Édito : Internet plus cher, Facebook partout, et les sources

Cette semaine, trois sujets sont au programme : la possible augmentation des tarifs des forfaits Internet, l'impressionnante propagation de Facebook et Twitter sur les autres sites et la divulgation des sources par les journalistes.

Des forfaits plus chers ?

AliceBox InitialLa concurrence s’est fortement réduite, le nombre de nouveaux abonnés aussi, le gouvernement veut taxer les opérateurs, la crise économique reste tenace, Hadopi arrive et engendrera des coûts supplémentaires (et/ou des pertes d’abonnés), et Filip des 2be3 est mort.

Peu importe les raisons invoquées finalement, les FAI semblent bien se préparer à augmenter leur tarif, alors que la tendance allait à la stagnation (29,90 euros par mois) voire à la baisse (entre 16 et 20 euros) ces dernières années.

Xavier Niel l’a cependant annoncé, et selon Electron Libre, SFR et Bouygues Telecom sont sur la même longueur d’onde : une hausse des forfaits de 5 € est plus que probable, et ce, dès cette année.

Bien sûr, afin de faire passer la pilule, quelques « nouveautés » devraient être proposées, mais rien qui ne compense une telle augmentation, assurément. Tout du moins à long terme.

Reste que hausse des forfaits triple-play ou pas, qui ne concernera au départ que les nouveaux abonnés de toute façon (contrat oblige), le marché, au départ « simplifié » aux forfaits à 30 euros par mois (hormis pour Orange), pourrait bien se diviser en trois gammes distinctes :

- les forfaits simples à bas prix : autour de 20 euros/mois
- les forfaits évolués à prix standard : autour de 30/35 euros/mois
- les forfaits quadruple-play : autour de 45 euros/mois

Nous n’en sommes pas là, le quadruple-play ne concerne que Bouygues Télécom (Bbox), et seuls Alice et Numericable proposent des forfaits à 20 euros. Et tout le monde n’est pas éligible à ces offres.

On peut de plus aussi penser que ces annonces d’augmentation de prix ne sont que des « sondages » organisés par les FAI. À l’instar des personnalités politiques, qui laissent entendre que telle loi pourrait être proposée afin de vérifier la réaction de la population, ou bien à l’image de certaines sociétés qui diffusent elles-mêmes des rumeurs sur de futurs produits, afin de sonder l’intérêt des consommateurs et voir leurs critiques…

Reste que si tous les FAI adoptent une politique similaire, les futurs internautes n’auront pas le choix. Nous pourrions néanmoins nous poser des questions sur le niveau de concurrence du secteur…

FaceBook et Twitter envahissent le Web

Cela n'est peut-être pas totalement nouveau, mais c'est certainement récent. Facebook et Twitter sont partout. Je ne veux pas signifier par là que leur niveau d’utilisation est élevé ou que les blogs en usent et abusent. Non, pas du tout. Je parle ici de leur intégration dans d’autres sites, aux services et contenus très variés.

Facebook Twitter Trombi LinkedIn

La SNCF propose ainsi après l’achat d’un billet d’annoncer ses dates et horaires de départ (ou d’arrivée je ne sais plus) sur son Facebook. Deezer permet de montrer ce que l’on écoute via divers réseaux sociaux, et Facebook et Twitter sont mis en avant comme jamais. Et Facebook Connect est directement visible sur la page d’accueil.

Dans les PagesBlanches, on retrouve désormais les comptes Facebook, Twitter, Viadeo, LinkedIn, Copains d’Avant (etc.) des personnes recherchées. La nouvelle page d’accueil de Yahoo!, sortie il y a plusieurs mois maintenant, met particulièrement en avant Facebook.

Notre confrère Clubic, dans sa nouvelle version, propose lui aussi de se connecter à son site via Facebook. CNet offre quant à lui divers moyens de partager ses articles, mais Twitter et Facebook ont une place de choix bien supérieure à celles des autres réseaux sociaux.

Et les exemples sont nombreux.

Plus le temps passe, plus Facebook et Twitter semblent phagocyter le « marché » et écraser les sites concurrents. Il ne serait ainsi pas étonnant que seuls ces deux réseaux soient au final choisis par la plupart des sites pour partager leurs contenus. C’est d’ailleurs déjà le cas en partie.

