suicides dans l’entreprise, Albanel a notamment glissé quelques mots sur l’emploi : « Mon intention, à la place qui est la mienne, est de faire en sorte que les gens travaillent ensemble le mieux possible. Je vais passer beaucoup de temps à rencontrer les salariés du groupe, parler avec eux, les écouter. France Télécom a une histoire très particulière. C'est l'unique exemple d'une administration devenue une entreprise privée sans faire de licenciements massifs. »

Cette dernière phrase a lourdement agacé la CFE-CGC/UNSA. « Madame Albanel démontre sa complète méconnaissance du contexte. Outre le fait qu’il est statutairement impossible de licencier les fonctionnaires, c’est également faire l’impasse sur les 30 000 emplois supprimés par France Télécom en 5 ans. Certes sans plan social, et donc dans la plus grande discrétion (jusqu’à l’été 2009). Mais cela reste néanmoins la plus importante compression de personnel de l’histoire française, l’équivalent de la crise de la sidérurgie… dans un secteur d’activité en pleine croissance ! Et les emplois perdus à France Télécom n’ont pas été compensés par ceux créés par les opérateurs alternatifs. Alors même que la concurrence était sensée développer l’emploi, et que le chiffre d’affaires global du secteur augmentait de 80%, on y supprimait 20% des effectifs. Et on délocalisait environ 25 000 emplois à l’étranger ! »

Albanel n'a pas compris le virage stratégique actuel d'Orange

Mais le syndicat ne s’arrête pas là. Pour lui, Albanel, pourtant fraîchement arrivée, représente déjà le passé (Didier Lombard, l’ex-président), et non le présent (Stéphane Richard, l’actuel président). « Ses propos s’inscrivent malheureusement dans la droite ligne d’un discours de mise en cause de la culture administrative, dont l’ancien PDG a en effet abusé, et que tous les personnels espéraient révolu » explique le syndicat.

« Alors que France Télécom et sa nouvelle Direction Générale tentent de mettre en place un « nouveau contrat social » et de donner aux personnels de nouvelles perspectives au travers d’un nouveau projet d’entreprise, l’ancienne Ministre de la Culture n’a visiblement pas compris le virage stratégique en train de s’écrire. »

Le succès d'Hadopi ?

Enfin, lors de son interview, Christine Albanel a tenté d’expliquer l’un de ses rôles au sein de France Télécom : « la culture se tourne volontiers vers l'un ou l'autre pour financer ses projets… et ce n'est pas illégitime. L'important pour moi aujourd'hui est de faciliter le dialogue entre notre groupe et le monde de la culture pour définir de nouveaux partenariats gagnant-gagnant. »

Et d’expliquer qu'Orange a toujours fait bon ménage avec la création, et que le FAI a signé les accords de l'Élysée (Olivennes), source de la fameuse Hadopi. Le syndicat profite d’ailleurs de cette référence à Hadopi pour égratigner un peu plus l’ex-ministre : « Quant à considérer que la loi Hadopi est un franc succès pour Madame Albanel, nous lui laissons la responsabilité du propos… »

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