Journaliste, policier, et être humain

 Ces derniers jours, l’un des débats à la mode concerne le rôle du journaliste et du secret des sources. Petit rappel pour ceux ne suivant pas l’actualité : lors d’une enquête pour Les Infiltrés (sur France 2), des journalistes ont rencontré des personnes se vantant d’être des pédophiles en activité. Or ces journalistes, après avoir fait leur travail, ont ensuite donné à la police des informations sur ces pédophiles, menant à leur arrestation.

police gendarmerie justiceLe secret des sources est sacré dans le milieu du journalisme, à l'instar d'autres professions (médecins, avocats, etc.). D’ailleurs, il est bien rare que l’on nous demande nos sources sur PC INpact, même si cela est déjà arrivé une poignée de fois. À ces rares demandes honteuses, nous ne répondons que par le sourire. Mais PC INpact n’aborde pas des milieux aussi difficiles que peuvent l’être un réseau pédophile ou une mafia. Si certains de nos articles ont pu agacer certaines industries voire quelques ministères, nous n’avons jamais eu de scrupules ou de cas de conscience à garder nos sources d'informations. Le cas de la pédophilie n’est pas comparable.

S’il est aisé de juger en mal ou en bien l’acte de ces journalistes comme le font bien des confrères, nous pourrions néanmoins nous demander ce que nous aurions fait à leur place. D’un côté, il est vrai que si les journalistes commencent à se substituer à la police et à vendre leurs sources de reportages, une perte de confiance risque de s’installer, alors que la confiance dans les médias n’est déjà pas bien importante…

De l’autre côté, le journaliste est aussi un être humain… Même si pour certains, on peut avoir des doutes. Garder ces informations pour soi et apprendre plus tard que telle personne a été violée doit être particulièrement difficile à encaisser. Il faut pouvoir vivre avec. Et ne parlons pas de la victime qui pourrait apprendre plus tard qu’elle aurait pu éviter ce traumatisme. Et pourquoi pas porter plainte pour non-assistance à personne en danger finalement ?

Si dans certains pays, il est formellement interdit à un journaliste de délivrer sciemment ses sources – les pédophiles dans ces pays pourraient porter plainte contre les journalistes – en France, ce n’est pas du tout le cas, même si la protection des sources est, elle, bien inscrite dans les textes. Le secret des sources est juste une évidence. Une règle de base qui s’instaure naturellement. Mais certaines situations exceptionnelles impliquent peut-être aussi des transgressions exceptionnelles…

Chose amusante, au début de l’année, une loi relative à la protection du secret des sources des journalistes a été publiée au Journal Officiel. Cette loi est différente du cas ci-dessus, puisqu’il s’agit ici de protéger les journalistes contre diverses pressions et de clarifier la position des journalistes vis-à-vis de la justice. 

Mais lorsque cette loi n’était alors qu’à l’état de projet, que pouvait-on lire ? « Les auditions de votre rapporteur ont montré que les journalistes n'étaient pas demandeurs d'une protection absolue du secret des sources, convaincus que ce secret devait céder face aux nécessités de la justice lorsque des circonstances particulières l'exigent. Comme l'a indiqué M. Dominique Verdeilhan, chroniqueur judiciaire à France 2, le journaliste est aussi un citoyen et s'il a connaissance d'informations permettant d'élucider un meurtre ou un crime, il se doit de donner ses sources si elles sont nécessaires. »

Ce dernier point est capital, mais soulève une grande question quant aux digressions que l’on peut faire concernant le secret des sources : à partir de quand peut-on passer outre ce secret ? Un meurtre ? Oui, a priori. Un viol ? Aussi semble-t-il. De la vente de drogue ? Aussi, à en croire cet épisode récent à Tremblay-en-France. Une personne vendant de faux médicament pourrait-elle être concernée ? Et cette réflexion peut aller plus loin...

Il faut de plus bien différencier une décision judiciaire qui demande au journaliste ses sources afin d’élucider un crime ou un délit grave, et notre situation. La police n’a rien demandé à ces journalistes. Ils ont d’eux-mêmes « dénoncé » ces pédophiles (ou potentiels pédophiles). La nuance est importante, même si cela ne change peut-être rien au final…

Il s’agit quoi qu’il en soit d’un vaste débat. Et répondre de façon tranchée est bien complexe.

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